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L’OL vient-il de vivre la semaine la plus « douloureuse » de son histoire ?

ASSE - OL : Lyon vient-il de vivre la semaine la plus « douloureuse » de son histoire ?

Derby FatalDu finish désastreux et cruel à Old Trafford jeudi jusqu’à une défaite inattendue dans le derby dimanche (2-1), l’OL vient de vivre un calvaire marqué par une grosse polémique arbitrale et la blessure de son joueur le plus régulier Corentin Tolisso
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’Olympique Lyonnais a vécu une semaine cauchemardesque avec une élimination en Ligue Europa contre Manchester United (5-4) jeudi et une défaite en Ligue 1 dans le derby à Saint-Etienne (2-1) dimanche.
  • A l’image d’un Paulo Fonseca subitement moins inspiré dans ses choix tactiques, l’OL a perdu le fil depuis la fin de match à l’envers à Old Trafford.
  • Le pire dans tout ça pour les supporteurs lyonnais ? Leur défaite dans le derby pourrait clairement relancer l’ASSE dans la course au maintien, puisque les Verts partagent à présent la place de barragistes avec les Havrais.

Au stade Geoffroy-Guichard,

On croyait l’OL être devenu un véritable rouleau compresseur avec Paulo Fonseca en 2025. Une série de 9 succès sur ses 12 derniers matchs, une démonstration sans trembler, le 13 avril à Auxerre (1-3), et les supporteurs lyonnais se prenaient à rêver d’un printemps magique. Et puis c’est là, face aux deux matchs les plus attendus de la saison, que les coéquipiers d’Alexandre Lacazette ont réussi deux exploits. A savoir offrir aux fans de Manchester United (un des pires millésimes de son histoire avec cette 14e place en Premier League) et de l’AS Saint-Etienne (17e en Ligue 1, aucun succès à domicile depuis le 4 janvier !) une giga émotion à laquelle ils ne pensaient plus goûter cette saison.

Au vu de l’importance démente qu’accorde chaque Lyonnais au derby, il n’est même pas certain que les sept minutes de fin de prolong cauchemardesques à Old Trafford (de 2-4 à 5-4) soient plus traumatisantes que le doublé dimanche du si souriant Belge des Verts Lucas Stassin (2-1), qui plus est ultra-miraculé par François Letexier et le VAR après sa semelle sur Corentin Tolisso. En vrai, il faudra s’accrocher pour trouver une semaine plus cauchemardesque dans toute l’histoire de l’OL que celle qui vient de s’achever, entre larmes, frustrations arbitrales et stades adverses en fusion au coup de sifflet final.

Une défaite en Coupe contre l’OM reste sous un derby

Allez, tentons notre chance : la « Y avait penalty sur Nilmar » week en avril 2005 ? Pas mal du tout, puisque quatre jours après la cruelle élimination aux tirs au but en quart de finale de la Ligue des champions à Eindhoven (Top 5 des traumatismes du club ever), l’OL s’était incliné sans gloire contre le PSG de Danijel Ljuboja (0-1). Sauf que cette année-là, le Grand Lyon était évidemment en pleine dynastie, quasiment déjà assuré de remporter son quatrième titre de champion de rang.

Et l’année suivante avec ce money-time (déjà) mal géré contre l’AC Milan, en quart de finale de C1 à San Siro, nous direz-vous ? Très correct ma foi avec une élimination (1-2) à domicile en quart de Coupe de France face à l’OM (coucou Toifilou Maoulida et Mamadou Niang), une semaine plus tard. Mais entre ces deux déceptions, il y a quand même une victoire tranquillou en Ligue 1 contre Nice (2-1), et donc un cinquième sacre national de rang à la clé. Et puis c’est simple, à cette époque « juninhesque », l’OL ne lâchait strictement aucun derby en route, donc les supporteurs n’avaient pas à subir le choc émotionnel +++ de dimanche.

« On arrivait à ressortir le ballon, et puis plus rien »

Par acquit de conscience, on a pu noter que l’équipe 2009-2010 de Claude Puel avait rebondi en championnat à Montpellier (0-1) après la claque de la demi-finale retour de C1 contre le Bayern Munich (0-3). Quant à la terrible élimination en demi-finale de Ligue Europa 2017 contre l’Ajax (remontada quasi réussie, de 1-4 à 3-1) avec Bruno Genesio, elle était entourée de deux succès probants en Ligue 1. Allez, amis lyonnais, actons donc officiellement que vous n’avez jamais été aussi déprimés qu’en ce week-end de Pâques.

