JO 2024 : Le beach-volley sous la Tour Eiffel, la revanche éclatante de Paris-Plages
LIfe is a beach•Raillé pour son côté « cheap » et un peu ringard par le reste de la France, Paris Plages a trouvé une revanche insoupçonnée lors de ces Jeux Olympiques : l’incroyable terrain de beach-volley au pied de la Tour EiffelJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Les Jeux olympiques de Paris 2024 ne manquent pas de lieu incroyable. La Concorde, les jardins de Versailles (excusez du peu), le Grand Palais…
- Le spot le plus beau est peut-être à chercher du beach-volley. Rien de moins que le Champs-de-Mars et une vue splendide sur la Tour Eiffel.
- De quoi proposer enfin un Paris-Plages franchement convaincant, même pour les sudistes de mauvaise foi (moi).
De notre envoyé spécial dans le « wahoo c’est trop beau » et autres « can you take a photo pleaze ? With the Eiffel Tower ? »,
Dans une France où la capitale réunit la majorité du pouvoir économique, politique et culturelle, Paris-Plages était l’une des rares choses qu’on pouvait vanner en tant que sudiste d’origine. C’est que face à notre inestimable côte vermeille, foutre quatre parpaings de sable sur les pavés avec deux parasols, le tout devant un canal même pas baignable, semblait fortement « cheap » et peu audacieux. Deux critères qui collent pourtant assez mal à la ville-lumière.
Les Jeux olympiques semblent bien décidés à nous enlever même ce petit plaisir taquin. Non pas qu’on ait soudainement envie de se baigner dans la Seine, malgré tous les efforts d’Anne Hidalgo pour nous convaincre. Mais même sans faire de trempette fluviale, la place choisie pour le beach-volley suffit à foutre une claque au monde entier. Et, admettons-le, à ringardiser un peu notre belle Méditerranée.
« Le plus beau terrain de beach du monde »
Le terrain avec vue imprenable sur la Tour Eiffel restera l’une des images fortes de ces Jeux et offre une vue à couper le souffle, pour les athlètes comme le public. Laura Ruellan, joueuse luxembourgeoise, en perd ses tacles contre le voisin français : « c’est le plus beau terrain de Beach au monde, avec Gstaad », autre écrin improbable en Suisse avec vue sur cette fois sur les montagnes. Pour elle, c’est certain : entre jouer sur une « vraie » plage, où ici, il n’y a pas photo. Paris, les yeux fermés, et au diable l’azur infini de la mer.
Le public, lui, n’en revient pas : « honnêtement, je m’en fiche un peu du beach-volley, reconnaît Hugo, originaire de Nice. Je suis juste venu pour le lieu. » Mieux que la Côte d’Azur ? Silence. Puis balle bottée en touche : « ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut plus trop vanner les Parisiens sur leur été, au moins pour cette année. » La trêve olympique même entre le Sud et la capitale. « On peut être fiers de nos Jeux ! », s’autocongratule Léo, habitant du 11e arrondissement, et qui était à l’escrime hier, autre spot incroyable au Grand Palais.
« Paris-Plages, personne ne rêve d’y aller, alors que là »
Aussi conquis soit-il, Léo reste un Parisien et se doit donc de compenser tout émerveillement par un côté grincheux avide de toujours plus : « vu ce que Paris est capable de faire pour les Jeux et de montrer au monde, c’est dommage qu’on ne fasse pas autant le reste du temps au niveau des aménagements ambitieux. » Il liste pêle-mêle les nouvelles pistes cyclables, déjà trop étroites, la piétonnisation des quais avec encore du bitume partout et donc ce fameux Paris-Plages. « Personne ne rêve d’y aller, on ne va pas se mentir, reconnaît-il. Alors que là, ce terrain de beach choque la terre entière. »
Edith Fagnoni, géographe urbaine et professeure des universités, a longuement étudié l’installation estivale. Coté « in », elle y voit une réappropriation et une réinvention urbaine, « un évènement bien orchestré ». Côté « mouaiiiiis », elle se questionne tout de même sur la caricature d’un Paris-Plages, qui sous couvert d’amener le sable à ceux qui n’ont pas les moyens de connaître la mer, « ne leur offre qu’un rêve au rabais ».
« Un nouveau marqueur » pour le réaménagement urbain
De rabais, il n’est certainement pas question pour le beach au Trocadéro. « Les installations de ces Jeux olympiques vont être un nouveau marqueur et un nouveau standard de ce qu’est un aménagement événementiel dans l’urbain », soutient l’experte. De là à changer Paris-Plages… « Sauf surprise, le stade du Champs-de-Mars n’est pas amené à se répéter au fil des ans, là où Paris-Plage revient. Peut-être que ces Jeux ont montré qu’on pouvait mieux adapter l’espace urbain, mais c’est quand même dans un critère bien précis, bien que de la plage, c’est du sport, de l’olympisme, de la monumentalité… »
En attendant de devenir peut-être bigger-stronger-faster grâce à l’effet Jeux, Paris-Plages les subit plus qu’autre chose. A cause de la cérémonie d’ouverture, les cocotiers et transats ont exceptionnellement renoncé aux quais de Seine pour se contenter de Pantin. Et effectivement, la comparaison tape un peu avec le beach sous la Tour Eiffel. Visez plutôt :
Ha, c’est sûr, ça claque moins. Reste que pour certains, comme Bader en train de se prélasser, la promesse a au moins le mérite d’être essayé à Pantin : « le but de cette opération, c’était de rendre l’été accessible à ceux qui ne pouvaient pas y aller. Plus de 50 euros la place pour voir du ballon-plage, ce n’est pas franchement populaire. »



















