PSG - Bordeaux : Fini de couver ses joueurs, Tuchel prend un virage à 180° dans sa comm'

FOOTBALL Cette fois, Thomas Tuchel était d'accord pour dire que ses joueurs ont déconné

William Pereira

— 

Thomas Tuchel
Thomas Tuchel — Christophe Ena/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Ambiance cour de récré dans l’auditorium du Parc des Princes après le nul fâcheux du PSG contre Bordeaux. Un ou deux rangs derrière nous, on se demande lequel des journalistes présents dans la salle posera la question qui fera dégoupiller Thomas Tuchel sur le jeu de son équipe, allusion à peine masquée au craquage de l’Allemand après la victoire un peu moche contre Leipzig en milieu de semaine. Réponse : personne. Pour la simple et bonne raison que l’entraîneur parisien était cette fois d’accord avec nous, il n’y avait aucune raison de défendre ses hommes, auteurs – disons les choses clairement – d’une seconde période immonde à ce niveau. Pour ceux qui n’auraient pas assisté au chef-d’œuvre, les attaquants et milieux parisiens ont passé les 45 dernières minutes de la partie à traîner les pieds, livrant à elle-même une défense peu rassurante.

Pas d’excuses

Résultat des courses, Tuchel a lâché ses joueurs comme un canad’air sur une forêt enflammée, et il n’accepte aucune excuse. « On a encore oublié de finir ce match parce qu’on a beaucoup manqué d’occasions. On a manqué de finition, de sérieux dans la dernière passe. On a manqué d’attitude, d’efforts, de discipline. D’habitude, je défends toujours mon équipe quand je peux voir des raisons de le faire et de dire pourquoi c’est difficile. Mais aujourd’hui je ne vois aucune raison de le faire ».

La sortie de Verratti et Rafinha, excellents en première période ? Il y avait déjà 2-2 quand ils ont quitté la pelouse à l’heure de jeu, ils avaient déjà eu le temps d’être cramés et de se relâcher. L’omniprésence de la Ligue des champions dans le calendrier ? Il y a trois jours entre Leipzig et Bordeaux et entre Bordeaux et Manchester United, c’est amplement suffisant. Cette fois, l’Allemand est furax et le cran d’exigence est remonté. Pas trop tôt, a-t-on envie de dire. Mais, rusé comme un renard, il a profité de cette tribune pour expliquer les indulgences passées.

« Après Monaco, j’ai défendu l’équipe parce que c’était la trêve. Les joueurs avaient un entraînement avec beaucoup de voyages. Monaco c’était à l’extérieur, mais aujourd’hui je peux pas accepter les mêmes excuses. [La C1 ?] On a eu 3 jours pour récupérer, on joue au Parc, on maîtrise comme ça et c’est pas sérieux de jouer une deuxième mi-temps comme ça. Le jeu et l’amour du jeu demandent qu’on donne tout. Je dois chercher ce qu’on a fait pendant la mi-temps, pourquoi on a donné l’impression aux joueurs que ça suffisait. »

Le déni de match nul

L’heure est à l’autocritique, à tel point que le technicien parisien ne souhaite pas tourner immédiatement la page et plonger la tête dans le seau mancunien. « J’ai le sentiment qu’on a perdu ce match. […] On va parler et analyser ce match et on parlera seulement lundi de Manchester. » Bonne nouvelle pour Tuchel, l’homme le plus important du vestiaire, Neymar, le rejoint dans l’idée qu’il faille faire mieux en Ligue des champions. « On doit améliorer certains détails : jouer plus en équipe, être mieux organisés, sinon ça va être difficile », a reconnu le Brésilien au micro de Canal +. Paris a trois jours pour passer de la parole aux actes.