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Et si c’était notre tour d’être « américains » et de tout gagner ?

JO 2024 : Des médailles qui tombent sans discontinuer, c’est donc ça être « américains » et gagner tout le temps ?

Bannière doréeAvec 19 médailles à l'aube du cinquième jour, l’équipe de France part sur des bases historiques. Suffisant pour qu’on prenne le melon ? Tout à fait
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Laura Flessel, ancienne ministre des Sports, avait fait en 2017 un pronostic de 80 breloques pour la France aux JO de Paris, jugé trop ambitieux, mais les performances des athlètes français lui donnent raison avec 18 médailles en 4 jours dont 6 en or.
  • Pour ce mercredi, de nombreuses chances de médailles sont possibles notamment en surf, triathlon, judo, escrime, BMX Freestyle et natation, ce qui pourrait battre le record français de 9 médailles en une journée établi en 1996 à Atlanta.

De notre envoyé spécial dans le melon charentais,

Et si, finalement, Laura Flessel avait eu raison avant tout le monde. La Guêpe, ancienne ministre des Sports, avait réalisé un pronostic osé, peu après l’attribution des Jeux à Paris, en 2017 : un total de 80 breloques pour la délégation française dans la capitale. Ruade dans les brancards, rétropédalage et objectif rabaissé, notamment par Emmanuel Macron en personne, après des JO à Tokyo pas super prolifiques (33 breloques), « non, mais vous verrez, un top 5 des nations, c’est pas mal aussi ».

NON. Mentalité différente, mais aux Etats-Unis, pour des Jeux à domicile, le goal aurait été de 200 médailles, et on n’attend pas moins d’eux à Los Angeles en 2028. Heureusement, pour notre amour-propre, les athlètes tricolores ont décidé d’en finir avec la stratégie de l’humiliation permanente et ont pris les choses en main en ces débuts de Jeux olympiques : dix-huit médailles en quatre jours, dont cinq en or. On n’avait plus vu ça depuis l’âge de glace.

Préparez-vous au feu d’artifice ce mercredi

On le sait, pas besoin de vous jeter dans les commentaires comme des assoiffés de sang pour nous le rappeler de manière fort courtoise, la journée de mardi a été moins prolifique pour le camp français et a un peu fait chuter le ratio, mais c’est pour mieux foudroyer le monde ce mercredi et battre le record de médailles (9) obtenues en une seule journée, le 27 juillet 1996 à Atlanta.

Petite projection optimiste, mais réaliste, d'autant que ça a déjà bien commencé avec l'or de Cassandre Beaugrand en triathlon. Peuvent suivre le triathlon masculin (Conninx et Bergère), judo (Marie-Ève Gahié), escrime (sabre par équipe), BMX Freestyle (Anthony Jeanjean), Marjorie Delassus (canoë-kayak slalom), Léon Marchand (200 m nage libre et 200 m brasse). L’opulence, messieurs, dames.

A nous, le french dream

Comme tout bon français qui se respecte quand il gagne, cela va nous permettre de rouler des mécaniques pendant quelques jours, répéter à l’envi que le pays est le plus beau (c’est vrai) et le plus fort (c’est vrai, aussi) du monde, dénigrer la concurrence qui n’aura fait qu’une seule petite médaille d’argent (bouh, les nuls). Bref, se comporter comme de vrais Américains au quotidien.

Et qui mieux que Giorgia, son mari au prénom inconnu et Levine, son petit-fils pour incarner le mieux possible les VRAIS Américains. La petite famille était présente au stade tour Eiffel, mardi, pour assister au tournoi de beach-volley et cramer au soleil. « Comment avez-vous su qu’on était Américains ? », nous a demandé Georgia à peine le temps de dire « Hello ». Au hasard, parce qu’ils étaient tous les trois vêtus d’une petite chemise cousue dans un drapeau américain. Mais vraiment au hasard.

« Respecter l’adversaire »

Bref, nos deux Géorgiens (ceux des Etats-Unis, pas de Tbilissi) – le petit vivant en Californie – nous ont donné des conseils pour vraiment se mettre dans la peau d’Américains qui gagnent tout, tout le temps :

  • « Être fiers de gagner autant de médailles » = > Ça c’est bon, on maîtrise.
  • « Toujours respecter l’adversaire, il ne faut pas prendre la grosse tête et faire attention aux autres. » = > Pas trop dans notre tempérament, mais on prend note.
  • « Louer le modèle de formation des sportifs. Vous voyez, mon petit-fils fait du hockey sur glace depuis qu’il a quatre ans, et il évolue dans des super structures. Et il a joué à Prague il y a quelques semaines. » = > Dire du bien du système éducatif français, jamais de la vie.

Il nous reste donc un peu de travail, dans les mentalités et sur le terrain, pour atteindre la toute-puissance américaine. Et aussi un peu de malice. Regardez donc. En retard au classement des médailles sur les autres nations, notamment la France (et la Chine aussi, mais c’est secondaire), Le Bleacher Report a mis la bannière étoilée à la première place et la France à la huitième. Qu’est-ce que l’audace ? Les Américains n’ont même pas eu besoin de quatre heures pour y répondre.