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« Résilient », le PSG a déjoué les statistiques en écrasant Chelsea en LdC

PSG - Chelsea : Des buts fous et une cohésion retrouvée pour surmonter ses faiblesses, Paris en mode Résilient Evil

Ligue des championsLe Paris Saint-Germain a signé un match référence contre Chelsea en Ligue des champions (5-2). Un mélange de réussite insolente, de talent et d’abnégation
PSG - Chelsea : Le brief-débrief de la victoire parisienne (5-2)
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Le PSG a remporté le match aller des 8e de finale de Ligue des champions contre Chelsea 5-2 au Parc des Princes, un score qui défie la logique statistique puisque les Parisiens ont terminé avec seulement 0,87 xG (buts attendus).
  • L’équipe parisienne a fait preuve de résilience en se relevant de moments de fragilité défensive grâce à un élan collectif enthousiasmant.
  • Malgré cette performance référence selon Bradley Barcola qui déclare que « c’est vraiment un de nos matchs références, je pense, parce qu’on a vraiment joué compétitivement du début à la fin », la capacité du PSG à reproduire ce genre de prestation reste incertaine, comme l’illustre leur défaite à Rennes cinq jours après avoir terrassé l’OM lors du Classique.

Au Parc des Princes,

Un grand philosophe a dit un jour : « les buts, c’est comme le ketchup. Quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps ». Le PSG a fait l’expérience du théorème de Cristiano Ronaldo en passant cinq pions à Chelsea en 8e de finale aller de Ligue des champions, mercredi soir. Un score (5-2) qui défie toute logique, puisque les Parisiens ont terminé la rencontre avec moins d’un « expected goal » (but attendu), 0,87 xG pour être précis.

Une donnée qui en dit autant sur les limites de cet indicateur dont raffolent les geeks du football que sur le degré de difficulté ainsi que la teneur des quatre premiers buts inscrits par les hommes de Luis Enrique : Barcola (difficile, très beau), Dembélé (très difficile, magistral), Vitinha (moyen/difficile + très beau), Kvaratskhelia (extraordinaire en tous points). Seul le dernier du Géorgien, un peu aidé par Filip Jorgensen, s’est avéré banal.

Ce chiffre indique aussi que le vent a fini par tourner en faveur du Paris Saint-Germain après tant de mois de galères et de combats. Même s’il reste un match retour à jouer à Stamford Bridge, les Blues et leur 1,53 xG doivent maudire les cieux de leur avoir confisqué la bonne étoile protectrice dont bénéficiaient les précédents adversaires des Parisiens en C1.

Les trois derniers matchs du PSG en saison régulière

Athletic Bilbao - PSG 0-0 (0,66 - 2,43 xG)

Sporting - PSG : 2-1 (0,89 - 1,42 xG)

PSG - Newcastle : 1-1 (2,42 - 1,05 xG)

Paris dit merci à Jorgensen

A la différence de Chelsea, Bilbao, le Sporting et Newcastle n’avaient pas de fanfaron aux cages pour offrir le match sur un plateau aux Parisiens. Auteur de deux crochets dévastateurs en début de seconde période, Jorgensen pensait avoir pris l’ascendant psychologique sur Bradley Barcola. Mais à l’image de Dembélé la saison passée, l’ancien Lyonnais revenait inlassablement au pressing du premier relanceur. Grand bien lui fasse : l’attaquant a fini par avoir le dernier mot en récupérant le ballon sur le but du 3-2, et le gardien danois a eu l’air bien malin.

S’il a admis que ce but « faisait mal », Liam Rosenior a pris le contrepied de l’approche Tudorienne en refusant d’accabler son gardien de but. « Ce n’est pas le premier à faire des erreurs, cela fait partie du football, c’est dommage car on était proche de marquer un 3e but. »

Résilient Evil

Par deux fois, le match aurait pu basculer dans le mauvais sens. Et par deux fois les événements ont souri au PSG. En première période, un arrêt de Safonov sur une frappe à bout portant se transforme en ballon de contre pour Doué, Hakimi et Dembélé, avec la conclusion qu’on connaît. En seconde période, João Pedro pensait tenir le but du 3-3, mais au départ de l’action, Pedro Neto était hors-jeu d’un neurone, celui qui lui manquait pour se retenir de bousculer un jeune ramasseur de balle en toute fin de rencontre. Deux situations qui, là encore, témoignent de la réussite parisienne.

Mais la chance se provoque. Mieux, elle se mérite. Si la soirée parisienne de mercredi avait des airs de 2025, avec un Parc en fusion et des buts en pagaille, les champions d’Europe ont traversé des moments de fragilité, qu’il s’agisse de l’oubli de Malo Gusto sur le premier but anglais ou la saute de concentration de Désiré Doué sur le second signé Enzo Fernandez. Leur force aura été de s’en relever pour repartir au combat avec un élan collectif rare cette saison, incarné par un contre-pressing particulièrement étouffant dans la dernière demi-heure de jeu. « La résilience définit très bien notre équipe, se satisfaisait Luis Enrique après la rencontre. Aujourd’hui, on a montré qu’on est une vraie équipe. »

Et maintenant le plus dur : enchaîner

« C’est vraiment un de nos matchs références, je pense, parce qu’on a vraiment joué compétitivement du début à la fin », se réjouissait également Bradley Barcola. Reste à voir s’il s’agissait d’un nouveau coup d’éclat isolé. Tous les Parisiens ont eu beau réfuter l’idée d’un coup de mou physique et mental ces dernières semaines, la difficulté de l’équipe à reproduire ce genre de performance parle à leur place. Les Parisiens ont bien été capables d’anéantir l’OM lors du Classique mais cinq jours après, ils tombaient à Rennes.

Pour cette fois, ça devrait aller. Paris s’est construit un matelas confortable de trois buts avant le déplacement à Stamford Bridge. Sans oublier que Nantes a accepté de faire de la place dans l’agenda ministériel du PSG, lequel se présentera à Londres dans un état de fraîcheur quasi inédit. « C’est important d’avoir la semaine pour se préparer et récupérer les joueurs, a déclaré Enrique. Mais après la trêve internationale on va avoir des problèmes car on aura moins de jours de repos. » Un problème de club toujours en vie en Ligue des champions qu’une bonne poignée d’observateurs n’imaginait pas pour la fin de saison du PSG.