OL - Celta Vigo : Comment « récupérer mentalement » les Lyonnais, qui viennent de flinguer leur saison en deux semaines ?
Effondrement express•Eliminé jeudi dès les 8es de finale de la Ligue Europa, au terme d'un match très pauvre contre le Celta Vigo (0-2), l'OL vient de ruiner ses chances de premier titre depuis quatorze ans. Cette équipe peut-elle se relever pour retrouver la C1 ?Jérémy Laugier
L'essentiel
- Parmi les prétendants à la victoire finale, après avoir fini en tête de la première phase, l'Olympique Lyonnais a été éliminé dès les 8es de finale de la Ligue Europa, jeudi soir contre le Celta Vigo (0-2, 1-1 à l'aller).
- Après avoir enchaîné 13 succès de mi-décembre à mi-février, la bande à Paulo Fonseca vient de subir en un mois 7 matchs sans victoire (4 défaites et 3 nuls).
- Actuellement 4e en Ligue 1, et récemment éliminé aussi de la Coupe de France, l'OL va devoir se remobiliser pour tenter d'accrocher la 3e place du championnat, synonyme de qualification directe en Ligue des champions.
Au Parc OL,
Ça ne doit pas être fréquent d’avoir 68 % de possession de balle et 19 tirs à 5 sur une manche aller de Coupe d’Europe à l’extérieur, avant de pointer à 35 % et 4 tirs à 14 au retour dans son stade. Mais cet OL 2025-2026 est décidément capable de tout, à l’image de son enchaînement dingo, de 13 victoires de rang (de mi-décembre à mi-février) à une série dans la foulée de 7 matchs sans succès (4 défaites et 3 nuls) dont Paulo Fonseca ne voit pas le bout.
Euphoriques et légitimement en quête d’un premier titre depuis 2012, entre la Coupe de France (plateau des quarts sans le PSG) et la Ligue Europa (leaders de la première phase et sans aucun Top 4 d’un championnat majeur dans leur partie de tableau), les Lyonnais ont tout perdu en deux semaines. Y compris un petit matelas de 5 points d’avance sur l’OM pour la qualification directe en Ligue des champions (pour le 3e de Ligue 1).
« Impossible de presser à 10 », vraiment ?
Mais comment, après l’élimination aux tirs au but contre Lens, lors des quarts de finale de la Coupe de France (2-2, 4-5 le 5 mars), l’OL a-t-il pu passer à ce point au travers d’un autre match couperet à l’enjeu XXL disputé à la maison, jeudi face au Celta Vigo (0-2, 1-1 à l’aller) ? Car même si Clinton Mata s’en est défendu après coup, l’OL était d’emblée pressé/étouffé/piégé par l’actuel 6e de Liga, bien avant l’expulsion de Moussa Niakhaté dès la 19e minute de jeu.
D’un 4-3-2 jusqu'à la mi-temps à un 5-3-1 à la reprise, avec un Endrick esseulé et fantomatique devant, Paulo Fonseca a semblé être impuissant sur son banc, comme tout l’OL. Contre un adversaire apparu archi-prenable une semaine plus tôt, on était donc proche du néant dans la proposition collective, ce qui n'est pas une fatalité pour toutes les équipes réduites à 10. « C’est vraiment difficile de jouer aussi longtemps en infériorité numérique, surtout contre une équipe avec la qualité du Celta Vigo, insistait l’entraîneur lyonnais jeudi soir. C’était impossible, à 10, de presser haut contre une équipe comme ça. »
Clinton Mata veut « assumer »
OK, donc il était totalement impossible de proposer la moindre adversité crédible à partir de la semelle de Niakhaté, même si le retour d’Afonso Moreira (plus que ceux de Pavel Sulc et de Malick Fofana) a permis 2-3 étincelles ? Comme son coach, Clinton Mata semble aller dans ce sens : « On voulait déstabiliser cet adversaire mais on a joué pratiquement tout le match à dix ».
Aucun regret donc a priori au vu du scénario, même si cette posture choisie n’empêchait pas Corentin Tolisso de batailler pour contenir ses larmes au coup de sifflet final. Quelle suite pour ce groupe, miraculé en Ligue 1 l’été dernier, puis auteur d’une entame de saison et d’un début d’hiver bluffants, qui ont suscité espoirs et rêves de trophées chez les supporteurs. En vain ?
« On doit assumer et prendre nos responsabilités, lance Clinton Mata. On ne va pas lâcher aujourd’hui, il faut remettre l’énergie qu’on avait dans notre série de 13 victoires. On a encore un objectif : terminer dans le Top 3. » Son coéquipier Orel Mangala est sur la même ligne : « On doit se relever, on a un match à aller chercher dimanche [à 15 heures contre Monaco, entre le 4e et le 6e de L1] et c’est sur ça qu’on doit se concentrer ».
Après Old Trafford, le derby avait piqué en 2025
Paulo Fonseca est bien placé pour connaître les conséquences d’une telle désillusion européenne : « Je ne peux pas oublier qu’après Manchester United [de 2-4 pour l’OL à 5-4 à Old Trafford en avril 2025], ça avait été difficile de jouer à Saint-Etienne (2-1). Là, nous avons la même situation, avec en face une équipe plus forte, Monaco ».
Notre dossier sur l'OLAu vu de la série noire lyonnaise, qui tranche avec les 6 succès de rang de l’ASM en Ligue 1, la mission semble extrêmement corsée, et ce même si l’infirmerie se vide enfin peu à peu. « La priorité est de récupérer mentalement les joueurs, note Paulo Fonseca. Ce moment est frustrant parce que nous avons cru que nous pourrions aller loin dans ces compétitions. Nous devons réagir. » Et si possible cette fois sans dinguerie de sa part, comme sur la séquence d’« Akouokougate » contre Man U et l’ASSE.



















