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Les conclusions de l’enquête de la FFR après la disparition de Narjissi

Disparition de Medhi Narjissi : Dangerosité, encadrement défaillant, sanctions… L’enquête de la FFR après le drame

RugbyLe jeune demi de mêlée du Stade Toulousain a été emporté par les vagues en Afrique du Sud, alors qu’il était en tournée avec l’équipe de France
Antoine Huot de Saint Albin

A.H.

Il était parti début août avec l’équipe de France des moins de 18 ans disputer l’International Series en Afrique du Sud. Mais Medhi Narjissi, emporté par les vagues sur la plage de Dias Beach, au cap de Bonne Espérance, n’est jamais revenu dans l’Hexagone. Le fils de l’ancien talonneur du SU Agen Jalil Narjissi effectuait, avec ses coéquipiers une séance de récupération.

Depuis ce tragique événement, la Fédération française de rugby a lancé une enquête interne pour comprendre comment un tel drame avait pu avoir lieu. Dans un communiqué publié ce jeudi, la FFR, après avoir recueilli les témoignages du staff et de certains joueurs, a livré les conclusions de cette enquête.

La dangerosité du site pas considérée

Cinq points importants sont notamment mis en avant dans cette enquête de la Fédération française de rugby :

  • « La décision d’organiser une séance de récupération dans l’eau sur la plage de Dias Beach a été prise sans considérer la dangerosité du site, en particulier celle liée aux rip currents (courants d’arrachement), aux vagues et aux rochers. »
  • « La FFR s’interroge en outre sur le processus décisionnel ayant conduit à la tenue de cette séance, alors que les risques liés à la plage de Dias Beach ont pu être perçus au moins par un conseiller technique sportif, en amont de la séance, sans pour autant l’avoir annulée. »
  • « Une fois sur place, les panneaux d’avertissement sur la dangerosité du site n’auraient pas été pris en compte, ce qui apparaît particulièrement critiquable au vu des conséquences dramatiques qui en ont résulté. »
  • « La FFR observe que le déroulement et l’encadrement de la séance semblent avoir été mal maîtrisés, faute notamment de consignes claires d’encadrement données aux membres du staff et aux joueurs. »
  • « La FFR s’interroge sur le fait de savoir si une tentative de porter secours à Medhi Narjissi à l’aide de la bouée de sauvetage à disposition aurait pu être envisagée ou si les membres de l’encadrement auraient pu entreprendre directement une quelconque action de secours. Dans la négative, cette circonstance semble confirmer que les conditions en mer étaient particulièrement dangereuses. »

Des mesures contre le personnel encadrant

La Fédération française de rugby s’en remet ensuite au ministère des Sports, « qui exerce le pouvoir hiérarchique et disciplinaire sur les conseillers techniques sportifs présents ». Elle le sollicitera pour « qu’il mette fin, sans préavis, aux affectations auprès de lui, des conseillers techniques sportifs en responsabilité lors de ce déplacement, en raison de la rupture de confiance qui résulte, à ce stade, des faits relatés dans ce rapport ».

Par ailleurs, la FFR va instruire « dans le cadre juridique approprié, l’opportunité de prendre des mesures à l’encontre des autres personnes ayant encadré l’équipe de France U18, quel que soit leur statut (CTS, salarié, bénévole ou prestataire) » et mènera « une profonde réflexion, dans la limite de ses compétences réglementaires, relative à la simplification des chaînes de commandement des équipes de France, aux conditions d’encadrement des équipes de France et à la maîtrise de procédures d’urgence appropriées en cas d’accident ».