Qu’est-ce que Google Overviews change dans nos recherches sur Internet ?
Web 4.0•Ce 22 juillet marque l’arrivée en France de nouvelles fonctionnalités chez Google qui bouleverseront nos recherches sur InternetChristophe Séfrin
L'essentiel
- Plus de deux ans après son lancement outre-Atlantique, Google introduit en France ses « AI Overviews ».
- Ces résumés concoctés par l’IA permettent d’obtenir une seule réponse immédiate, claire et étayée, lors d’une requête sur Google.
- Il s’agit d’une véritable révolution qui pourrait mettre fin aux clics sur les habituels liens bleus… et fragiliser les éditeurs de contenus, privés d’une partie de leur audience et de leurs revenus.
Changement de paradigme : le 22 juillet 2026 fera date dans l’histoire de nos recherches sur le Web avec l’arrivée de Google AI Overviews. Désormais intégré et déployé en France (et après plus de 200 autres pays), Google AI Overviews risque de fondamentalement transformer les résultats de nos requêtes, notre navigation sur le Web, mais aussi le référencement des sites d’information ou e-commerçants.
Ce qui change ? Le classique moteur de recherche qui fait partie du quotidien des internautes depuis vingt-huit ans épouse l’intelligence artificielle. Plus besoin de draguer ChatGPT, Perplexity ou Claude pour obtenir une réponse développée et structurée, Google reprend la main pour éviter la fuite des internautes vers d’autres IA que la sienne. En l’occurrence Gemini, désormais intégrée au moteur de recherche de la firme de Mountain View.
Des réponses optimisées par l’IA
Vous n’y couperez pas. Google déploie depuis le 22 juillet en France ses AI Overviews. Un lancement tardif, du fait d’un cadre européen réglementaire strict. Mais un lancement, finalement. Plus de liens bleus sur lesquels cliquer, mais des résumés parfaitement rédigés, étayés, mais aussi sourcés, avec une mention en bas de chaque paragraphe du nom du ou des sites d’où proviennent les informations triées, remachées, compactées. « Ces aperçus s’affichent seulement lorsque nos systèmes déterminent qu’une réponse optimisée par l’IA est utile pour répondre à votre requête », précise Google.
Autre nouveauté sur l’habituelle page Google : sous le classique champ de recherche (là où l’on effectue nos requêtes) apparaît une icône Mode IA. Dès lors, l’internaute peut s’adresser à l’intelligence artificielle en mode conversationnel, avec des questions posées en langage naturel (des questions complémentaires peuvent être posées après chaque réponse), mais aussi en mode Search Live. Ce dernier permet de chercher des informations en fonction de ce que filme le smartphone à l’instant « T » ! Il est aussi possible de joindre à ses requêtes des images ou des fichiers pour donner des billes à l’IA de Google et qu’elle propose ses réponses…
La crainte du scénario catastrophe
Problème : en résumant les informations aspirées sur le Web, en formulant une réponse structurée et concise et en évitant ainsi aux internautes d’aller cliquer sur un ou plusieurs liens successivement, l’IA générative de Google va bouleverser la donne pour nombre de sites et d’éditeurs. Et principalement pour les sites d’information, comme 20 Minutes, Ouest-France, Le Parisien… vers lesquels Google, Google News (et Facebook) renvoie une partie très importante de leur trafic. C’est la crainte du « Google Zero », le zéro clic.
Dans un contexte déjà chahuté, ces mêmes sites voient donc d’un très mauvais œil la nouvelle initiative de la firme de Mountain View et craignent d’assister, impuissants, à une baisse non négligeable de leurs audiences… Avec pour conséquence, évidemment, des revenus publicitaires qui risquent parallèlement de s’assécher. Les études, toutes plus alarmistes les unes que les autres, évoquent, notamment au Royaume-Uni depuis août 2024, des chutes d’audience pouvant atteindre 15 % à 40 % ! Les projections de Reuters Institute sont encore plus pessimistes et prévoient une baisse de près de 43 % du trafic provenant des moteurs de rechercher d’ici trois ans…
Valoriser les informations fiables
Google, qui a lancé en France ses nouvelles fonctionnalités sans accord préalable avec l’ensemble des éditeurs de presse, tente de rassurer, revendiquant le fait que ses AI Overviews valorisent des informations fiables, étayées, développées, une exploration du Web plus en profondeur également, « aidant à découvrir encore plus de contenus pertinents et de sites passionnants, grâce à des liens bien visibles ». La firme précise également que ses AI Overviews seront intégrées aux accords déjà passés avec les éditeurs concernés autour des « droits voisins », soit des rémunérations versées par Google aux titres de presses dont les infos sont reprises.
Nos articles sur «L'inteligence artificielle»D’où question posée dans notre barre de recherche Google ce mercredi 22 juillet : « Google AI va-t-il tuer la presse ? ». La réponse d’AI Overview, formulée d’après 16 sites référencés est claire, directe, sans nuance : « L’intelligence artificielle de Google ne va pas tuer la presse, mais elle s’apprête à asphyxier son modèle économique traditionnel basé sur le trafic Web. Le déploiement officiel en France des résumés automatisés Google AI Overview marque un tournant historique en transformant le moteur de recherche en un « moteur de réponses ». Ce basculement prive directement les éditeurs des clics des internautes ».
Les éditeurs qui ne souhaiteraient pas voir leurs contenus abordés dans les AI Overviews peuvent faire jouer leur droit de retrait et refuser de nourrir l’IA de Google. Pas sûr, cependant, que ce soit la meilleure des postures pour conserver sa visibilité.


















