PSG-Leipzig : Prise de bec et grosse fatigue, Tuchel au bord de l'implosion après la victoire au Parc

FOOTBALL L’entraîneur du PSG ne comprend pas les critiques émises à l’encontre du jeu proposé par son équipe, et il l’a fait savoir sans détours après la victoire contre Leipzig

Aymeric Le Gall
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Thomas Tuchel ne supporte plus les critiques contre son équipe.
Thomas Tuchel ne supporte plus les critiques contre son équipe. — FRANCK FIFE / AFP
  • Malgré la victoire et les trois points obtenus contre Leipzig, mardi soir en Ligue des champions, le niveau de jeu affiché par le PSG à de quoi laisser songeur.
  • Face aux critiques, Thomas Tuchel n’a pas caché sa colère en conférence de presse après la rencontre.
  • Mais cette sortie médiatique contre la presse sportive cache peut-être aussi un état d’esprit fragilisé par ses bisbilles avec Leonardo et la non-prolongation de son contrat au-delà de la saison.

Les éclats de rire échangés par Thomas Tuchel avec l’attaché de presse du PSG, en montant sur l’estrade de l’auditorium du Parc des Princes, masquaient mal ce qui allait suivre. Interrogé par un de nos confrères sur le jeu pratiqué par son équipe quelques minutes plus tôt contre Leipzig, l’Allemand a vrillé. On dit « vrillé » parce que, depuis son arrivée au PSG en 2018, l’homme n’est pas connu pour s’emporter en public ni avoir un mot plus haut que l’autre.

C’était avant cette sortie : « J’ai l’impression que vous demandez toujours les mêmes choses… Mais vous pouvez aller leur poser directement la question [aux joueurs] dans le vestiaire, si vous avez les couilles de faire ça. Parce qu’il y a des joueurs qui sont morts, ils ont tout donné, tout donné avec leur cœur, tout donné physiquement. Et je suis fatigué, fatigué de toujours devoir répondre à vos attentes comme ça. » Pour vous la faire complète, disons que le ton employé et les gestes qui allaient avec collaient bien à la force de la punchline.

Mais on aurait dû le voir venir. Quelques minutes plus tôt, l’entraîneur parisien s’était déjà bien échauffé avec un journaliste de RMC, allant jusqu’à s’excuser (ironiquement) de ne pas avoir bien joué mardi soir. « Pardon, désolé », lâche-t-il très agacé.

« On a eu presque cent joueurs blessés »

Effectivement, Tuchel semble fatigué. Ce devait être la goutte de trop après la période de tension avec Leonardo, qui n’avait déjà pas dû lui offrir beaucoup de nuits paisibles ces dernières semaines. Pour lui, les critiques répétées à l’encontre de son équipe et de son staff sont injustifiées et occultent le contexte global – citons pêle-mêle le Final 8 en août à Lisbonne, l’absence de préparation d’avant-saison, le Covid-19, la fatigue physique et les blessures en cascades) qui entoure la saison du PSG jusqu’ici. Difficile au fond de lui donner tort, Paris est clairement en tête du classement européen de la scoumoune liée aux blessés.

« On a eu presque cent joueurs blessés », a-t-il tancé, faisant illusion ici au nombre de joueurs absents par match depuis le début de la saison. « J’ai vu qu’il nous en a manqué sept en moyenne par match, alors si vous attendez mieux du PSG malgré cette stat, c’est votre droit. » Pourtant, à la décharge de nos confrères, ne pas poser la question du niveau de jeu proposé par Paris mardi soir aurait relevé de la faute professionnelle. Mais passons, l’idée ici n’est pas d’en faire des tonnes sur une prise de bec comme il en arrive chaque week-end en conférence de presse. Non, cette crispation de Thomas Tuchel dit tout de même quelque chose de son état d’esprit général depuis quelques semaines à Paris.

Le mal est peut-être plus profond

Critiqué par un paquet de supporteurs parisiens sur les réseaux sociaux, attaqué par la presse selon ses dires, Thomas Tuchel doit aussi vivre avec l’idée qu’en haut lieu, à Doha, là où les décisions majeures se prennent pour le PSG, son avenir est déjà tout tracé.

En dernière année de contrat, celui-ci ne sera probablement plus l’entraîneur du PSG la saison prochaine, il le sait, et il semble aujourd’hui compter ses soutiens sur les doigts d’une main dans la capitale. Reste le vestiaire, ce qui est le plus important au fond. Sur ce point, à l’image du discours de son capitaine Marquinhos après la défaite à Leipzig début novembre, il a l’air d’être toujours derrière lui. « L’équipe réussit à se serrer les coudes dans les moments difficiles », a-t-il encore répété mardi soir. Jusqu’ici tout va bien.