Rémy Descamps a connu sa troisième titularisation de la saison, dimanche lors du derby à Saint-Etienne.
Rémy Descamps a connu sa troisième titularisation de la saison, dimanche lors du derby à Saint-Etienne.  - J.-P. Ksiazek / AFP

Seul joueur ayant accepté de se présenter devant les médias dimanche à Sainté, Rémy Descamps résume : « C’est quand même assez honteux ce qu’on a fait en première période ce soir. Je nous ai trouvés vraiment loin les uns des autres. On arrivait à ressortir le ballon sur les 30 premiers mètres, et puis plus rien »… Le constat pique, surtout face à une équipe ayant encaissé 67 buts en 29 matchs de Ligue 1 avant ce derby.

Mais au fait, dans quelle mesure est-ce le cataclysme du finish à Old Trafford qui a initié ce premier derby perdu depuis six ans ? « On a eu un match émotionnellement compliqué pour tout le monde à Manchester, reconnaît l’habituel remplaçant de Lucas Perri, exceptionnellement titulaire dans le Chaudron. Mais ce n’est pas ça qui nous a fait perdre ce soir. On était passés à autre chose et on était prêts à jouer ce derby. Mais sur cette première période, on n’était pas dedans et on va devoir relever la tête pour aller chercher la Ligue des champions. »

« L’un des plus grands moments du football français »

Car il reste quatre matchs pour tenter de sauver l’objectif C1 (Monaco, 3e, n’est qu’à trois points) quasiment vital pour les finances du club. Il faudra retrouver pour ces échéances un guide inspiré. Car Paulo Fonseca est indéniablement passé à côté de ces deux grands tournants. En vrac : les deux titularisations d’un Jordan Veretout perdu et sans jus, un Paul Akouokou mystérieusement titulaire à Old Trafford (vs 0 minute pour le si expérimenté Nemanja Matic sur l’ensemble de la double confrontation) et auteur d’une courte entrée en jeu à Sainté (de la 28e… à la 45e !) qui n’avait aucun sens, après la blessure de Corentin Tolisso. Ou encore aussi la peur qu’a inspiré à toute l’équipe ce pari défensif manqué du changement Tagliafico - Caleta-Car en fin de prolong à Manchester.

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S’ils ont tenu à s’insurger (à raison) contre l’arbitrage de François Letexier dimanche, le président John Textor et son directeur technique Matthieu Louis-Jean étaient raccords sur l’idée d’affront subi dans le Forez. « Il est clair nous avons laissé tomber nos supporteurs ce soir, regrette le propriétaire américain. Nous n’avons pas joué au niveau attendu. Notre début de match a révélé la fatigue importante et les difficultés subies dans la semaine. Je présente nos sincères excuses aux supporteurs, c’est un match que nous devions gagner. C’est clairement ma semaine la plus douloureuse à l’OL. » Avant de poursuivre en prenant comme symbole le vice-capitaine Corentin Tolisso.

« Le match de Manchester United a aussi été très dur sur le plan de l’arbitrage. Corentin Tolisso n’aurait pas dû avoir ce deuxième jaune et le penalty y était aussi sévère. Il est l’un de nos meilleurs joueurs et il est sorti de ces deux gros matchs de la semaine pour des raisons différentes. On aurait battu Manchester United à 11 contre 11, nous avions la meilleure équipe… Se qualifier à 10 contre 11 à Manchester United aurait pu être l’un des plus grands moments de l’histoire du football français. Et on a échoué, donc oui, c’est douloureux. »

John Textor

La crainte d’avoir relancé les Verts pour le maintien

Lui aussi frustré par la blessure de Corentin Tolisso, qui pourrait être out jusqu’à la fin de la saison, Matthieu Louis-Jean confirme : « On n’a pas fait ce qu’il fallait pour pouvoir remporter un derby, particulièrement en première période. On n’a pas gagné les duels, on n’a pas été sur les seconds ballons. C’est un problème qu’on doit régler entre nous ». Et quand on subit pareille déroute, il faut se résoudre à voir le bonheur jaillir dans le camp d’en face, à l’instar du double buteur Lucas Stassin.

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« On a fait une grosse performance du début à la fin, savoure le prometteur attaquant belge. On mérite la victoire et bien sûr que ça nous relance ». Car l’ASSE a maintenant la place de barragiste du Havre (ça se joue au goal average) dans le viseur. Dans le package de la semaine Halloween de tout supporteur de l’OL digne de ce nom, il y a cette crainte d’avoir offert aux Verts la victoire qui fait basculer le club sur une autre année dans l’élite. Le tout en voyant Aïmen Moueffek et ses potes jouer la carte de la provoc en lançant devant les Magic Fans le chant « Et si un jour je meurs à Gerland ». Définitivement la semaine de l’horreur pour les Lyonnais, croyez-nous.