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Mixité, Parc des Princes, les priorités de Grégoire pour le sport à Paris

Municipales 2026 à Paris : Parc des Princes, pratique mixte, infrastructures… Le plan d’Emmanuel Grégoire pour le sport

manger bougerA l’approche du premier tour des élections municipales, Emmanuel Grégoire est revenu pour « 20 Minutes » sur quelques-unes de ses propositions pour le sport à Paris
Le PSG doit-il quitter le Parc des Princes
William Pereira

Propos recueillis par William Pereira

L'essentiel

  • Candidat de la gauche réunie à la Mairie de Paris, Emmanuel Grégoire revient pour « 20 Minutes » sur ses propositions pour le sport dans la capitale.
  • L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo fait le constat d’un manque d’infrastructures sportives et notamment de terrains de grands jeux. Il propose d’exploiter les réserves foncières disponibles pour construire des terrains de sport, dans une idée de superposition. Le candidat veut favoriser la pratique sportive féminine en rendant l’espace public plus sûr et inclusif.
  • Concernant le Parc des Princes, Emmanuel Grégoire s’engage à relancer le dialogue avec le PSG dès son élection et proposera la vente du stade au Conseil de Paris, en précisant « tout l’argent que je veux récupérer du Parc des Princes, je le mettrais dans le sport de proximité » pour faire ruisseler le sport professionnel vers le sport amateur.

La rencontre devait se faire autour d’un café, mais l’enthousiasme d’Emmanuel Grégoire à l’idée de développer son programme pour le sport à Paris a finalement été rattrapé par la réalité d’une campagne usante. Toute ressemblance avec l’état de forme actuel du PSG est fortuite. Et puis, à l’inverse des champions d’Europe, le candidat de la gauche unie, en tête des intentions de vote au premier tour des municipales à Paris, est porté par une dynamique positive avant la double confrontation décisive dans les urnes. Ça aide à tenir.

C’est donc au bout du fil qu’Emmanuel Grégoire distille à 20 Minutes certaines de ses propositions en matière de pratique sportive dans la capitale, entre mixité, inclusion et optimisation du temps et de l’espace réduit. L’occasion d’aborder également la question brûlante du Parc des Princes et de la reprise du dialogue avec le PSG.

Optimisation des infrastructures sportives : du five et du padel sur les toits ?

Emmanuel Grégoire pose d’abord un constat très clair. « On reste une ville sous-dotée en infrastructures compte tenu de son histoire et de sa densité. On a un déficit sur les terrains de grands jeux avec une demande de créneaux à laquelle on ne peut pas répondre. Le développement des infrastructures est donc une priorité. » Faire pousser des terrains de foot dans les murs parisiens étant difficilement envisageable, le candidat à la Mairie de Paris se laisse aller à la créativité. Et à la verticalité.

« L’idée, c’est de faire de la superposition pour pouvoir augmenter les volumes dans lesquels on va par exemple mettre des stades de foot sur les toits. Ça peut aussi être du padel, ça peut être du five, comme ça a commencé à se développer. Il faut développer des zones d’aires de grand jeu dans les réserves foncières disponibles. » Une partie des bureaux inutilisés - représentant une surface de à 6,2 millions de m² à Paris à la fin de l’année 2025 - pourraient aussi être transformés en équipements de proximité.

Sport féminin : un déséquilibre à rattraper

Si la pratique du sport féminin est en progrès, les freins restent nombreux pour les femmes, notamment dans l’occupation de l’espace public. A commencer par la sécurité, alors que la pratique du running est en plein essor. « On doit se demander comment développer un espace public plus ''sécure'' pour les femmes. Il y a un sujet de sécurité qui concerne la présence de l’éclairage public, la présence de la police municipale et le positionnement, par exemple, des agrès sportifs. »

Ce dernier point entre en résonance avec la question de l’appropriation d’un espace souvent monopolisé par les hommes. Selon le Centre Hubertine-Auclert pour l’égalité hommes-femmes, organisme associé à la région Île-de-France, 95 % des usagers des city stades sont des garçons. Les données sont plus rares pour les installations de street-workout parisiennes, mais la dynamique observable à l’œil nu est similaire.

« Si vous avez des agrès sportifs qui sont uniquement construits pour du street workout à haute intensité, les femmes ne vont pas aller y pratiquer naturellement, souligne Emmanuel Grégoire. Or on a besoin d’avoir des mixités. Des agrès sportifs de street workout, pour les ''mastocs'' qui font l’entraînement et c’est très important, mais aussi des équipements d’espace public de renforcement musculaire mieux designés pour la pratique pour les femmes. »

Sport associatif : « Pas d’argent magique » mais des projets avec le PUC et l’Atlético dans les cartons

Premiers utilisateurs des équipements sportifs avec 1,3 million d’heures sur la saison sportive 2023-24 (Apur, juillet 2025), et encore plus dans les quartiers populaires, les associations sportives et le bénévolat occupent une place centrale du programme de la gauche unie à Paris. Un fonds d’urgence pour les associations en difficulté est ainsi envisagé. Pour autant, Emmanuel Grégoire prévient qu’il n’a « pas d’argent magique », même si son programme prévoit aussi, côté pratique, l’augmentation de l’enveloppe « réduc sport » et un engagement à prendre en charge les frais d’inscription à une activité sportive, avec des tarifs progressifs.

« On a également des très gros projets dans les tuyaux avec le PUC, et l’Atlético (Paris 13) pour accompagner le développement de ces grands clubs. Je suis aussi extrêmement attaché au club de foot des portes. Ils ont un rôle social fondamental. C'est l’Espérance, dans le 19e, c’est la Camillienne dans le 12e, c’est le club du 15e... Ce sont des acteurs associatifs qui ont un rôle fondamental. J’apporterai un soutien fondamental aux clubs de portes. »

Parc des Princes : Renouer le dialogue avec le PSG

Le plus célèbre des clubs de portes, le Paris Saint-Germain, occupe forcément l’esprit du candidat Grégoire, qui avait mené les discussions pour l’agrandissement du Parc lorsqu’il était premier adjoint d’Anne Hidalgo, avant que celles-ci viennent se fracasser contre les exigences de Nasser Al-Khelaïfi, lequel conditionnait les travaux à la vente (pour une bouchée de pain, qui plus est). La première étape sera donc de rétablir le contact avec le PSG.

« Je n’ai aucun doute sur le fait que le club sera disponible pour réengager le dialogue dès le 23 mars, rassure Emmanuel Grégoire. Dans les jours qui suivront mon élection, j’appellerai le président du PSG pour lui proposer un cadre de travail. Je convoquerai un Conseil de Paris exceptionnel pour lancer quelques travaux prioritaires, dont le sujet de la méthode de discussion avec le PSG. Que nous nous mettions d’accord ou pas, on sortira de l’ambiguïté pour la fin de l’été 2026. »

L’idée d’une vente du Parc des Princes n’est plus un tabou. Elle n’est pas la seule option mais devrait être proposée au Conseil de Paris en cas de victoire aux municipales. Celle-ci n’échappera pas à la question de l’évaluation de la valeur du Parc. « Je ne vendrai pas à un prix qui ne me semblerait pas conforme à la valeur du bien, pour protéger les intérêts des Parisiens. »