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Equipe de France : Avec neuf attaquants, Deschamps prépare-t-il du football champagne pour son dernier Mondial ?
coupe du monde 2026•Didier Deschamps a sélectionné neuf attaquants pour la Coupe du monde 2026. Un symbole de puissance offensive, et d’intentions inédites de la part du sélectionneur ?William Pereira
L'essentiel
- Didier Deschamps a dévoilé jeudi sa liste de 26 joueurs appelés en équipe de France pour la Coupe du monde 2026 aux Etats-Unis, Mexique et Canada.
- Le sélectionneur français a appelé neuf attaquants : Akliouche, Barcola, Cherki, Dembélé, Doué, Mateta, Mbappé, Olise et Thuram
- Un nombre d’attaquants inédit à corréler avec une liste plus étoffée (26 joueurs) mais aussi avec une puissance de frappe offensive enthousiasmante. Cela se traduira-t-il par du beau jeu à la Coupe du monde ?
Au cas où on ne l’aurait pas assez dit, environ mille fois au doigt mouillé, Didier Deschamps participera cet été à sa dernière Coupe du monde en tant que sélectionneur de l’équipe de France. « Une émotion particulière », reconnaissait-il jeudi soir, au moment de l’annonce de sa liste de 26 joueurs pour le Mondial 2026.
Une double-occasion, aussi. D’abord, de remporter une seconde Coupe du monde avec l’équipe de France, après celle remportée le 15 juillet 2018 à Moscou, « un soir ou la pluie ne mouillait pas », pour reprendre la formule poétique du sélectionneur. Ensuite, de se débarrasser de l’image de l’entraîneur trop pragmatique, pour ne pas dire trop frileux qui lui colle à la peau depuis que l’équipe de France a des problèmes de riches – la sortie récente du documentaire sur Knysna 2010 nous rappelle que ce ne fut pas toujours le cas.
Deschamps veut « créer des problèmes aux adversaires »
Charge à l’histoire de délivrer son verdict, mais avec une liste composée de neuf attaquants (Akliouche, Barcola, Cherki, Dembélé, Doué, Mateta, Mbappé, Olise, Thuram) Didier Deschamps s’ouvre la voie pour faire de ces Bleus une équipe spectaculaire. Un cap déjà bien établi contre le Brésil et surtout la Colombie au mois de mars dernier, que Didier Deschamps a pudiquement refusé d’assumer à 100 % en conférence de presse, parce qu’il reste Didier Deschamps et que c’est comme ça. Et puis, il s’agit de brouiller les pistes pour les futurs opposants, aussi.
« L’objectif numéro un est de créer des problèmes à l’adversaire, esquive Deschamps. Sur les moments de non-possession il faudra être solides. Je ne vais pas me dire qu’on va tous à l’attaque et qu’on ne défend pas. Quand on n’aura pas le ballon, même si je préfère qu’on ait le ballon, parce qu’on a cette capacité aujourd’hui, il faudra être solides. »
Ça tombe bien, on ne voit quel autre qualificatif que « solide » pourrait accompagner le milieu de terrain « Smecta » concocté par le sélectionneur des Bleus pour servir de contrepoids à la brochette d’artistes qui servira d’attaque à l’équipe de France.
Petite revue rapide du casting : Ousmane Dembélé est Ballon d’Or et ses dernières sorties accréditent la thèse d’un pic de forme orienté sur la fin de la saison. « Dans la dernière ligne droite il est là », DD s’en frotte déjà les mains, même s’il doit résoudre la question de son influence au sein de l’attaque français. Kylian Mbappé n’est jamais aussi dangereux que pendant une Coupe du monde. Michael Olise et Rayan Cherki sont les réincarnations footballistiques de Mozart et Michel-Ange. Désiré Doué a une marge de progression infinie. Bradley Barcola pourrait être en excès de vitesse à pied sur le périph. On s’arrête là, vous avez compris l’idée : on n’aimerait pas être à la place des défenses adverses.
Liberté et permutations, l’exemple d’Olise et Dembélé
Reste à savoir comment tout ça s’organisera. Deschamps rappelle à toutes fins utiles que « parmi les neuf attaquants, il y a des milieux offensifs » et a laissé entendre à plusieurs reprises que les positions sur la feuille de match n’étaient données qu’à titre indicatif. Certes, il n’est pas le plus grand ferru de tactique, mais on sait aussi que DD aime s’inspirer des dernières évolutions du football. Quand les pistons sont redevenus cools, il a essayé de les transposer à son équipe.
Avec le matos à disposition, on l’imagine bien s’essayer à un système offensif amovible, avec de la permutation et du chaos, façon PSG ou Bayern, toutes proportions gardées. « C’est important que les joueurs offensifs aient de la liberté », a-t-il déclaré, avec, comme exemple, la question de la permutation entre Ousmane Dembélé et Michael Olise, qui partagent la même zone préférentielle sur le couloir droit.
« Il y a une position de départ. Cette alternance qu’on a vue contre le Brésil permet d’être moins prévisible pour l’adversaire. Je ne veux pas d’un truc fixe. L’intelligence, au-delà de la qualité foot, c’est de pouvoir surprendre l’adversaire. Ça demande de la coordination. »
Chacun fera ce qu’il veut de ces indices, il n’empêche que la balance a rarement penché autant en faveur du football champagne pour les Bleus dans une grande compétition. On a du mal à croire que l’immonde Euro 2024 ait pu avoir lieu il y a seulement deux ans au vu du degré de transfiguration de cette équipe. Mais attention, à la moindre contre-performance, Didier Deschamps n’hésitera pas à revenir aux fondamentaux. Avec des éléments offensifs comme Mateta et Thuram, il garde sous le coude de jouer un football plus rugueux. « Les résultats, c’est la chose la plus importante. » Chassez le naturel…



















