Commotions : Atteint de démence, le champion du monde anglais Steve Thompson va léguer son cerveau à la science

RUGBY L’ancien talonneur de Northampton et de Brive, aujourd’hui âgé de 43 ans, souffre de démence après avoir accumulé les commotions cérébrales

N.S.
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Steve Thompson (au centre) lors de la finale de la Coupe du monde 2003 remporté par l'Angleterre face à l'Australie à Sydney.
Steve Thompson (au centre) lors de la finale de la Coupe du monde 2003 remporté par l'Angleterre face à l'Australie à Sydney. — Eddie Keogh / Seconds Left Images / Shutterstock / Sipa

Pour Steve Thompson, il s’agit à terme de « rendre le rugby plus sûr ». L’ancien talonneur, champion du monde 2003 avec l’Angleterre et aujourd’hui âgé de 43 ans, a annoncé vouloir léguer son cerveau à la science, relaie la BBC. L’ex-avant de Northampton et de Brive s’est vu diagnostiquer une démence précoce en novembre 2020. Un mois plus tard, il faisait partie du groupe de près d’une centaine d’anciens joueurs qui ont annoncé une action en justice contre World Rugby, la Fédération anglaise et la Fédération galloise de rugby.

Les plaignants accusent ces instances d’avoir mal pris en charge le problème des commotions cérébrales. Thompson expliquait alors qu’il ne se souvenait absolument pas de cette Coupe du monde victorieuse remportée au côté de Jonny Wilkinson en Australie, dont il a pourtant disputé tous les matchs.

Une maladie seulement détectable post-mortem

L’Anglais fera son don au Concussion Legacy Project (CLP), afin de rechercher les traces d’une encéphalopathie chronique (ECT), dont il souffre probablement mais qui ne peut être diagnostiquée que lors d’examens post-mortem. « Je lègue mon cerveau pour que les enfants des gens que j’aime n’aient pas à traverser les épreuves que je traverse », détaille Thompson, définitivement retiré des terrains depuis décembre 2011, à cause de problèmes au cou qui l’avaient déjà contraint à arrêter une première fois sa carrière quatre ans plus tôt.

« C’est à ma génération de donner nos cerveaux afin que les chercheurs puissent développer de meilleurs traitements et des moyens de rendre notre sport plus sûr », précise le talonneur aux 73 sélections avec le XV de la Rose, plus trois avec les Lions Britanniques.

Adam White, directeur exécutif de la Concussion Legacy Foundation UK (CLF), qui chapeaute le CLP, espère pouvoir « arrêter tous les nouveaux cas d’encéphalopathie chronique dans les cinq prochaines années et trouver un traitement avant 2040 ».