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Les joueurs du PSG ont-ils vraiment plié le game des célébrations de but ?

PSG - Liverpool : Les Parisiens sont-ils les rois ultimes des célébrations de but en Ligue des champions ?

auraDe l’euphorie de João Neves contre City en 2025 au regard de tueur d’Ousmane Dembélé contre Chelsea en passant par la glissade de Fabian Ruiz, le PSG empile les célébrations de buts iconiques en C1
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Le Paris Saint-Germain s’est construit une identité visuelle forte autour des célébrations de buts en Ligue des champions. Le regard noir d’Ousmane Dembélé contre Chelsea a par exemple fait le tour des réseaux et a été reprise par Canal + dans sa bande-annonce du quart de finale contre Liverpool, ce mercredi.
  • Cette esthétique des célébrations s’inscrit dans une culture du football francilien et s’étend jusqu’aux équipes de jeunes du club, qui « sont contents de s’afficher sur les réseaux ».
  • Si les célébrations individuelles étaient jugées plus impactantes à l’époque des stars comme Ibrahimovic, Cavani ou Neymar, c’est désormais dans le collectif que « la joie des Parisiens est le plus enthousiasmante ». Les joueurs partageant leurs célébrations ensemble pour créer « un climat, une ferveur positive, bienveillante ».

Charisme, aura, flow, appelez ça comme bon vous chante. Sur la route de ses succès européens, ce Paris Saint-Germain s’est façonné une identité pas seulement tactique ou technique mais aussi visuelle, presque cinématographique. Et c’est dans la célébration des buts que se cristallise cette énergie qui fait du PSG une équipe aussi redoutable dans l’exercice de la joie.

Un exemple récent ? La glissade + regard noir d’Ousmane Dembélé vers les caméras après son festival contre Chelsea lors du 8e de finale aller de Ligue des champions a particulièrement été appréciée des supporters parisiens, jusqu’à faire le tour des réseaux. Ce n’est pas un hasard de voir l’image reprise par le diffuseur Canal + dans sa bande-annonce du quart de finale aller de mercredi soir, contre Liverpool.

Cette célébration de Dembélé ajoute une page à un catalogue déjà bien épais qui s’est ouvert le soir de la remontée parisienne contre Manchester City lors de l’avant-dernière journée de la saison régulière de 2024-2025. Et, preuve que le club lui-même est bien conscient de la hype, le PSG postait sur sa chaîne Youtube une compilation de “célébrations iconiques” au mois de juillet dernier.

Un savoir-faire francilien


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Quiconque a mis les pieds sur un terrain en Ile de France dans sa jeunesse sait que tout ceci participe d’une esthétique du football francilien, qui s’étend du petit pont au city stade à la célébration provocatrice dans un derby enflammé en district.

Les joueurs des équipes de jeunes du Paris Saint-Germain excellent d’ailleurs aussi dans l’exercice, à l’image d’Adam Ayari, mis en lumière par deux coéquipiers dans une pose travaillée en laboratoire après un penalty inscrit en Coupe Gambardella le mois dernier. « Quand je vais les voir à Poissy, tous les petits jeunes m’envoient des messages pour que je leur envoie des photos, même quand il ne s’agit que d’entraînements, nous confie François Denat, photojournaliste et suiveur assidu du Paris Saint-Germain. Il y a un truc générationnel, les mecs sont contents de s’afficher sur les réseaux. »

S’il y a une référence au rap, c’est encore mieux : l’entrée de Désiré Doué sur Dolce Camara de Booba et SDM pendant les festivités du titre européen l’année dernière ou la célébration Matuidi charo de Barcola après un but contre l’OM nourrissent cet imaginaire. « Avant le match, j’ai regardé des vidéos d’anciens Classiques pour m’imprégner de l’ambiance, se justifiait l’ancien lyonnais en 2024. J’ai vu Blaise Matuidi le faire, et comme j’aime vraiment beaucoup ce joueur, je me suis dit : pourquoi pas. J’écoute aussi beaucoup Niska. Alors, un petit clin d’œil, c’est sympa. »

« Les joueurs connaissent les dispositifs et s’en servent »

Cette mise en scène étant par nature dépendante du moment, les plus belles célébrations du PSG - allant de la triple glissade sur les genoux de Ruiz, Neves, Hakimi au jeté de maillot de Doué en finale de C1, en passant plus récemment par la Drogba de Barcola à Stamford Bridget -ont lieu pour la plupart dans les matchs importants de Ligue des champions.

