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Le rêve olympique de l’ex-joueur NBA Chase Budinger… en beach-volley !

JO 2024 : « Il a sauté au-dessus de P. Diddy »… Comment Chase Budinger est passé de la NBA au beach-volley

BEACH KarmaSolide basketteur professionnel américain de 2009 à 2016, Chase Budinger dispute actuellement les JO de Paris 2024… en beach-volley !
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Les huitièmes de finale du tournoi olympique de beach-volley se disputent depuis dimanche au niveau du Stade Tour-Eiffel.
  • Ce sera notamment l’occasion pour Chase Budinger, opposé à une doublette norvégienne, ce lundi à partir de 14 heures, de poursuivre son aventure aux JO de Paris 2024 avec Miles Evans.
  • Ce beach-volleyeur de 36 ans et 2,01 m se révèle être un ancien basketteur NBA très correct, dont l’un des principaux faits d’armes a été de dunker au-dessus du rappeur P. Diddy lors d’un All-Star Game.

Au (merveilleux) stade de beach-volley de la Tour Eiffel,

« Chase, Chase, Chase, Chase ». De nombreux supporteurs américains présents dans le probable plus beau spot des JO de Paris 2024 (on sait, la concurrence est rude) ont pris l’habitude de fêter les coups gagnants de Chase Budinger en agitant les bras et en scandant son nom. Décrit comme « un gars très réservé, très calme » par le Français Youssef Krou, qui l’a affronté en phase de groupe, l’Américain de 36 ans traverse discrètement ce tournoi de beach-volley.

La paire qu’il forme avec Miles Evans (classée numéro 13 mondial) affronte ce lundi (14 heures) en 8es de finale les Norvégiens Anders Mol et Christian Soerum (numéro 7). Mais ce grand blond de 2,01 m cache une précédente carrière d’athlète de haut niveau plus clinquante, avec sept saisons solides de basketteur en NBA à son actif. De 2009 à 2016, avec Houston, Minnesota, Indiana et Phoenix, l’ailier californien a ainsi carburé à 8 points et 3 rebonds de moyenne par match.

Chase Budinger en plein smash, samedi contre la paire australienne.
Chase Budinger en plein smash, samedi contre la paire australienne.  -  T. Samson / AFP

« A chaque intersaison NBA, il jouait au beach »

Mais comment a-t-il pu quitter le train de vie de la plus grande ligue de basket du monde, où il tournait notamment entre 3 et 5,5 millions de dollars par saison avec les Rockets et les Wolves ? « Vu qu’il a joué longtemps en NBA, l’argent n’est sans doute plus un problème pour lui, se marre Andrew Benesh, joueur de l’autre doublette américaine qualifiée pour ces JO. Et puis on peut vivre très convenablement en faisant partie des meilleurs joueurs de beach au monde. »

Epouse de Chase et présente à Paris avec leur enfant Beckham (2 ans), Jessica nous en dit plus sur sa transition professionnelle : « En 2016, Chase n’avait plus de proposition de contrat en NBA donc il est parti jouer une saison à Baskonia (Espagne). Il a ensuite voulu revenir à la maison et Sean Rosenthal, un beach-volleyeur professionnel, a proposé à Chase d’être son coéquipier. Le premier amour de Chase, c’est le basket, mais il faut savoir qu’à chaque intersaison NBA, il jouait au beach avec ses amis. »

Chase Budinger, il y a tout juste dix ans, dans sa précédente vie d'ailier NBA.
Chase Budinger, il y a tout juste dix ans, dans sa précédente vie d'ailier NBA.  - B. Dill / AP / SIPA

« L’atmosphère électrique » du stade de la Tour Eiffel

Le projet volley de Chase Budinger remonte à très loin, comme il l’a expliqué à 20 Minutes après un de ses matchs de la quinzaine parisienne : « Ça a toujours été le plan que j’avais en tête : mon corps était encore suffisamment en forme après ma carrière de basketteur et je savais que dans le beach, on pouvait jouer jusqu’à 40 ans. C’est beaucoup moins éreintant pour mon corps qu’en NBA. Je n’avais juste pas prévu ambitionner des Jeux olympiques. Mais comme j’ai pu faire ma transition assez tôt [à 29 ans], je me suis dit "pourquoi pas tenter". »

Et voilà comment on retrouve actuellement cet ex-meilleur volleyeur des Etats-Unis (au lycée) sur le sable installé près de la Tour Eiffel. Chaleureusement salué par un LeBron James tout surpris de le retrouver là, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux, Chase Budinger se régale dans cette aventure parisienne. « On sait à quel point on est chanceux d’être aussi proches de la Tour Eiffel, dans l’atmosphère électrique de ce si grand stade [13.000 places], évoque-t-il. Et en fait, il y a beaucoup plus de pression sur un tournoi aussi court que sur les longues saisons que j’ai pu connaître en NBA. »

Un dunk « stressant » sur P. Diddy

Est-on face à un athlète surdimensionné au vu des qualités athlétiques qu’il démontrait sur les parquets de basket ? « Chase était connu aux Etats-Unis depuis le lycée comme un joueur doué pour le volley et il est devenu un joueur dominant au beach, résume Andrew Benesh. Il sait tout faire, il est très doué, au-delà de ses qualités athlétiques. Mais il a quand même sauté au-dessus de P. Diddy pour un concours de dunks. »

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What, what, WHAT ?!? Effectivement, après quelques recherches, on a retrouvé cette vidéo remontant à 2012, lors d’un All-Star Game à Orlando. Le célèbre rappeur lance le ballon au-dessus de lui et Chase « White men can jump » Budinger s’en saisit pour tout écrabouiller dans le cercle après être passé au-dessus de la star US. Un souvenir qui amuse encore aujourd’hui notre beach-volleyeur.

« Je dois dire que ce concours de dunks est un des moments les plus stressants de ma vie. J’étais vraiment soulagé d’avoir réussi ce que je devais faire sans blesser quelqu’un. »

Chase Budinger

« Ça n’est pas un joueur hors normes »

Mais quand on est (était ?) capable de s’envoler au-dessus de P. Diddy, cela signifie-t-il forcément qu’on fait la loi au filet dans sa nouvelle vie dans le sable, en enchaînant smashs et contres gagnants ? « Non, Chase est dynamique, très physique et il a une très belle détente, mais il n’est pas forcément le plus redoutable dans les airs, tranche Youssef Krou. Le Norvégien Anders Mol [son adversaire ce lundi] ou le Français Rémi Bassereau [éliminé en phase de poules] sautent par exemple plus haut que lui. Ça n’est pas un joueur hors normes mais il a réussi sa transition basket-volley avec de super capacités. »

OK, le monde du beach-volley ne l’imagine a priori pas grimper sur le podium olympique à Paris. Sa paire avec Miles Evans a dû disputer 11 tournois dans le monde entier en quatorze semaines, « à un niveau stratosphérique » (dixit Youssef Krou), afin d’arracher son ticket pour les Jeux. « Ce type apporte un niveau de professionnalisme que je n’avais jamais connu à mes côtés, et puis c’est une machine au service », loue Miles Evans.

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« Sa gestuelle de passe ressemble à un "jump shoot" au basket, donc c’est cool, ça le différencie des autres joueurs, note de son côté Miles Partain, membre de l’autre équipe US. On peut aussi voir que grâce à son passé en NBA, il gère bien les moments sous pression dans les matchs. » Ceux-ci commencent pour de bon ce lundi pour Chase Budinger, véritable anti-cliché du joueur NBA.