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Souffrance et Belgian Hill… On était en haut de la côte du Pavé des Gardes

JO 2024 – Marathon : Souffrance ultime et athlètes au ralenti… On était en haut de la côte du Pavé des Gardes

Dans le durLe marathon des Jeux olympiques de Paris proposait aux athlètes une énorme montée à 10 % de moyenne juste avant le trentième kilomètre
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Le marathon masculin des Jeux olympiques a été remporté par l’Ethiopien Tamirat Tola, ce samedi.
  • Tola a même réalisé un record olympique, alors que le parcours était très vallonné.
  • Les athlètes ont notamment escaladé la côte du Pavé des Gardes, dans les Hauts-de-Seine. Un véritable mur qui a cassé les pattes de bon nombre de marathoniens

Depuis le mur des lamentations des Hauts-de-Seine,

Les runners équipés de tout leur attirail, prompts à vous parler de leurs exploits sur le dernier Paris-Versailles ou le 20 km de Paris, on s’y était habitués. Mais, depuis quelques semaines, des athlètes d’une autre dimension essaimaient, à droite, à gauche, dans les alentours de Chaville (Hauts-de-Seine), propulsant le moindre marcel fluo avec ses gels et son tuyau relié à une gourde dans un sac à dos à un état de larve végétative. Tout ce beau monde était là pour reconnaître le monstre : la côte du Pavé des Gardes.

Placée juste avant le 29e kilomètre du marathon des Jeux olympiques, cette montée digne de l’Angliru pour les coureurs de la Vuelta, faisait flipper un peu tout le monde. Même le staff du Kényan Eliud Kipchoge, champion olympique en titre, avait la tremblote au moment de découvrir la bestiole : « Elle brisera bien des cœurs, des jambes et des rêves », estimait ainsi Laurent Dieste, sur X. Un tweet prémonitoire vu que son petit protégé n’a même pas fini la course.

Les Belges dans la côte du Pavé des Gardes.
Les Belges dans la côte du Pavé des Gardes. - A. Huot / 20 Minutes

Le cœur, les jambes et les rêves de Tamirat Tola sont, eux, restés bien intacts, ce samedi. Même cette montée à 10 % de moyenne (avec un pic à 15 %) n’a pu ralentir l’Ethiopien, auteur d’un nouveau record olympique. Mais, pour le reste des troupes, grimper ce sommet s’est révélée une vraie torture, notamment pour le Mongol Ser-Od Bat-Ochir (42 ans), qui, pour ses sixièmes JO, était au ralenti dans cette côte du Pavé des Gardes, pointé alors déjà à plus de vingt minutes du leadeur.

Visages marqués, dos courbés

Il n’a évidemment pas été le seul. Pour la première fois, dans notre souvenir, on a vu un marathonien marcher, (un Ougandais dont on n’a pas retenu le nom), comme foudroyé par la pente. On a cru apercevoir également un athlète tendre la main à un partenaire de galère pour le propulser dans cette montée. Tous, en tout cas, étaient dégoulinants de sueur, le visage très marqué, le dos courbé, dans un marathon disputé sous un soleil tapant.

En galère, également, les cyclistes accompagnant les coureurs. Scène cocasse où, malgré leur vélo électrique, ils se faisaient doubler par les marathoniens et recevaient limite plus d’encouragements de la part du public massé près des barrières. « Pffff, pffff » et tête secouée ont été les seules réponses du forçat de la route qui était auprès du Mongol à notre question idiote : « Alors, cette côte à vélo ? »

The Belgian Hill

Les seuls qui tenaient la route, finalement, étaient les Belges, qui ont débarqué dans la côte du Pavé des Gardes en nombre, quasiment tous vêtus d’un maillot rouge à l’effigie de Koen Naert et Bashir Abdi, médaille d’argent. « Leurs entourages se sont regroupés, avec notamment les copains du club d’athlé de Bashir, et ont organisé un déplacement depuis Gand, nous explique Grete. On était dans huit bus. » Résultat, environ 600 Belges ont envahi la côte et mis une drôle d’ambiance.

Une sorte de Virage Pinot à la sauce belge. « On est partis à 3 heures du matin pour être ici, reprend Gert, dont la femme disputera le marathon pour tous dans la soirée. C’est la Belgian Hill, l’atmosphère est incroyable, on donne beaucoup de voix. » Et on tape aussi un sprint d’une vingtaine de mètres, en parallèle des athlètes, pour pouvoir dire : « Regarde, je vais plus vite que Bokele. »

A 42 ans, l’Ethiopien a, comme tout le monde, énormément souffert dans cette côte de l’enfer, mais il était le nom qui revenait le plus sur les lèvres des spectateurs. La surprise de le voir relégué à plus de trois minutes de la tête avant le 30e kilomètre était, alors, d’autant plus grande. Mais un encadrant à vélo faisant du zigzag a mobilisé les regards et tous les spectateurs sont passés à autre chose. Avant de rentrer chez eux à pied, un poil fatigué par l’effort.