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Chelsea - PSG : Une leçon de supportérisme des Parisiens à Stamford Bridge ? Non, une humiliation
Ultras doux•Comme à leur habitude, les supporters parisiens se sont illustrés à l’extérieur. Leur performance vocale était d’autant plus remarquable que celle des fans de Chelsea était indigne d’un tel matchWilliam Pereira
L'essentiel
- L’ambiance à Stamford Bridge était particulièrement morose lors de ce 8e de finale retour de Ligue des champions, avec des tribunes qui tardaient à se remplir, aucune ferveur avant le match et une absence totale d’intimidation envers l’équipe adverse du PSG.
- Dès la première demi-heure, face à l’efficacité parisienne avec les buts de Kvaratskhelia et Barcola, de nombreux supporters de Chelsea ont quitté le stade tandis que les supporters parisiens se permettaient des « ooooolééé » à chaque passe dès la 29e minute de jeu.
- La déroute s’est accentuée en seconde période avec le troisième but de Mayulu qui a poussé un quart du stade à partir, pendant que les supporters du PSG chantaient la Marseillaise devant des Blues médusés.
De notre envoyé spécial à Stamford Bridge,
Les journalistes étrangers éprouvent toujours une certaine satisfaction à l’idée de couvrir des matchs de football en Angleterre. Les stades en imposent, les pelouses d’un vert éclatant sont tondues au millimètre et l’hospitalité y est d’un tout autre niveau. Dans le cas de Chelsea, c’est à se demander si l’on ne reçoit pas trop bien ses adversaires : mardi soir, le public de Stamford Bridge a littéralement déroulé le tapis rouge au PSG et à ses supporters. Un cheval de Troie, mais sans tromperie. Un cadeau, quoi.
L’avant-match : zéro ferveur, zéro intimidation
A une heure du coup d’envoi, un parfum quelconque embaumait l’air du quartier de Fulham, loin de la ferveur que l’on est en droit d’attendre d’un 8e de finale retour de Ligue des champions qui ne demande qu’à être renversé. Les tribunes mettent un temps fou à se remplir, la sono du stade couvre les silences et les deux équipes partent à l’échauffement dans un stade endormi. Les joueurs de Chelsea soulèvent naturellement quelques applaudissements, mais ceux de Paris ne récoltent que l’indifférence. Là où les supporters parisiens sont très enclins à peser de tout leur poids pour entrer dans le crâne de l’adversaire dès les premières foulées sur la pelouse du Parc des Princes, ceux des Blues choisissent de laisser faire. Sans doute parce qu’ils ne savent pas faire autrement.
La première demi-heure : des « oooolééé » et des supporters déserteurs
Pour le match en lui-même, reconnaissons aux locaux de n’avoir eu le temps de s’enthousiasmer pour quoi que ce soit dans une joute qui n’avait que du désespoir à leur offrir. Les publics anglais sont réactifs aux momentums. Bien pratique quand l’équipe pousse fort, moins utile en cas de déroute. Kvaratskhelia clim 1, Barcola clim 2. Après un quart d’heure de jeu, les moins fidèles quittaient déjà les lieux, dégoûtés par l’efficacité parisienne. Les plus bourrés, eux, passent leur temps à réclamer des fautes inexistantes où à enjoindre leurs joueurs à écouter leurs conseils tactiques rudimentaires. Exemple : « Neto, shooot ! Joao Pedro, shoooot ». Une partie de Football Manager ne leur ferait pas de mal, à ceux-là.
En tribunes, la raclée est d’autant plus grande que le parcage visiteur, qui s’étend à la fois en largeur et sur deux étages, ne dévie jamais de sa ligne et chante à pleins poumons. Celui-ci se laissera aller à des « ooooolééé » à chaque passe entre joueurs du PSG au bout d’à peine 29 minutes de jeu. Le genre de séquence qui dans un stade normal serait étouffée par bronca de masse, au lieu de quoi Stamford Bridge a décidé de reprendre le même gimmick sur l’action suivante. « C’est celui qui dit qui est, cheh ». Gros niveau de clash. Sans parler du fait que faire des « olééé » n’a de sens que lorsqu’on mène au score. D’ailleurs, ceux des supporters blues n’ont duré que dix secondes, le temps qu’il a fallu à leur équipe pour perdre le ballon. Flop total.
La seconde période : tribunes clairsemées et Marseillaise lancée par les Parisiens
Mais le pire restait à venir pour le public de Chelsea. Le troisième but de Senny Mayulu juste après une série d’arrêts de Safonov a fini de dégoûter du football un quart du stade, lequel s’est gentiment dirigé vers la sortie pendant que les supporters du PSG criaient qu’ils étaient chez eux et lançaient une Marseillaise en forme d’ultime coup de poignard à la dignité des Blues. Une prestation globalement très solide des visiteurs, fidèles à leur réputation de meilleur public en déplacement, qui méritait bien d’être saluée par les joueurs parisiens au coup de sifflet final.
On ne peut pas en dire autant du public de Stamford Bridge, même si Liam Rosenior a tenu à se montrer compréhensif en conférence de presse. « Les supporters veulent du succès immédiatement, et c’est bien normal vu l’importance du club. Je comprends leur frustration, ils veulent qu’on gagne. Je le savais déjà avant d’arriver. Je veux aussi leur faire plaisir et leur offrir les soirées qu’ils méritent. C’était une défaite particulièrement difficile à encaisser, vu la manière dont nous avons été éliminés ce soir. » Vu la manière dont ils se sont fait balader en tribune, aussi.



















