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Dans quel monde un léger sud-coréen « pense pouvoir gagner » contre Riner ?

JO 2024 Judo : « J’ai pensé que je pourrais gagner »… Dans quel monde un léger sud-coréen défie Teddy Riner ?

FOLIE DOUCEHabitué de la catégorie des – 81 kg, le Sud-Coréen Lee Joon-hwan a défié à la surprise générale Teddy Riner (140 kg), lors du quart de finale de l’épreuve par équipes mixte, ce samedi durant les JO de Paris 2024
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Comme à Tokyo en 2021, l’équipe de France de judo est devenue championne olympique par équipes mixte, ce samedi à l’Arena Champ-de-Mars.
  • Bien avant de remporter une finale épique contre le Japon (4-3), les Bleus s’étaient défaits d’une sélection sud-coréenne perçue comme menaçante en quart de finale (4-1).
  • Cette confrontation a été marquée par un combat pour le moins insolite entre Teddy Riner (2,04 m, 140 kg) et le jeune Lee Joon-Hwan (1,76 m, -81 kg).

À l’Arena Champ-de-Mars,

Le président de la Fédération française de judo Stéphane Nomis avait prévu vendredi, en pleine euphorie post-sacre de Teddy Riner aux JO de Paris 2024 : « Attention, le tirage au sort nous fait vite rencontrer la Corée du Sud, donc Teddy va refaire son combat de la finale à 90 % et ça va être chaud ». Si le quart de finale de l’épreuve par équipes mixte entre l’équipe de France et la Corée du Sud a bien eu lieu comme prévu, ce samedi, les Bleus ont découvert une surprise « de taille », une demi-heure avant le début de leur confrontation.

Teddy Riner n’allait pas avoir face à lui le champion du monde en titre des + 100 kg, et donc désormais vice-champion olympique Kim Min-jong, mais un certain Lee Joon-Hwan, totalement inconnu chez les lourds. Et pour cause, celui-ci a été médaille de bronze à Paris dans la catégorie des – 81 kg avant de défier, à 22 ans, le triple champion olympique, alors qu’il y a… 38 cm et 62 kg d’écart entre eux !

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« On a vu Teddy sur ce petit garçon »

« On n’a pas capté la stratégie de la Corée du Sud sur le coup, évoque Shirine Boukli, coéquipière de Teddy Riner chez les Bleus, et donc titrée en soirée après une immense finale face au Japon (4-3). Peut-être pensaient-ils qu’en mettant un judoka plus léger, que Teddy ne connaissait pas, ça allait créer la surprise. Et sur un malentendu… »

Même son de cloche du côté d’un autre judoka tricolore présent ce samedi à l’Arena Champ-de-Mars, Walide Khyar : « On était étonné. Comme Teddy avait trouvé la solution sur le lourd hier, ils ont tenté ce coup de poker. Peut-être que ce gars avait déjà fait tomber des lourds à l’entraînement et qu’il pouvait lui accrocher la jambe. Mais bon, c’est Teddy Riner… »

Et le Guadeloupéen de 35 ans n’a pas semblé troublé par ce choix qui a amusé spectateurs et internautes durant toute la journée. Sa victoire expéditive, avec un ippon après 1'34'', n’a jamais fait l’ombre d’un doute. « On a vu Teddy sur ce petit garçon qui essaie de se battre, sourit Shirine Boukli. J’en ai un peu rigolé à un moment parce que Teddy le plie et le soulève. »

« Il fallait être vigilant »

Du côté de l’entraîneur des Bleus Baptiste Leroy, il n’y a pas eu de rires, mais beaucoup d’incompréhension : « Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça, d’autant qu’à part le Japon, c’était l’équipe la plus dangereuse pour nous. Comme ils ont choisi un léger, Teddy ne le connaissait pas. Je lui ai donc dit qu’il allait prendre un droitier, léger, qui chercherait à lui accrocher une jambe pour qu’il tombe d’un coup. Il fallait être vigilant. »

On pouvait compter sur notre colosse de 2,04 m et 140 kg pour faire le job avec sérieux, et contribuer à la qualification finalement assez facile des Bleus pour le dernier carré (4-1). Autant vous dire qu’on était curieux d’en savoir plus sur cette stratégie, en voyant que Kim Min-jong avait bien disputé (et remporté) ses deux combats suivants contre l’Ouzbékistan et l’Allemagne, synonymes de médaille de bronze par équipe pour la Corée du Sud.

« Teddy n’est pas humain ! »

Au sein du staff sud-coréen, guère familier avec la langue anglaise, on nous a fait comprendre que le phénoménal ippon de Teddy Riner vendredi avait causé « une maladie au genou droit » de Kim Min-jong. Comprendre une petite blessure donc, qu’il valait visiblement mieux éviter d’aggraver face à notre mastodonte.

Le numéro un mondial, guère bavard, boitait effectivement dans la zone d’interview samedi soir. Quant à Lee Joon-Hwan, que nous avons pu interviewer grâce à l’aide d’un confrère sud-coréen jouant les traducteurs, celui-ci assure qu’il pensait le coup jouable.

« Honnêtement, quand l’entraîneur a fait appel à moi, j’ai pensé que je pourrais gagner en me déplaçant rapidement. Mais Teddy n’est pas humain ! Quand j’ai essayé de le projeter au sol, j’ai cru que j’allais me casser le dos. J’ai en tout cas été honoré de pouvoir l’affronter lors de Jeux olympiques en France ». Le « privilège » d’une vie pour un – 81 kg, n’ayons pas peur des mots.