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Les Bleus tordent l’Australie et arrivent lancés vers leur Coupe du monde

France - Australie : « On est prêts »… En tordant les Wallabies, les Bleus ont pris de l'élan pour leur Coupe du monde

RUGBYLe XV de France a réussi son dernier test avant la Coupe du monde en battant largement l’Australie, dimanche
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le XV de France a brillamment battu l’Australie (41-17) dimanche soir pour son dernier match de préparation avant la Coupe du monde.
  • Malgré une première période poussive, les Bleus ont montré leur supériorité et leur confiance actuelle en inscrivant quatre essais.
  • Les voilà bien lancés à dix jours du match d’ouverture tant attendu face à la Nouvelle-Zélande.

Au stade de France,

Il était en trop pour certains, mais on ne s’avancera pas trop en affirmant que les joueurs du XV de France se sentiront finalement encore plus confiants pour le grand défi qui les attend dans moins de deux semaines face à la Nouvelle-Zélande après ce quatrième match de préparation disputé dimanche soir. La large victoire contre l’Australie (41-17) décrochée au Stade de France par l’équipe qui devrait débuter la Coupe du monde était une jolie répétition générale, avec notamment une seconde période emballante et un public qui a pris ses marques pour le jour-J.

« C’était bien de terminer de cette manière devant nos supporters, dans ce stade, ces deux mois de préparation, apprécie Charles Ollivon. Ça a été intense, costaud, c’est une bonne chose de finir sur cette note, même si tout n’a pas été parfait. Il a manqué un peu d’énergie, et on a vu quelques scories. » Le troisième ligne des Bleus fait référence à une première demi-heure un peu chaotique, émaillée de lancements de jeu ratés, de trous d’air en défense et d’indiscipline, punie par un essai évitable de Nawaqanitawase.

Une constante, tout de même, dans cette préparation, qui aura vu les Français encaisser 25, 27 et deux fois 17 points. « C’est un gros point d’amélioration, reconnaît sans sourciller Fabien Galthié. Pour prendre des essais, il faut donner à l’adversaire des solutions, des options. On voit bien qu’on a commis des erreurs, qu’on s’est mis en difficulté. »

Une montée en puissance palpable

L’impression globale reste toutefois très positive. Face à des Australiens il est vrai dans le creux de la vague, les quatre essais inscrits (Danty, Penaud x2, Villière) et l’adresse au pied de Thomas Ramos ont étalé la panoplie de cette équipe, entre puissance physique, jeu à la main de premier ordre et talent individuel. « Sur ces deux derniers matchs [avec celui des Fidji, remporté 34-17], on finit avec un score un peu large et des choses plus abouties dans le jeu, estime Ramos. Maintenant, physiquement, on est prêts. »

Le travail de ces huit dernières semaines bien remplies, depuis le premier jour du stage à Monaco, a amené les Bleus là où ils voulaient être avant de peaufiner les derniers détails à partir de samedi prochain au camp de base de Rueil-Malmaison. « On l’a senti là, on est capables d’enchaîner les efforts, les longues distances, et ça se ressent dans notre jeu, observe l’ouvreur Matthieu Jalibert. On retrouve de plus en plus de choses qu’on travaille à l’entraînement et qu’on est capable de faire en match, c’est bon signe. » « On a nettement progressé sur ce dernier mois », appuie le centre Jonathan Danty, qui a fait du petit bois des Wallabies dimanche.

« Ce n’est que lorsque la compétition commence qu’on sait »

Pour ne rien gâcher, aucun bobo n’est à déplorer après cette rencontre. Le staff doit souffler, après des derniers jours marqués par les débats sur l’âpreté de la préparation, le forfait de Romain Ntamack et la blessure de Cyril Baille. « Soulagement, c’est un grand mot mais c’est positif de ne pas avoir de casse, c’est certain, relève Ollivon. La blessure est un risque, mais on donne tout, tous les jours. En tout cas, ça fait du bien dans la tête de se dire qu’on a passé ça. Parce qu’on a tous envie de faire partie de l’aventure. »

Le groupe des 33 va maintenant disposer de quelques jours de repos bienvenus avant de plonger tête baissée dans cette compétition à la maison, objectif ultime de cette génération cornaquée depuis trois ans et demi par Fabien Galthié. « Tout le monde est conscient de l’enjeu, on a tous envie de faire quelque chose de grand à cette Coupe du monde, on est là pour ça », dit sa tête de gondole, Antoine Dupont. Les trois victoires de rang depuis l’accroc en Ecosse début août avec l’équipe B et le sentiment palpable de montée en puissance constituent une assise solide, mais pas une assurance. Fabien Galthié l’a rappelé à tout le monde avant le petit break de la semaine prochaine :

« On a mis en place, avec le staff et les joueurs, la meilleure préparation possible, avec le choix des lieux, le choix du rythme, le choix des matchs, le choix des hôtels… On a essayé d’anticiper tout ce qu’on pouvait, de ne rien laisser au hasard. Mais on ne peut pas comparer ce qu’on vient de faire là avec ce qu’on ambitionne de faire contre les Néo-Zélandais le 8 septembre. On va basculer dans un autre univers, un autre engagement psychologique, un autre engagement physique. Ce sera un tout autre univers. Ce n’est que lorsque la compétition commence qu’on sait. » »

Pas question, en tout cas, de sous-estimer les All Blacks malgré leur explosion en vol vendredi soir contre l’Afrique du Sud (défaite historique 35 à 7). « Depuis que le rugby existe, c’est la meilleure équipe au monde. Donc le 8 septembre, nous aurons la meilleure équipe au monde en face de nous », pose le sélectionneur, suivi en chœur par tous les joueurs passés en zone mixte. « Ne vous inquiétez pas pour eux, résume Charles Ollivon. Tout le monde connaît la qualité de cette équipe mythique, ils seront prêts, c’est une certitude. » Les Bleus ont hâte d’y être. Ils ne sont pas les seuls.