Le Stade Toulousain envoie sept joueurs en Bleu... et il aurait pu en compter «deux de plus»

RUGBY Le Stade Toulousain retrouve son rôle de premier pourvoyeur du XV de France, dans l’optique du Tournoi des VI Nations. Selon William Servat, sans blessure, deux autres joueurs auraient pu être convoqués…

Nicolas Stival

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Thomas Ramos et Romain Ntamack, deux jeunes Toulousains convoqués pour la première fois en équipe de France.
Thomas Ramos et Romain Ntamack, deux jeunes Toulousains convoqués pour la première fois en équipe de France. — R. Gabalda / AFP
  • Avec sept joueurs, le Stade Toulousain est le plus présent dans la dernière liste du XV de France, devant Clermont (six).
  • L’entraîneur des avants aurait bien vu Florian Verhaeghe et Selevasio Tolofua, actuellement blessés, rejoindre leurs coéquipiers en Bleu.
  • Le Stade joue un match au sommet en Champions Cup, samedi au Leinster.

Forcément, une série de douze victoires ne pouvait pas échapper à la sagacité de Jacques Brunel. Mercredi, le sélectionneur du XV de France a retenu sept Toulousains dans la liste de 31 joueurs en vue du Tournoi des VI Nations (1er février-16 mars). Clermont, séduisant leader du Top 14, comptera « seulement » six représentants.

Les entraîneurs stadistes veulent appuyer sur ce levier pour stimuler encore davantage leur équipe avant le rendez-vous de samedi à Dublin, chez un Leinster privé de son maître à jouer Jonathan Sexton, blessé. Quasiment un test-match international, entre la province irlandaise, championne d’Europe en titre, et le Stade Toulousain, leader de la poule 1 de Champions Cup. A l’aller, à Ernest-Wallon, Toulouse l'avait emporté d'un souffle (28-27).

« Pour les joueurs retenus, ce sera une manière de montrer qu’ils existent à ce niveau », glisse William Servat, en charge des avants. L’un d’entre eux, le capitaine Julien Marchand, évacue pourtant vite le sujet. « Tout le monde était content pour les sélectionnés, lâche le jeune talonneur de 23 ans. Mais dès ce matin [jeudi], on en a fait abstraction pour se replonger sur le rendez-vous de samedi. »

Un seul sélectionné voici un an

Il n’empêche : cette « marée » Rouge et Noire en Bleu marque un certain retour à la normale, après le trou de la saison dernière. « On ne peut pas se contenter d’avoir un seul sélectionné et on préférerait gérer une certaine difficulté », lâchait début février 2018 le président Didier Lacroix, lorsque le demi de mêlée Antoine Dupont se sentait bien isolé à Marcoussis.

« Cela fait un moment que nous n’avions pas eu autant de convoqués, observe le troisième ligne François Cros. Je pense surtout aux trois nouveaux [Dorian Aldegheri, Romain Ntamack et Thomas Ramos]. Ce sont de bons moments à partager dans le groupe. J’espère que cela va nous tirer vers le haut. »

Finaliste de la Coupe du monde 2011 avec le XV de France, Servat évoque quant à lui « une grande fierté » pour un club qui aligne « beaucoup de jeunes Français ». Et « deux joueurs de plus » auraient pu faire partie de cette liste, ajoute l’ancien talonneur aux 49 sélections, qui cite les blessés Florian Verhaeghe (deuxième ligne) et Selevasio Tolofua (troisième ligne). « Ils porteront le maillot de l’équipe de France, assure-t-il. Quand, je ne le sais pas, mais ils le porteront. »

Le cas Cyril Baille

Servat pense aussi au pilier gauche Cyril Baille (25 ans, onze sélections), pas gâté par les blessures depuis près de deux ans, encore « capable d’accrocher le wagon » pour le train du Mondial 2019, au Japon. Mais au-delà de cette fierté, ces convocations en série vont forcément donner des maux de tête aux entraîneurs toulousains lors de la fameuse période des doublons Top 14 – Tournoi des VI Nations.

« Sur les sept joueurs [huit, avec le talonneur italien Leonardo Ghiraldini], il y en a cinq qui jouent derrière », souligne Servat, avant de tenter une boutade impliquant « son » supersonique ailier sud-africain. « Heureusement que Cheslin Kolbe n’est pas sélectionné en équipe de France ! »