Faut-il, aussi, y voir la marque du savoir faire de Canal + en matière de réalisation dans la façon de retransmettre l’effusion ? Laurent Lachand, qui sera à la réalisation de PSG-Liverpool pour la chaîne cryptée, revendique « une présence absente » des caméras tout en rappelant que le diffuseur de la C1 fait partie des rares chaînes à avoir le droit d’accompagner les joueurs sur le terrain si les conditions s’y prêtent. Le reste appartient aux buteurs parisiens.

« Les joueurs connaissent nos façons de filmer, explique Lachand. Même si nos dispositifs grandissent en fonction des matchs, il y a un socle qui fait que les joueurs savent à peu près que s’ils se dirigent vers telle zone, ils vont pouvoir célébrer un but légèrement sur la gauche. Je pense qu’un univers est intégré dans l’esprit des joueurs et qu’en fonction du moment, ils se servent, au bon sens du terme, du dispositif pour montrer ça et nous le faire partager. »

Cavani, Neymar, Mbappé… Les célébrations de but, c’était quand même mieux avant ?

Reste à savoir ce qu’il en est du flow brut des Dembélé, Doué, Barcola, Kvaratskhelia et compagnie. Les spécialistes de l’image notent que, prises individuellement, les célébrations des joueurs du Paris Saint-Germain étaient plus impactantes dans le passé. « Il faut remettre en perspective l’aventure du PSG sous QSI, analyse Laurent Lachand. Il y a eu pendant longtemps une équipe autour de stars. Les joies et les célébrations l’incarnaient. Zlatan Ibrahimovic, c’était un personnage extraordinaire, car par sa personnalité et sa capacité à se servir du dispositif pour mettre en lumière son expression personnelle, il y avait un jeu agréable à jouer. »

François Denat garde quant à lui une place dans son cœur pour Edinson Cavani - « un maître en matière de célébration » - tout en soulignant l’approche originale de certaines figures parisiennes actuelles. « On remarque que des joueurs ont deux, parfois trois célébrations en une seule, comme Kvaratskhelia et Vitinha. Dans un autre registre, Barcola et Doué vont pas mal chercher à jouer avec la caméra, avec l’objectif. On sent aussi que Doué essaye de se rapprocher de Neymar avec ses pas de danse, à l’image de sa célébration Michael Jackson (contre le Paris FC en Ligue 1). »

« Dembélé a gagné en flow parce qu’il est devenu sérieux »

L’ancien Rennais est en revanche quasiment le seul à trouver du crédit aux yeux du réalisateur Axel Chely, derrière plusieurs clips du rappeur Alonzo. « Et encore, c’est pas la grande classe. A la rigueur Hakimi a un côté un peu old-school, gueule cassée, ''vrai'' homme à l’ancienne… » Il réfute toute notion de charisme individuel chez les autres joueurs parisiens, dont l’autorité repose avant tout sur le résultat.

« Evidemment, l’équipe a gagné l’an dernier et a affiché un beau jeu. Elle a donc un flow logique. Mais si tu prends les joueurs un par un : Vitinha, Fabian Ruiz, Kvara… Dembélé n’a jamais été un joueur ''flow'', mais il a gagné en épaisseur parce qu’il est devenu sérieux. C’est aussi peut-être ce qui donne cette impression de flow collectif. Tu as des mecs qui n’en ont pas vraiment mais qui de par leur détermination et leur jeu en font quelque chose d’atypique. »

Comme sur le terrain, il y a individuellement plus fort ailleurs. Gyokeres et son masque, Cole Palmer et ses frissons, Lamine Yamal et ses danses… Et comme sur le terrain, c’est peut-être dans le collectif que la joie des Parisiens est le plus enthousiasmante. « On le voit contre Chelsea : Kvara qui rentre, qui marque, qui célèbre et qui se retourne vers l’équipe, abonde Laurent Lachand. Ils vont partager. Il y a toujours ce collectif qui va se reconstituer et qui, je l’espère, se ressent à la réalisation. Ajoutons à cela ce public, qui est une autre grande réussite de ce PSG… Tout ça fait qu’il y a un climat, une ferveur positive, bienveillante. » Et des célébrations quoi qu’on en dise iconiques.