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PSG - Newcastle : Auteur « d’un gros match », vraiment ? Paris déconnecté de son inquiétante réalité du moment
Ligue des champions•Malgré un nouveau faux pas en Ligue des champions contre Newcastle (1-1), le PSG, des joueurs à Luis Enrique, s’est satisfait du contenu d’un match pourtant pas glorieuxWilliam Pereira
L'essentiel
- Le PSG a concédé un match nul 1-1 contre Newcastle au Parc des Princes, ce qui condamne le champion d’Europe aux barrages de Ligue des champions.
- Interrogés sur le match, Vitinha et João Neves sont convaincus d’avoir réalisé « un grand match », occultant les occasions manquées par Newcastle en fin de rencontre, le manque d’inspiration général et la baisse de régime après l’ouverture du score.
- Luis Enrique maintient un discours optimiste. L’entraîneur parisien « ne voit personne qui soit davantage favori que nous » malgré l’obligation de passer par les barrages, répétant comme l’année dernière que le contenu est bon.
Au Parc des Princes,
Il faut s’inquiéter pour le Paris Saint-Germain. Moins pour ce nouveau match nul contre Newcastle (1-1) qui condamne le champion d’Europe aux barrages que pour la lucidité qui semble avoir abandonné les joueurs. Ces derniers, à l’image de Vitinha, semblent n’avoir pas vu le même match que nous sur la pelouse du Parc des Princes.
« Je suis content de ce que l’équipe a produit, a réagi le seul buteur parisien du soir au micro de Canal +. Il faut être un peu froid sur ça. Bien sûr que le résultat, n’est pas de notre goût. On voulait la victoire, que la victoire, toujours, mais il faut voir le contenu. On a encore une fois fait un grand match contre une équipe très difficile, très physique. » Plus tard en zone mixte, João Neves ira plus loin en parlant de « grand match ». A sa décharge, le joueur formé à Benfica est sorti « très fatigué » de son match. Ceci explique cela.
« Personne plus favori » que le PSG selon Luis Enrique
Certes, il ne faut pas oublier le premier quart d’heure digne des heures de gloire parisiennes. Mais dans leur lecture, les milieux de terrain portugais occultent étrangement la partie de l’histoire où le PSG peut perdre la rencontre sans un raté incompréhensible de Barnes et un arrêt déterminant de Safonov en toute fin de match. Celle où Paris s’éteint à petit feu après l’ouverture du score lumineuse du maestro puis la blessure de Khvicha Kvaratskhelia à la 20e minute. Celle ou Ousmane Dembélé et Désiré Doué ratent absolument tout ce qu’ils entreprennent. Celle où l’équipe gère un maigre avantage comme si elle menait de quatre buts avant de concéder une égalisation que le perdreau de l’année avait sentie arriver. « Un but qui fait mal », concédera Luis Enrique en conférence de presse.
Un but qui, surtout, replonge le Paris Saint-Germain dans la galère des barrages, que l’entraîneur asturien s’en fichait d’éviter, mais en fait pas tant que ça Un coup oui, un coup non, tout le monde s’y perd. « On va prendre le chemin le plus long, mais je ne vois personne qui soit davantage favori que nous », rassure-t-il encore.
Les limites de la superstition
Luis Enrique a bâti ses plus grands succès sur une psychologie positive parfois agaçante, le PSG est bien placé pour le savoir. D’abord un soir de 2017 après une défaite 4-0 au Parc des Princes avec le FC Barcelone, puis fin 2024 après une défaite peu enthousiasmante contre Arsenal (le fameux « on va tout gagner » prémonitoire). Il n’y a pas de mal à être superstitieux, seulement là, on frôle la caricature. Répéter comme l’année dernière que le contenu est bon, qu’il ne manque que les buts, c’est fermer les yeux et serrer les dents en priant pour que le miracle se reproduise.
Sauf que les calculs ne sont pas bons. Paris n’est pas sur les temps de passage de 2025. L’année dernière au même moment de l’année, le PSG venait de connaître son déclic face à Manchester City et son jeu témoignait d’une montée en puissance flagrante. Au contraire, le match contre Newcastle n’a fait que conforter certaines craintes : celles de disparités physiques - Hakimi et Neves en dedans, Kvaratskhelia sorti sur blessure - auxquelles on ajoutera le manque d’idées et l’apathie offensive : chaque action aux abords de la surface était une équation impossible qu’il incombait à Vitinha de résoudre par sa qualité de frappe à mi-distance. Là encore, caricatural.
Un éventuel 8e contre le Barça ou Chelsea
Les critiques et inquiétudes ne demandent qu’à être balayées. Elles pourront encore l’être, moyennant une victoire contre Monaco ou Qarabag avant un éventuel choc contre Chelsea ou Barcelone en 8es de finale. « Ce qui est positif pour moi, c’est que lorsque tu joues toujours contre des équipes de haut niveau, tu es prêt pour les prochains matchs. »
« Maintenant, on va jouer avec les cartes que l’on a, c’est-à-dire se battre à chaque match comme une finale maintenant, comme on a fait l’année dernière », a quant à lui déclaré Marquinhos. Reste à voir jusqu’où le souvenir heureux du sacre de l’année précédente pourra porter ces Parisiens bien moins souverains.



















