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Racisme, PSG et trophées UNFP… Ce qu’il faut retenir de Kylian Mbappé dans « The Bridge »
sur le canap•Kylian Mbappé était l’invité d’Aurélien Tchouaméni dans « The Bridge ». La star du Real est revenue sur plusieurs épisodes de sa carrière, dont la vague de racisme après son penalty raté à l’Euro 2021William Pereira
L'essentiel
- Invité de son coéquipier Aurélien Tchouaméni dans « The Bridge », Kylian Mbappé est revenu sur la vague de racisme qu’il avait subie après l’élimination de la France à l’Euro 2021. « Je me suis dit que je jouais pour des gens qui, si je ne marque pas, vont penser que je suis un singe », a-t-il déclaré.
- L’attaquant est aussi revenu sur son discours aux trophées UNFP de 2019 où il réclamait « plus de responsabilités […] au PSG ou peut-être ailleurs ». Il considère aujourd’hui qu’il s’agissait d’une « pure bêtise ».
- Concernant la victoire du PSG en Ligue des champions après son départ, Mbappé affirme ne pas avoir de regrets car il était « arrivé au bout du livre » après sept ans au club.
Le relâchement va bien à Kylian Mbappé. Invité du podcast « The Bridge » animé par son coéquipier Aurélien Tchouaméni et Sandy Heribert, l’attaquant du Real Madrid est apparu décontracté dans un exercice de communication réussi pour l’international français entre légèreté, sincérité et vulnérabilité, dans un cadre conçu pour le garder dans sa zone de confort.
Mbappé est ainsi revenu sur plusieurs épisodes marquants de sa carrière, de son erreur de jeunesse lors du fameux discours des « responsabilités » aux trophées UNFP à la fin de son histoire au PSG, en passant par le racisme dont il a été victime après son penalty raté à l’Euro 2021.
L’épisode de racisme à l’Euro 2021 : « Je me suis dit que je jouais pour des gens qui, si je ne marque pas, vont penser que je suis un singe »
Le moment le plus marquant de l’émission tient sans aucun doute dans les déclarations de l’ancien joueur parisien sur la manière dont il a vécu l’épisode de racisme qui a suivi son penalty raté contre la Suisse, en 8e de finale de l’Euro 2021.
« Quand j’ai raté mon penalty contre la Suisse, j’ai commencé à être insulté de singe. Pour moi, la sélection c’était tout là-haut. Toi, tu mets tout là-haut des gens qui te mettent tout en bas si tu ne marques pas. Ça a beaucoup changé mon rapport à la sélection. Il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier, parce que le panier, eux, ils le prennent et ils le jettent. En vacances les premiers jours j’étais un mort-vivant. J’étais tombé de haut. Je suis arrivé en sélection, j’ai gagné tout de suite, j’ai tout de suite été héros national, je me suis dit : "Ah, la France, c’est bien" (rires). Tu prends ça dans la tronche, c’était dur. »
Après cet épisode, Mbappé avait envisagé une retraite internationale. L’histoire s’était soldée par une réunion avec Noël Le Graët racontée par Kyks. « Le pire dans tout ça c’est que j’ai dit que je ne voulais plus revenir. J’ai eu un rendez-vous avec Noël Le Graët. Je vais le voir. Je lui ai dit : "Je ne rejoue plus." Je me suis dit que je jouais pour des gens qui, si je ne marque pas, ils vont penser que je suis un singe. Et là, je me suis dit que je peux pas jouer pour des gens comme ça. […] Et il [NLG] m’a dit : "Et tu crois que tu vas sortir du bureau et que je vais te dire oui." Il m’a dit : "Oublie." »
Le discours aux trophées UNFP en 2019 : « Une pure bêtise »
Kylian Mbappé a bien grandi et son regard sur ses jeunes années au Paris Saint-Germain a évolué. L’attaquant a profité d’une perche tendue par l’humoriste Malik Benthala, également invité, pour mettre les choses au clair sur son fameux discours aux trophées UNFP en 2019. Elu meilleur joueur de L1, il avait alors déclaré vouloir « plus de responsabilités […] au PSG ou peut-être ailleurs ».
« Une pure bêtise, en plaisante aujourd’hui Mbappé. Les trophées UNFP c’est un jeune de 19 ans frustré par pas mal d’épisodes et qui n’a pas extériorisé sa frustration, et qui prend le mauvais endroit, le mauvais moment, le mauvais contexte et qui vide son sac. Tout le monde m’a regardé… "Mais qu’est-ce qu’il fait" (rires). »
Le PSG qui gagne la C1 sans lui : « J’étais arrivé au bout du livre »
Kylian Mbappé n’a pas échappé à une question sur son ressenti après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions après son départ. Le meilleur buteur de l’histoire du club dit ne pas avoir été particulièrement par le succès de son ancienne équipe et dit nourrir aucun regret.
« Si j’étais parti plus tôt et qu’ils avaient gagné, je pense qu’il y aurait eu de la rancœur. J’étais arrivé au bout du livre, j’ai fait sept ans, j’ai tout fait. Il n’y avait plus de sens de continuer. Quand je prends la décision de partir c’est parce qu’il n’y a plus de pages dans mon livre. Et quand c’est comme ça, c’est que l’histoire doit continuer sans toi. J’ai fait demie, finale, on a fait quarts. On a tout fait. La dernière année, on fait demi-finale contre Dortmund. On perd. Mais si on rejoue le match 500 fois, on le gagne 499 fois. »
La binationalité dans le football : « Les gens devraient choisir avant »
Interrogé sur ses origines camerounaises et algériennes, et invité à évoquer sa préférence entre le Cameroun et l’Algérie, l’international tricolore a répondu avec légèreté à Aurélien Tchouaméni. « Moi, je jouerais pour le Cameroun, et j’enverrais Ethan [Mbappé, son frère] avec l’Algérie ! » L’occasion pour l’attaquant merengue de partager son avis sur la binationalité dans le football.
« Les gens devraient choisir avant. Un pays, ce n’est pas comme un club, argumente Mbappé. Parfois j’entends parler de projet sportif. Moi, je suis né en France, je suis Français, j’ai tout fait en France. J’ai eu la culture française avec des origines camerounaises et algériennes mais avec la culture française. Ça n’avait aucun sens de faire l’opportuniste, d’attendre la France et si y a pas… Non, c’est pas comme ça. Tu peux le faire avec un club, c’est ta carrière. C’est toi et tes choix. […] C’est aussi une question de légitimité. Parce que si tu y vas [dans une autre sélection], tu prends la place de quelqu’un. Est-ce que je suis légitime pour prendre la place de quelqu’un ? Avec la France je me sens légitime. »



















