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Pourquoi le triathlon français peut viser le plein de médailles à Paris

JO 2024 : « On n’a jamais été aussi forts »… Pourquoi le triathlon français peut viser le plein de médailles

Par ici les breloquesLes triathlètes tricolores arrivent aux Jeux olympiques avec d’immenses ambitions
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Les épreuves olympiques de triathlon à Paris sont prévues les 30 et 31 juillet pour les épreuves individuelles, respectivement masculine et féminine, et le 5 août pour le relais mixte.
  • Depuis le bronze sur le relais mixte à Tokyo en 2021, Françaises et Français ont accumulé un nombre conséquent de succès et de podiums.
  • Il reste désormais à concrétiser ses excellents résultats sur des courses d’un jour.

Commençons par un avertissement, pour ne pas que le sujet, certes essentiel, pollue la suite de l’article. Celui-ci a été écrit en partant du postulat suivant : il sera possible de se baigner dans la Seine les 30 et 31 juillet ainsi que le 5 août pour, respectivement, les épreuves masculine, féminine et le relais mixte du triathlon des Jeux olympiques de Paris (1,5 km de natation, 40 km de vélo, 10 km de course).

Lors de l’annonce des heureuses et heureux élu(e) s, début juin, dirigeants et qualifiés tricolores juraient la main sur le cœur ne pas craindre que la bactérie E. coli et ses amies gâchent la fête. Faute de plan B, une eau trop sale entraînerait un décalage des courses et, dans le pire des cas, le passage à un duathlon, sans la natation donc. Du jamais vu depuis l’introduction de la discipline aux JO, en 2000 à Sydney.

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Mais ce ne sont pas quelques microbes et deux ou trois rats crevés qui vont débecter des sportifs habitués toute l’année à évoluer dans des golfes pas très clairs. Et très motivés pour « marquer l’histoire des Jeux et de notre Fédération par les performances », selon Cédric Gosse, le président de la FFTRI, relayé par le directeur technique national (DTN), Benjamin Maze.

« A Tokyo, nous avons obtenu la première médaille du triathlon français, nous voulons faire mieux à Paris, affirme Maze. Nos athlètes sélectionnés sont légitimes pour prétendre à des médailles en individuel et sur le relais mixte. Nous voulons apporter une contribution déterminante pour le classement de la France au palmarès olympique. »

Avec une « petite » breloque (le bronze du relais mixte à Tokyo en 2021) acquise en six éditions, l’objectif pourrait paraître présomptueux s’il ne s’appuyait pas sur des constats chiffrés.

Vincent Luis victime de la densité masculine

Côté masculin, Dorian Coninx (30 ans) est le champion du monde en titre, alors que Pierre Le Corre (34 ans) et Léo Bergère (28 ans, sacré en 2022) avaient respectivement terminé troisième et quatrième de l’épreuve organisée à Pontevedra (Espagne), en septembre dernier. Lors du « test-event » d’août dernier, répétition grandeur nature des JO avec départ et arrivée au pont Alexandre-III via – entre autres splendeurs de la capitale – les Champs-Elysées, le trio Coninx-Le Corre-Bergère avait déjà réussi un joli tir groupé aux troisième, quatrième et cinquième places.

La densité est telle que l’historique Vincent Luis est resté à quai. « L’an passé, j’ai vu que j’étais capable de rivaliser avec les meilleurs, glisse Coninx, à l’aube de ces troisièmes JO. Forcément, je vise la gagne. Une fois que c’est dit, je me concentre sur ce que je maîtrise, l’entraînement, ce que je dois faire pour arriver à 100 % et délivrer ce que je peux le jour de la course. On fera le point à l’arrivée. »

Pierre Le Corre a terminé troisième à Pontevedra en Espagne, le 23 septembre 2023.
Pierre Le Corre a terminé troisième à Pontevedra en Espagne, le 23 septembre 2023. - A. Brevers / Pacific Press / Shutterstock / SIPA

Ce discours peut passer pour un enfilage de poncifs si on ignore le combat du Grenoblois afin de se rétablir à temps, après des fractures du coude et du poignet consécutives à une chute à vélo à Yokohama (Japon), le 11 mai, et opérées cinq jours plus tard. « Le lendemain de l’intervention chirurgicale, je pouvais faire du home-trainer. Le jour d’après, je pouvais courir. Trois jours après, je pouvais m’entraîner normalement sur deux disciplines. » Coninx a longtemps effectué ses séances de natation avec un seul bras.

Emma Lombardi brûle les étapes

Chez les femmes, les sélections de Cassandre Beaugrand (27 ans), Léonie Périault (qui fêtera ses 30 ans le jour de sa course individuelle) et Emma Lombardi (22 ans) relèvent de l’évidence. Chacune présente des références enviables, avec au moins une victoire sur le format olympique dans l’année écoulée ou une première place au classement mondial actuel, dans le cas de la jeune Lombardi.

« « Je pense que nous n’avons jamais eu une équipe aussi performante, estime Périault, 5e aux JO de Tokyo, la meilleure performance individuelle tricolore à ce jour. Toutes les trois, nous avons des ambitions de médailles. Si on peut courir en équipe, je pense que ça peut être notre force, notamment face aux Anglaises ou aux Américaines, les représentantes des autres nations fortes du triathlon. Sur la partie vélo, on peut s’entraider. Et, comme nous sommes toutes les trois de bonnes coureuses, si on peut arriver à mettre une dynamique collective en avant, ce sera bénéfique pour chacune. » »

« La médaille, on y pense toutes bien sûr, embraie Emma Lombardi, dont l’arrivée fulgurante chez les « grandes » lui permet de voir Paris, alors qu’elle semblait programmée pour Los Angeles 2028. Après, c’est une course d’un jour. Il faudra répondre "présente" le jour donné. »

Championne olympique en titre, la Bermudienne Flora Duffy visera un doublé à Paris, où il faudra se méfier aussi des Britanniques Beth Potter (victorieuse du « test-event » l’an dernier, devant Beaugrand) et Georgia Taylor-Brown. Côté masculin, le tenant du titre norvégien Kristian Blummenfelt est passé avec succès sur l’Ironman mais le retour à la distance olympique pour préparer Paris a été compliqué. Le Britannique Alex Yee, le Néo-Zélandais Hayden Wilde ou l’Américain Morgan Pearson ont de bonnes gueules de candidats à l’or.

Pas de blague sur le relais mixte

Bref, il n’y aura pas de place pour tout le monde sur le podium, et Françaises et Français vont devoir batailler pour combler leurs rêves et ceux de leur Fédération. En revanche, une absence de breloque sur le relais mixte (deux femmes et deux hommes sélectionnés après les courses individuelles) ressemblerait à un fiasco.

Léonie Périault avait terminé 5e de l'épreuve féminine à Tokyo, le 31 juillet 2021. La meilleure performance tricolore en individuel aux Jeux olympiques, avant Paris 2024.
Léonie Périault avait terminé 5e de l'épreuve féminine à Tokyo, le 31 juillet 2021. La meilleure performance tricolore en individuel aux Jeux olympiques, avant Paris 2024. - E. Hoshiko / AP / SIPA

Qui pourra battre les Bleu(e) s, le 5 août ? « Pas grand monde, j’espère, réplique Léonie Périault. Je pense que l’on retrouvera un peu les mêmes équipes qu’aux Jeux de Tokyo, les Américains et les Britanniques [respectivement médaillés d’argent et d’or en 2021]. »

Quant à l’eau de la Seine, elle pourra difficilement être plus écœurante que celle de la baie de la capitale japonaise, à en croire les athlètes présents au Japon voici trois ans.