Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Une université au Mexique fait repasser un examen trop bien réussi en ligne

Mexique : « Soupçons de fraude à l’IA »… La plus grande université fait repasser un examen trop bien réussi en ligne

TRICHERIELa session, qui était organisée pour la première fois en ligne, a enregistré un taux de réussite anormalement élevé
Hakima Bounemoura

H. B. avec AFP

Les candidats devront à nouveau plancher sur une épreuve. La plus grande université du Mexique, l’Université nationale autonome (Unam), a annoncé ce vendredi qu’elle allait faire repasser un examen aux étudiants qui venaient d’être admis après une session organisée pour la première fois en ligne, avec un taux de réussite anormalement élevé.

« Les candidats ayant obtenu un score suffisant pour être admis seront convoqués à nouveau pour un ''examen de contrôle'' en présentiel », a indiqué le recteur Eduardo Lomelí, en présentant par avance ses excuses « aux candidates et aux candidats ayant été admis de manière irréprochable ». « Mais c’est nécessaire pour apporter une certitude et garantir l’équité d’accès », a-t-il dit.

Des performances exceptionnellement élevées

L’Unam est l’université la plus prestigieuse du Mexique, et son sigle figure sur le curriculum vitae de nombreuses personnalités au Mexique, comme la présidente Claudia Sheinbaum qui y a fait un master d’ingénierie énergétique dans les années 1980.

Grande première, l’épreuve d’admission s’était déroulée devant une caméra et un microphone allumés. Un surveillant pouvait demander à l’étudiant de faire pivoter la caméra dans la pièce pour vérifier qu’il n’y avait pas de triche. L’université a en outre utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour surveiller les candidats.

Mais des performances exceptionnellement élevées ont été relevées dans des filières comme la médecine et après enquête, l’analyse a montré que le pourcentage de candidats ayant obtenu 100 bonnes réponses ou plus à l’épreuve est passé d’une moyenne de 3,5 % au cours des cinq dernières années, à 16,3 % lors de cette session.

Des soupçons de tricherie par intelligence artificielle

Ce résultat alimente les soupçons de tricherie par des candidats qui auraient pu utiliser l’IA notamment, même si la commission d’enquête n’est pas parvenue à une conclusion.

Pour le consultant en cybersécurité, Darío Vargas, « les plateformes n’étaient pas prêtes » pour un tel examen présenté par près de 159.000 candidats. Il était par exemple possible de contourner les contrôles grâce à des interruptions de connexion provoquées par le téléchargement de fichiers volumineux et selon lui, il y a eu « un manque de préparation logistique et technologique face à un défi aussi important ».

Des cas d’usurpation d’identité, d’usage de téléphones portables et la présence de personnes aidant les candidats ont aussi été détectés durant l’examen, selon Eduardo Bárzana, président de la commission d’enquête.