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Hakimi, Kvara… Les coachings gagnants de Luis Enrique face à Chelsea

PSG - Chelsea : L’ego de Kvara, Hakimi plus axial… Les coachings gagnants de Luis Enrique

PaletteLa victoire du PSG contre Chelsea en 8e de finale aller de Ligue des champions a récompensé certains choix tactiques et de gestion de Luis Enrique. Palette
PSG - Chelsea : Le brief-débrief de la victoire parisienne (5-2)
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • La victoire du PSG contre Chelsea en 8e de finale aller de Ligue des champions doit autant à la qualité individuelle des joueurs parisiens qu’à des choix tactiques et humains bien sentis de la part de Luis Enrique.
  • L’Espagnol a pris le risque de mettre Kvaratskhelia sur le banc pour le motiver, et le Géorgien a répondu par une performance exceptionnelle en entrant en jeu avec une passe décisive et deux buts.
  • Enrique a par ailleurs fait le choix tactique audacieux de positionner Hakimi dans un rôle plus axial pour surveiller Enzo Fernandez plutôt que de l’engager dans un duel de sprinters contre Pedro Neto, pariant sur le plus grand danger que représentait le milieu argentin.

Au Parc des Princes,

Dans le grand procès en burn-out fait au PSG depuis le début de la saison, les joueurs n’étaient pas les seuls concernés. Moins inspiré, Luis Enrique donnait parfois l’impression d’être dépassé par les limites de son propre modèle, devenu plus prévisible dès lors que son équipe était privée de sa supériorité physique. L’Asturien se cachait derrière un rideau de mauvaise foi et d’optimisme souvent exagérés, mais il a été récompensé pour sa capacité à encaisser les coups. La lumière a fini par revenir, et le large succès parisien en 8e de finale aller de Ligue des champions contre Chelsea est aussi celle de ses idées de jeu.

Le plus important : L’orgueil piqué de Kvaratskhelia

Manipuler les ego est certes le niveau zéro du management, mais il fallait avoir l’audace d’asseoir Khvicha Kvaratskhelia sur le banc pour lui envoyer un message aussi subtil que : faut te bouger le cul, mon bonhomme. « Aucun joueur ne veut démarrer sur le banc, a avoué Kvara au micro de CBS. Mais on a de très bons joueurs en attaque. Donc je respecte les choix de l’entraîneur. Pour moi, peu importe, que je joue 10 ou 90 minutes, je vais donner mon maximum. C’est ce que j’ai fait. »

Car comme on pouvait s’y attendre, le Géorgien avait la dalle en entrant sur le terrain à l’heure de jeu et s’est servi dans le buffet à volonté du Parc des Princes. Une passe décisive pour Vitinha puis deux buts, dont un golazo, sans oublier quelques friandises dont il a le secret, le tout récompensé par le statut d’homme du match. De quoi faire regretter son choix à Luis Enrique ? Plutôt l’inverse. « Si on recommence le match, je referai la même chose. »

Le plus couillu : Ignorer la fusée Neto et mettre Hakimi sur les côtes d’Enzo

17e minute de jeu. 1-0 pour Paris. Pedro Neto sollicite un jeu à trois pour partir dans le dos de papy Marquinhos, qui ne le reverra plus jamais. L’action se terminera par un sauvetage miraculeux de Nuno Mendes dans l’axe de la surface parisienne, mais Paris s’est laissé complètement dépasser par la vitesse du Portugais.

Que faisait Achraf Hakimi sur l’action ? Il surveillait Enzo Fernandez. Luis Enrique ne voulait pas que son équipe se retrouve en infériorité numérique au milieu de terrain et a estimé que l’Argentin constituait une plus grande menace que la vitesse de l’ailier. Le but d’Enzo en seconde période démontrera que l’entraîneur espagnol du PSG avait raison de s’en méfier. Le positionnement central d’Hakimi a eu l’effet escompté tout le long du match et lui a même permis d’offrir une fausse piste à Dembélé sur le but du 2-1.

Luis Enrique a choisi de laisser Marquinhos galérer avec Pedro Neto pendant qu'Hakimi surveillait Enzo Fernandez
Luis Enrique a choisi de laisser Marquinhos galérer avec Pedro Neto pendant qu'Hakimi surveillait Enzo Fernandez - Canal+

Le plus subtil : Dembélé au cœur du jeu, Vitinha premier relanceur

L’un des avantages d’avoir Ousmane Dembélé sur le terrain, outre son incomparable capacité à faire la différence, se trouve dans son aptitude à prendre le jeu à son compte dans les zones de création dans le camp adverse. Une zone trop souvent laissée vacante ces derniers temps puisque Vitinha, premier relanceur avec Pacho et Marquinhos, n’a plus le don de téléportation - ni les jambes - qui lui permettait d’être partout au milieu l’année dernière.

Dembélé a par moments occupé un rôle de 8 avancé ou de 10 pour apporter du surnombre au milieu de terrain
Dembélé a par moments occupé un rôle de 8 avancé ou de 10 pour apporter du surnombre au milieu de terrain - Canal +

Jusqu’à la sortie du Français en seconde période, le joueur formé à Porto a donc pu faire bénéficier de sa qualité technique pour soulager ses défenseurs face au pressing des Blues tout en ayant un relais de choix dans l’axe avec Dembélé, qui prenait le relais pour franchir le rideau du milieu et éviter de voir le ballon revenir inlassablement en arrière.

Le plus 2025 : Barcola dans le rôle du premier défenseur

Ousmane Dembélé, la bave aux lèvres, prêt à bondir sur le gardien de l’Inter en finale de Ligue des champions. L’image restera gravée comme l’un des symboles de la domination parisienne en 2025. Sauf que Dembouz est à des années-lumière de sa forme physique de l’année dernière et que pour lui épargner les blessures, il a fallu assigner cette tâche à un joueur en mesure de le faire. A savoir Bradley Barcola, emmerdeur en chef de Filip Jorgensen.

Le pressing de Barcola s'est intensifié en seconde période, mais le Parisiens gênait déjà Jorgensen en première mi-temps.
Le pressing de Barcola s'est intensifié en seconde période, mais le Parisiens gênait déjà Jorgensen en première mi-temps. - Canal+

Le Danois a souvent brillé par son jeu au pied, mais à force de devoir échapper au pressing d’une Formule 1, vous finissez par partir à la faute. Le troisième but est un cadeau, oui, mais un cadeau qu’il fallait aller chercher au pied du sapin. Le mérite revient à Barcola, et donc à Luis Enrique, qui savait une fois de plus ce qu’il faisait en préparant l’ancien lyonnais à des tâches offensives plus axiales ces dernières semaines.