Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Les « trous d’air » répétés du XV de France doivent-ils nous inquiéter ?

France - Ecosse : Les « trous d’air » répétés des Bleus doivent-ils nous inquiéter en vue de la Coupe du monde ?

RUGBYS’il a fini par battre l’Ecosse (30-27), samedi à Saint-Etienne, le XV de France s’est montré très inconstant lors de ses deux premiers matchs de préparation à la Coupe du monde 2023
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’équipe de France de rugby est venue à bout de l’Ecosse (30-27), samedi à Saint-Etienne, lors du deuxième match de préparation pour la Coupe du monde 2023 en France.
  • Ce succès assez déroutant, sur une ultime pénalité de Thomas Ramos (79e), intervient après la défaite d’un XV de France très remodelé à Edimbourg une semaine plus tôt (25-21).
  • Dans les deux cas, Fabien Galthié comme les joueurs reconnaissent qu’il y a eu plusieurs « trous d’air » qui devront être bien moins marqués d’ici le France - Nouvelle-Zélande du 8 septembre.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Dans moins d’un mois, on sera fixés pour de bon sur ce que ce XV de France a dans le ventre, au moment de défier les All Blacks dans sa Coupe du monde de rugby. En attendant, les déroutants scénarios des deux France-Ecosse de la semaine (21-25 et 30-27) ne sont pas parvenus à trancher une question essentielle : doit-on méchamment flipper de ne pas être à la hauteur de l’affiche de rêve du 8 septembre (et de la suite) ? D’un côté, il y a cette démonstration de nos remplaçants à Edimbourg durant quarante minutes (3-21) le 5 août. Puis un feu d’artifice dès la sortie des vestiaires à Saint-Etienne samedi (de 13-10 à 27-10 en cinq petites minutes).

Mais si on lorgne le verre à moitié vide, il y a ce terrible 22-0 subi en seconde période en Ecosse, synonyme de défaite malgré une supériorité numérique, puis un black-out encore plus inquiétant dans le Chaudron, durant lequel la bande à Gregor Townsend a martyrisé les titulaires du XV de France (trois essais en onze minutes) en mode clim de Chaudron. « Les timings de matchs varient, mais si vous cherchez des trous d’air, vous en trouvez de toute façon, souriait Fabien Galthié sur le sujet, samedi soir à Sainté. Au début de match, on était pris de vitesse, pris partout. Et puis l’équipe a repris le contrôle du jeu à sa manière. Avant qu’on se mette à déjouer et qu’on soit vite punis. »

« On n’est pas destinés à performer aujourd’hui »

Entre sérénité et inquiétude à peine voilée, le sélectionneur tricolore a semblé prendre un malin plaisir à glisser des arguments permettant d’aborder la Coupe du monde avec deux états d’esprit opposés quant au parcours des Bleus. Jugez plutôt ces deux sorties, à quelques minutes d’écart, en pleine conférence de presse samedi.

« On a bien vu ce qu’on était capables de faire et ce qu’on n’était pas capables de faire. Avec notre niveau physique en dessous de celui des Ecossais, on est par moments en difficulté avec et sans le ballon. » »

« C’est un match de préparation avec une équipe [type] qui rejouait ensemble pour la première fois depuis mi-mars [41-28 contre le pays de Galles le 18 mars]. Au niveau du travail physio, on n’est pas destinés à performer aujourd’hui. Les Ecossais ont un mois et demi de préparation d’avance sur nous en ayant terminé leur championnat début mai, contre mi-juin pour nous. L’objectif est de monter en puissance jusqu’à l’échéance du 8 septembre. » »

« Il n’y a pas d’affolement dans le groupe »

OK, merci Fabien de nous éclairer de la sorte donc. Dans le camp des joueurs, on prône l’unité pour fructifier cette soirée finalement positive, avec un succès arraché sur une pénalité de Thomas Ramos (30-27, 79e) devant plus de 41.000 spectateurs emballés par un tel suspense. « On n’est jamais au top de notre forme sur des matchs de préparation, glisse Antoine Dupont. On voulait mettre du volume de jeu et on était un peu frustrés sur la première mi-temps, où il ne s’est pas passé grand-chose. On a eu une baisse de régime autour de l’heure de jeu, on a pêché avec un relâchement peut-être inconscient. J’ai l’impression que c’est surtout notre qualité technique qui a baissé. On a perdu beaucoup de ballons et on a vite été en difficulté. Mais on a pris du rythme collectivement, c’est ce qui était important avec la victoire. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Pour ce qui est du rythme, les deux derniers matchs de préparation contre les Fidji (le 19 août à 21h05) puis l’Australie (le 27 août à 17h45) joueront un rôle clé, afin de combler (enfin) l’écart physique avec une sélection comme l’Ecosse. Une dimension sur laquelle le troisième ligne Grégory Alldritt s’est également expliqué : « Quand ça fait deux mois qu’on ne joue pas, on perd quelques sensations au niveau du ballon. Il ne faut pas s’affoler s’il y a eu des erreurs de main, ça va vite revenir ». Même positive attitude chez Charles Ollivon, auteur d’un essai et d’un joli match samedi : « Pour être prêts le 8 septembre, il faut passer par là, reprendre des repères, travailler physiquement, et à certains moments être dans le dur. On a eu des trous d’air ce soir contre l’Ecosse mais on est venus chercher la gagne. » Malgré ces fameux « trous d’air » mentionnés par les joueurs et le staff, le talonneur Pierre Bourgarit assure : « Il n’y a pas d’affolement dans le groupe ». Pas notre genre non plus, rassurez-vous.