Disparition de Medhi Narjissi : Rapport accablant pour la FFR, Florian Grill reconnait que « tout n’a pas été parfait »
drame•L’enquête menée à la suite de la disparition en mer de l’international U18 Medhi Narjissi pointe notamment la responsabilité du staff des BleusA.H.
L'essentiel
- Un rapport d’enquête administrative sur la mort de Medhi Narjissi pointe la responsabilité du staff de l’équipe de France U18, notamment le préparateur physique Robin Ladauge, qui a organisé une séance de récupération sur une plage dangereuse.
- La Fédération française de rugby (FFR) est critiquée pour sa gestion de l’après-drame, notamment concernant le rapatriement des jeunes et la relation avec les familles.
- Le président de la FFR, Florian Grill, reconnaît des erreurs mais défend l’action de la fédération : « Oui, tout n’a pas été parfait dans la préparation du voyage. Oui, j’ai sûrement commis des maladresses dans ma communication auprès de vous dans l’urgence et le stress de la gestion du drame. Mais la réalité est qu’il y a eu, sous ma coordination, une mobilisation générale de toutes les équipes de la FFR. »
Valérie et Jalil Narjissi étaient présents lundi à Paris. Les parents de Medhi Narjissi, joueur du Stade Toulousain tragiquement disparu en mer le 7 août dernier lors d’une tournée de l’équipe de France U18 en Afrique du Sud, étaient reçus par la ministre des Sports, Marie Barsacq. Elle leur a présenté le rapport de l’enquête administrative menée l’automne dernier par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igers), en parallèle de l’enquête interne de la Fédération française de rugby (FFR).
Un rapport versé au dossier judiciaire, qu’a pu consulter Le Parisien, qui accable notamment le staff de l’équipe de France présent en Afrique du Sud et notamment Robin Ladauge. « Le préparateur physique porte la responsabilité principale de la mauvaise organisation de cette séance », pointe le document. Celui-ci est l’initiateur de la séance de récupération organisé sur la dangereuse plage de Dias Beach.
« Des fautes graves »
« Le préparateur physique ne dispose d’aucune information précise sur l’aisance aquatique des joueurs dans l’océan et il ne renonce pas à l’organisation de la séance après avoir constaté les conditions : des vagues puissantes, qu’il qualifie lui-même de solides, et la faible température de l’eau susceptible de générer de l’hypothermie, indique le rapport. La non-perception initiale des courants latéraux pourtant forts, surprend également. »
Le père du joueur, Jalil Narjissi, a salué le « travail extraordinaire » des enquêteurs de l’Igesr qui révèle, selon lui, des « fautes graves » dans l’organisation de ce séjour encadrant des mineurs. « Nous espérons que la justice fera le nécessaire. Au-dessus des encadrants sur place, des erreurs ont été commises », a déclaré à l’AFP l’ancien talonneur, « dévasté » par la disparition de son fils.
L’enquête ouverte pour homicide involontaire par le parquet d’Agen a conduit mi-avril à une première garde à vue. L’ex-manageur des moins de 18 ans Stéphane Cambos en est ressorti libre. Dans le rapport de l’Igers, le technicien est également pointé du doigt. « Les narrations de la scène montrent une panique généralisée et une absence de mise en œuvre d’un protocole d’urgence préalablement identifié et maîtrisé par le staff », dévoile Le Parisien.
Florian Grill admet des erreurs
Après le drame, le rapport épingle la Fédération française de rugby sur deux points, indique le quotidien : la relation aux joueurs et à leurs familles d’un côté et l’enquête interne de l’autre. « Les conditions du rapatriement des jeunes, leur accompagnement par la suite et la relation avec les familles ne sont pas à la hauteur de ce qu’appelle le traumatisme vécu. »
« La mission considère que la fédération assurant la responsabilité pleine et entière du séjour, elle ne disposait pas de la légitimité pour conduire une enquête directement, encore moins en confiant sa mise en œuvre à la DTN, impliquée au premier rang dans l’organisation du séjour », ajoute le rapport. »
Dans un courrier adressé à Jalil Narjissi, aux membres du Comité d’orientation politique de la FFR et aux présidents des ligues régionales de rugby, dévoilé par RMC Sports, Florian Grill, le président de la FFR, estime vouloir « rétablir la vérité. Oui, tout n’a pas été parfait dans la préparation du voyage. Oui, j’ai sûrement commis des maladresses dans ma communication auprès de vous dans l’urgence et le stress de la gestion du drame. Mais la réalité est qu’il y a eu, sous ma coordination, une mobilisation générale de toutes les équipes de la FFR. »
« Nous voulons la vérité »
Dans une interview accordée au Figaro, Jalil Narjissi mettait en avant « les responsabilités de la FFR dans ce drame et l’absence d’accompagnement de son président, qui a préféré se concentrer sur sa réélection plutôt que d’être à nos côtés. » Réponse de Florian Grill : « Vous prenez le parti de m’attaquer avec virulence, ainsi que la fédération que je préside. Vous dites dans la presse que la FFR cherche à se protéger, ce n’est pas vrai. Nous voulons la vérité, pas la vengeance. Je comprends que vous ayez besoin de réponses et que vous cherchiez des coupables, mais ne vous trompez pas de combat et faites confiance à notre justice. »
Notre dossier sur la FFR« Je ne pourrai jamais vous rendre votre fils, conclut le président de la Fédération française de rugby. Mais je peux, avec vous, faire en sorte que son souvenir transforme notre sport […] Pour Medhi, nous devons regarder en haut. Non pour admirer les étoiles mais pour que leur lumière, et particulièrement celle de Medhi, ne brille pas pour rien. »


















