Rugby à XIII : Des anciens joueurs atteints de séquelles neurologiques vont porter plainte contre la fédération anglaise

SANTE Ils réclament des mesures immédiates, notamment à l'entraînement

A.H. avec AFP
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Un blessé lors de la finale de la Super League, début octobre.
Un blessé lors de la finale de la Super League, début octobre. — Mark Cosgrove/News Images/Sipa U/SIPA

Dix anciens joueurs professionnels de rugby à XIII présentant des symptômes de dommages neurologiques, vont porter plainte contre la fédération anglaise (RFL) pour négligence, a annoncé mercredi le cabinet d’avocats qui les défend. Ces dix joueurs, dont Bobbie Goulding, ex-sélectionneur de l’équipe de France de 2009 à 2011, forment un « groupe pilote », a précisé le cabinet Rylands Legal, qui représente également 175 joueurs de rugby à XV dans une procédure similaire lancée en décembre contre les responsables de leur discipline.

Au total, une cinquantaine de joueurs à XIII, dont l’âge va de la vingtaine à la cinquantaine, et présentant des symptômes associés à des lésions cérébrales, sont représentés par ces avocats. La plainte collective accuse la RFL de négligence pour ne pas avoir protégé les joueurs des séquelles liées aux commotions cérébrales.

« Tout d’un coup, tout s’est détérioré »

« Qu’une telle chose, surgie de nulle part, vienne me percuter comme un bus, c’est dur à accepter », a expliqué Goulding, cité dans le communiqué, et qui a appris ce mois-ci qu’il était atteint de démence précoce et probablement d’encéphalopathie traumatique chronique, une maladie dégénérative diagnostiquée essentiellement chez des sportifs ayant subi des chocs réguliers à la tête.

« Mes symptômes sont apparus brutalement il y a deux ans, a raconté Mickii Edwards, 48 ans, ancien pilier international gallois, également atteint de démence et probablement de CTE. Tout d’un coup, tout s’est détérioré. Je suis devenu maladroit, je faisais tomber des objets tout le temps. J’avais des maux de tête, des vagues de fatigue. Je ne supportais plus les lumières vives, même le fait que ma femme allume la lumière le matin m’énervait. Les bruits forts étaient douloureux. »

Les plaignants réclament que la RFL prennent « des mesures immédiates, relativement peu coûteuses (…) comme de limiter les contacts à l’entraînement et d’allonger la période nécessaire avant de reprendre le jeu » en cas de commotion​, a expliqué l’avocat Richard Boardman. L’instance dirigeante du rugby à XV mondial, World Rugby, avait recommandé fin septembre de limiter les phases de contact à l’entraînement afin de protéger les joueurs de blessures.