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La course à la médaille était-elle morte après la chute de Pierre Le Corre ?

JO 2024 – Triathlon : La course à la médaille était-elle vraiment morte après la chute de Pierre Le Corre ?

Médaille ratéePourtant annoncés parmi les favoris, les triathlètes tricolores ont terminé au pied du podium après une course galère
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Le relais français, composé notamment de la championne olympique Cassandre Beaugrand et du médaillé de bronze Léo Bergère, a terminé quatrième ce lundi.
  • Plombés par une chute de Pierre Le Corre dès le premier relais, les Bleus n’ont jamais réussi à combler leur retard.
  • Les triathlètes étaient pourtant annoncés parmi les favoris.

Sur le pont Alexandre-III, duquel on a failli se jeter,

Le statut de favori, en France, on n’aime pas ça. Mais alors vraiment pas. Après l’échec retentissant des sabreuses, pourtant promises à l’or, qui ont terminé l’épreuve par équipe hors du podium, voilà que nos triathlètes, qui avaient une bonne gueule à offrir à la France une nouvelle médaille d’or, nous trahissent également. Une quatrième place lors du relais mixte ce lundi matin, alors que tout le monde annonçait le pays hôte comme vainqueur certain ou presque.

Certains diront que c’est la beauté du sport, que, heureusement, tous les favoris ne gagnent pas. Assez ! Quand la France doit gagner, elle doit gagner, on en fait une affaire personnelle. Alors que s’est-il passé autour du pont Alexandre-III pour que les tricolores échouent au pied du podium ? Une chute à vélo, toute bête, du premier relayeur français Pierre Le Corre, qui a ruiné les espoirs de tout un pays.

« En fait, le premier relais, c’est toujours le plus tendu, le plus technique, parce que tout le monde veut être placé, explique le malheureux. Dans le dernier virage, je vois Hayden (Wilde) chuter, et je le vois au ralenti, parce que les secondes, ça me paraissait des minutes. Moi, je ne peux rien faire, parce qu’il y a des gars à droite, à gauche. Je me le prends, et j’essaie de remonter hyper vite sur le vélo. Je me dis que ce n’est pas grave et ces cinq secondes, je peux les rattraper. »

L’espoir fait vivre, mais…

Sauf que rien ne se passe comme prévu. Tous les éléments se déchaînent contre la France : après la chute, le vélo déraille. Et, au lieu des cinq secondes initialement programmées, le Breton en perd une grosse quarantaine et se retrouve dans la pampa, bon dernier de la course. On a beau être un optimiste convaincu, on a senti la grosse galère venir. La très grosse galère.

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Et on a beau avoir les meilleurs triathlètes du monde ou presque, avec notamment la championne olympique Cassandre Beaugrand et le médaillé de bronze Léo Bergère, on a vite compris que la médaille, on la verrait de très loin. Même sentiment chez les triathlètes ? « Quand l’incident de Pierre s’est produit, on a accepté le fait de course, relève Léo Bergère. De là, ça a été un long contre-la-montre de relais en relais. On n’a rien lâché. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on s’est battu vraiment jusqu’au bout. »

Les autres nations voyant la France galérer, il n’y a eu évidemment aucun ralentissement dans le groupe de tête. Même le peloton derrière a envoyé des watts au possible. Les Bleus se retrouvent seuls à devoir cravacher, mais l’espoir est encore présent. « J’essaie de ne pas être trop négatif après ma chute, indique Le Corre. De me dire que tout est possible, parce que je connais le niveau de mes coéquipiers. Je sais que ça peut se rattraper. Mais je ne connais pas les écarts. »

« Compliqué de boucher des gros écarts »

Les écarts, justement, commencent à grimper doucement. La quarantaine de seconde se transforme en cinquantaine de secondes, et la mission relève de l’impossible. « Je me dis que je vais faire un contre-la-montre le plus lissé possible et je vais essayer de reprendre des places et des écarts, indique Bergère, troisième relayeur. Je pense que je fais une super natation. Je reviens tout proche du Norvégien. Je sors à 7 secondes de la transition, j’étais à 400-450 watts. Il m’en reste quelques secondes. Après, j’étais tout seul. C’est quand même compliqué de boucher des gros, gros écarts. »

« La chute change clairement le début de cette course, regrette Benjamin Maze, le DTN. Mais il y a plein de petits trucs qui ne vont pas trop, Léo se retrouve à quelques secondes de Kristian Blummenfelt qui aurait pu aussi participer à le remonter, il y a des petits choix de trajectoires dans l’eau qui aurait pu être perfectible… » Comme celle de Cassandre Beaugrand, qui le reconnaît volontiers :

« J’y ai cru jusqu’au bout en me disant qu’on ne sait jamais avec le courant. Mais au final, je n’ai pas si bien nager que ça non plus. Avec le courant, je me suis fait un peu piéger. »

La toute récente championne olympique a réussi tout de même à éparpiller la concurrence sur la course, pour permettre à la France de terminer au pied du podium, renforçant encore plus les regrets de tout un pays. « Quand je vois comment ça se finit, et ce que fait Cassandre sur la fin… On avait le niveau pour être sur le podium et pouvoir faire une très belle médaille, se lamente Le Corre. Ils se sont battus. Ils ont tout donné pour essayer de faire la meilleure perf. On ne sait jamais. Tout peut arriver. Ça aurait pu nous sourire. Là, ça ne l’a pas fait. » A quoi ça tient, finalement, une médaille d’or.