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JO 2024 Basket 3x3 : On a suivi le match des Bleus depuis la fan zone improvisée le long de l’Arena de la Concorde
LEBRON, le Déluge et JOHNNY•Si les équipes de France féminine et masculine de basket 3x3 ont perdu leur match de poule jeudi soir, l’ambiance s’est révélée détonante au parc urbain de la Concorde, malgré le déluge ayant interrompu France-Serbie chez les hommes (16-19)Jérémy Laugier
L'essentiel
- Les équipes de France féminine et masculine de basket 3x3 ont perdu leur match de poule jeudi soir, respectivement contre le Canada (9-13) et la Serbie (16-19).
- Ces deux défaites n’ont pas empêché les supporteurs des Bleus de s’éclater dans le parc urbain de la Concorde, à la fois dans l’Arena… et juste à côté.
- Une surprenante fan zone s'est en effet mise en place le long du côté sans tribune, où les détenteurs d'un billet, pour se balader dans le parc urbain, switchaient entre écran géant et bouts de terrain visibles, jusqu'à un sacré déluge à Paris en fin de soirée.
A l’Arena de la Concorde (enfin juste à côté, et sous le déluge),
Se surprendre à fredonner Que je t’aime et Allumez le feu, au milieu d’une centaine de personnes s’étant ruées sous un chapiteau de fortune, le tout pour se protéger du déluge dans le parc urbain de la Concorde. Il était 23h05 jeudi lorsque notre soirée olympique a pris une tournure inattendue. Mais comment en est-on arrivé là, alors qu’en débarquant 1h30 plus tôt dans les travées de cette superbe Arena de 5.800 places, on se trouvait à moins de 10 mètres de LeBron James, venu assister au match de basket 3x3 féminin entre Team USA et l’Espagne (17-11).
C'est simple, nous avons été surpris de découvrir qu’au niveau du côté laissé ouvert dans la longueur du terrain (comprendre sans tribune), une grosse centaine de personnes s’étaient entassées et commençaient à donner de la voix. A la vue du programme ensuite, avec nos deux équipes de France à l’honneur à partir de 22 heures, ça sentait bon l’ambiance de feu improbable comme on en repère tant depuis le début de ces JO de Paris 2024. Let’s go vers cette étrange formule mi-fan zone, mi-main courante, où seuls les premiers rangs / les spectateurs de plus de 1,90 m ont réellement un champ de vision sympa sur le terrain.
Des Canadiens sont de la partie
Pour les autres, il faut lever la tête pour suivre ce France-Canada au féminin sur l’écran géant de l’Arena. « OK, c’est un peu frustrant de ne pas totalement être dedans, mais on vit quand même bien l’ambiance, apprécie Valérie, une Parisienne venue avec ses deux filles. Et puis pour nous qui n’avons pas obtenu de place pour le moindre événement des Jeux, c’est génial d'enfin réaliser que oui, nous accueillons le monde en ce moment. »
Valérie n’a d’ailleurs qu’à tourner la tête pour assister aux encouragements bien appuyés d’un groupe de Canadiens. Ceux-ci se révèlent être des amis de la joueuse canadienne Kacie Bosch, en train de jouer un mauvais tour aux Bleues. « On a bien compris qu’on était les seuls ici à ne pas soutenir l’équipe de France, sourit Lauren. Il faut l’avouer : ça nous amuse de fêter comme il se doit chaque panier. » Et surtout la victoire finale contre le pays hôte (9-13), dans la phase de poules du tournoi 3x3.
« On n’est pas les uns sur les autres »
Mais au fait, comment tout ce beau monde a-t-il pu s'introduire dans le fascinant parc urbain de la Concorde et (quasi) assister à ces matchs sans avoir de tickets pour cette épreuve des Jeux ? Le Comité d’organisation des JO (Cojo) (re)vend en fait chaque jour des billets à 24 euros permettant de profiter du spot à sa guise durant toute la journée, avec potentiel bonus de décollage de la vasque olympique à la tombée de la nuit. Manque de bol, ça n’a pas été le cas jeudi en raison de l’orage planant sur Paris.
« On ne s’attendait pas à pouvoir autant approcher une rencontre sportive que ça, savourent Appoline et Laurent, venus des Hauts-de-Seine. C’est stylé : on a pu assister à une démonstration de skate paralympique et à des ateliers de basket. Et surtout, on n’est pas les uns sur les autres et on a l'occasion unique dans une vie d'être au pied de l’obélisque, sans avoir des centaines de voitures autour. » Ce n’est pas tout ça, mais les basketteurs tricolores entrent en scène contre la redoutable Serbie à 22h35.
« Les interruptions de match arrivent régulièrement »
A coups de « Allez les Bleus, tes supporters sont là », tout le public se prend au jeu, y compris donc nos visiteurs du parc urbain. L’ambiance grande fiesta d’été tout public, avec plusieurs enfants de la partie, est alors chamboulée par un spectaculaire début d’orage. Le déluge qui suit est tellement costaud que le match est arrêté peu avant 23 heures, à 10-13 en faveur des Serbes, avec encore 2'25'' à disputer.
Ambiance Roland-Garros avec des bâches vite installées sur le terrain pour se donner une chance de reprendre le jeu. « Comme le plus souvent, il n’y a pas de toit protégeant les terrains, les interruptions de match arrivent régulièrement dans le basket 3x3, nous éclaire l’ailier des Bleus Lucas Dussoulier. Il arrive même qu’on reporte un match au lendemain en cas de très grosse averse. »
« On est complètement dans le stade, là »
Les scènes cocasses s’enchaînent alors, avec l’intégralité des spectateurs qui fuient à toute vitesse les tribunes non protégées pour chercher un abri. C’est là que notre chapiteau salvateur intervient, emballé par le lancement du karaoké de Johnny Hallyday par l’animateur de cette Arena de la Concorde. Après avoir été privés de basket pendant une petite demi-heure, les 3/4 des supporters ont tenu à revenir assister à un money-time mieux négocié par la Serbie (16-19).
Quant à notre fan zone, elle s’est tellement vidée avec le déluge que le bon plan des détenteurs du simple accès au parc urbain est encore plus validé. « Wow, on voit le panier à présent les gars, on est complètement dans le stade, là, s’enthousiasme Guillaume avec ses potes. Mais au fait, vous ne pourriez pas faire un article sur le joueur français à la coupe mulet ? » On y songera, Guillaume, ou pas.
En attendant, Lucas Dussoulier se penche sur l’apport de ce public qui semble vraiment intégré à l'Arena, comme le souhaite le Cojo au moment de laisser un accès au terrain ainsi ouvert. « On se rend compte qu’il y a du monde en dehors de l’arène, note le joueur de Nanterre. On a une chance inouïe de vivre ça et on veut en profiter au maximum. » Souhaitons-lui pour cela de maîtriser ses classiques de Johnny pour viser la symbiose avec ces supporters (là aussi) dans le ton des Jeux.


















