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HandballLes petites nations prêtes à prendre des piquettes aux Mondiaux de hand

Mondial de hand : Groenland, Chili, Kazakhstan… Quel intérêt pour les petites équipes de venir prendre des piquettes ?

HandballLes championnats du monde de handball s’ouvrent ce mercredi, avec notamment la rencontre entre la Norvège, tenante du titre, et le Groenland, l’une des nombreuses petites nations présentes à ce rendez-vous
Le Groenland s'est qualifié pour les Mondiaux.
Le Groenland s'est qualifié pour les Mondiaux. - Instagram Ivalu Bjerge / Instagram
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Comme en 2021, les championnats du monde de handball accueillent 32 équipes, dont certaines comme le Groenland ou le Kazakhstan.
  • Des équipes avec un niveau plutôt faible, qui ne feront pas le poids, mais leur présence est indispensable pour le développement du hand dans le monde.
  • « Si tu veux que tout le monde se mette au hand, tu dois jouer avec les meilleurs », estime Carsten Olsen, président de la fédération groenlandaise.

Vous avez aimé la Coupe du monde de rugby et ses scores fleuves ? Ah la Roumanie qui se prend un petit 84-0, oh la Namibie qui mange un 96-0, oula l’Uruguay qui se fait fesser 73-0… Et bien, vous aimerez, aussi, sinon plus, les championnats du monde de handball qui commencent ce mercredi. Et, dès ce soir, on pourrait assister à une première grosse déculottée, avec la Norvège, qui évolue à domicile et qui fait office de favori, face au Groenland. Oui, vous avez bien lu, le Groenland, qui revient aux Mondiaux après plus de vingt ans d’absence.

Alors, on sera sûrement loin du 79-0 encaissé par les Maldives face au Japon lors des Jeux asiatiques en 2014, mais l’écart devrait être tout de même immense. « C’est un énorme rêve d’affronter la Norvège, même si c’est la meilleure équipe du monde et que ça sera vraiment un match super difficile, nous explique Ivalu Bjerge, internationale groenlandaise. J’ai regardé tellement de fois cette équipe, ça sera une super expérience. »

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Un Mondial à 32 pour plus de rayonnement

Les Groenlandaises ne se font pas trop d’illusions, et leur principal objectif, durant ce Mondial, est de « se battre et rendre fier le pays », dixit Bjerge. Même chose, sûrement, pour la majorité des équipes issues du chapeau 4, comme l’Iran, le Chili ou le Kazakhstan, qui ne feront pas le poids. Ces nations doivent leur présence à ces Mondiaux, en partie, à l’extension du nombre de participants (32). Une mesure prise, déjà, lors de la précédente édition, il y a deux ans.

Mais, comme lors de la Coupe du monde de rugby, voir autant de disparités entre les nations ne dessert-il pas le handball ? « Je comprends, d’un côté, que certaines nations trouvent cela ennuyant de jouer contre des “petites” équipes, analyse Carsten Olsen, président de la Fédération groenlandaise de handball. Mais, il faut aussi comprendre que, pour que le hand devienne un sport mondial, il faut que ces nations-là participent à des gros événements. Des pays comme les Etats-Unis ou le Canada [éliminé par le Groenland] ne sont même pas là. Ces Mondiaux, c’est un moyen de faire connaître le sport, qui reste très petit à l’échelle de la planète. »

Nécessaire pour rester aux JO

Derrière cette volonté d’ouvrir aux plus « petits » ces championnats du monde, il y a aussi une stratégie assumée de la part de la Fédération internationale (IHF) pour que le handball reste un sport olympique. Car oui, si une discipline est, schématisons, uniquement pratiquée par vous et votre voisin, difficile que le CIO s’intéresse à vous. Et vu la volonté du Comité d’organisation de mettre en avant les sports « funs » et « jeunes », le handball, et son cercle fermé de pays pratiquants, pourrait s’inquiéter à terme.

« Il faut réussir à aller chercher des équipes en Asie, en Afrique, en Amérique, pour pouvoir développer notre sport, concède Pablo Morel, le coach de Brest. C’est un peu stratégique/politique pour rester dans les sports olympiques, mais c’est nécessaire d’en passer par là. » Et voilà, donc, comment quatre pays asiatiques (Chine, Corée du Sud, Japon, Kazakhstan), quatre pays africains (Cameroun, Sénégal, Congo, Angola) et quatre pays sud-américains (Brésil, Argentine, Paraguay, Chili) se retrouvent à ces Mondiaux.

Un problème de structure ?

« Le premier tour peut être ennuyant pour certains amateurs car l’hétérogénéité est vraiment surmultipliée, concède Yacine Messaoudi, le sélectionneur du Sénégal. Après, ce n’est pas au même niveau que la Coupe du monde de rugby, où la phase de poule a duré longtemps. » Là, en une petite semaine, dans une sorte d’apéritif, tous les matchs de la première phase auront été liquidés, et les trois premiers (sur quatre) de chaque groupe seront qualifiés pour le tour principal. Ennuyeux, un peu.

« Il y a peut-être un problème de structure, et qu’il faudrait un Mondial A, B et C, je ne sais pas, s’interroge Carsten Olsen. Mais, en tout cas, si tu veux que tout le monde se mette au hand, tu dois jouer avec les meilleurs. » Mais se prendre des trempes pendant trois matchs donne-t-il vraiment envie à des gamins de se mettre à un sport ? Les Pays-Bas ou le Brésil sont parties de très bas, il y a quelques années, et figurent parmi les nations qui comptent dans le handball féminin, aujourd’hui. Même chose pour l’équipe de France qui, dans les années 1990 évoluait encore en Mondial B avant de tout gagner, ou presque, dix ans plus tard.

Une vraie répercussion ?

Plus récemment, d’autres nations parties de loin commencent à se prendre au jeu. « Le Japon [qui a organisé les Mondiaux en 2019] vient de battre l’Espagne et a fait une très belle préparation, rappelle Pablo Morel. L’Angola [qui est dans le groupe de l’équipe de France] a toujours essayé de se hisser vers le très haut niveau. Et puis il y a des nations qui ont de très belles générations, qui sont des nations de hand, mais masculin, comme l’Allemagne, qui se développe de plus en plus. »

« Je suis convaincu que ça peut avoir une répercussion au Sénégal, conclut Yacine Messaoudi. Ici, ils n’appellent pas ça les championnats du monde, ils disent participer à la Coupe du monde et, médiatiquement, participer à une compétition internationale hors d’Afrique, ça permet une visibilité et une notoriété, et une phase de développement intéressante. Il y a un vivier qui commence à se développer dans le hand. » Il ne faudra pas voir flou quand les Sénégalaises seront championnes olympiques en 2028. En battant le Groenland en finale.

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