Ligue des champions : Comment le PSG va-t-il se débrouiller pour sombrer face à la Real Sociedad ?
FOOTBALL•Archi favori en vue de son huitième de finale de la Ligue des champions contre la Real Sociedad, le Paris Saint-Germain va pourtant (encore) s’effondrer cet hiver. « 20 Minutes » vous raconte pourquoiJérémy Laugier
L'essentiel
- Pour une fois, le tirage au sort de l’UEFA a été extrêmement clément ce lundi avec le Paris Saint-Germain, en vue des huitièmes de finale de la Ligue des champions.
- Le PSG version Luis Enrique affrontera en effet la Real Sociedad, modeste sixième actuellement de la Liga et qui fait quasiment figure de novice dans un tel rendez-vous de C1.
- 20 Minutes vous raconte pourtant les quatre raisons pour lesquelles Paris va souffrir en février et en mars contre cette équipe basque méconnue.
«Le jackpot messieurs dames ! » A 12h14 ce lundi, supporteurs parisiens, observateurs du football comme journalistes (on plaide coupable) y sont tous allés de leur meilleure imitation possible de la voix de Gilbert Brisbois (de l’Afterfoot sur RMC) pour accompagner l’affiche PSG-Real Sociedad. Lorsque vous pouvez vous coltiner dès la mi-février des monstres européens comme Manchester City, le Bayern Munich ou le Real Madrid, tomber en huitièmes de finale de la Ligue des champions sur l’actuel sixième de la Liga s’apparente à une douceur du destin dont le PSG n’est guère coutumier. Pour autant, comme on est du genre « relous adeptes du contrepied » à 20 Minutes, on vous raconte d’ores et déjà comment les premiers matchs à élimination directe de ce Paris version Luis Enrique vont partir en brioche.
Hipsters don’t lie
La dernière fois que les supporteurs parisiens avaient bondi de la sorte à l’ouverture des boules de l’UEFA, c’était en 2020 à l’annonce d’un quart de finale de Ligue des champions contre l’Atalanta Bergame pour le Final Four à Lisbonne. Tous les hipsters du football moderne s’étaient alors élevés pour prédire un énième crash européen du PSG en louant Sa Sainteté Gian Piero Gasperini et son disciple (rebelle) Papu Gomez. Ce scénario est en vérité passé tout près : jamais sereins, comme rongés par un statut de favori ultime qu’ils n’avaient pas l’habitude d’endosser pour un match couperet en C1, les Parisiens ont souffert comme pas permis, en étant encore menés (0-1) à la 89e minute de jeu.
OK, Marquinhos et l’improbable Eric-Maxim Choupo-Moting (2-1, 90e+3) ont tout renversé dans le temps additionnel, mais le PSG avait failli dans l’approche de ce rendez-vous supposé déséquilibré. Si seuls Marquinhos et Kylian Mbappé (difficile d'ajouter à la liste Presnel Kimpembe pour un rendez-vous en février/en 2024) sont encore dans l’effectif depuis le miracle du 12 août 2020 au stade de la Luz, on a tendance à penser que la lose européenne du PSG va bien au-delà des noms. Et les hipsters basques sont déjà très bruyants sur les réseaux ce lundi.
Le pressing basque va lessiver le PSG (coucou Gigio)
Vous avez aimé voir la bande à Luis Enrique être secouée de toute part à Saint James' Park (4-1) ? Ce double affrontement des huitièmes de C1 est pour vous car la Real Sociedad n’est a priori pas du genre à renoncer à son identité de pressing à tout-va en fonction du pedigree de son adversaire. On vous conseille à ce propos de jeter un œil à la première action de son récent match à San Siro, décisif pour la première place de son groupe. Déjà qualifiés et n’ayant besoin que d’un nul pour coiffer l’Inter Milan (vice-champion d’Europe en titre, rappelons-le), les hommes du méconnu Imanol Alguacil (52 ans) allaient bien attendre en bloc médian, non ?
Pensez-vous, sur le coup d’envoi en faveur de l’Inter, pas moins de six joueurs de la Real ont sprinté comme des fous furieux dans les 20 mètres italiens, au point de récupérer le ballon par Munoz et Zakharyan et de se créer une première situation de jeu après 20 secondes. Ainsi va cette équipe, capable donc d’être restée invaincue contre l’Inter Milan, le Benfica Lisbonne et le Red Bull Salzbourg (3 victoires et 3 nuls). Le tout en présentant la meilleure défense de toute la Ligue des champions, avec deux buts concédés. Nul doute que le pressing de Mikel Oyarzabal and co n’a pas fini de hanter les nuits de Gianluigi Donnarumma dans les deux prochains mois.
Oubliez Kyle Walker, la « kykryptonite » se nomme Hamari Traoré
Souvenez-vous à quel point toute la presse anglaise nous avait bassinés avec Kyle Walker, supposé être le seul défenseur au monde capable de totalement anesthésier Kylian Mbappé pour le quart de finale de la Coupe du monde au Qatar. Et si finalement, l’homme idoine pour enrayer les courses du kid de Bondy se nommait Hamari Traoré ? On vous voit vous marrer en découvrant cette hypothèse, mais sachez que le latéral droit malien a déjà fait vivre à « Kyky » l’une des pires soirées de sa première partie de carrière, à savoir cette finale de la Coupe France 2019 PSG-Rennes remportée aux tirs au but par les Bretons (2-2, 5-6) avec à la clé son expulsion sur un coup de sang mémorable.
Ancien capitaine du Stade Rennais, Hamari Traoré (31 ans) est d’une fiabilité à toute épreuve, et son adaptation à Saint-Sébastien, où il est immédiatement devenu un titulaire indiscutable, est remarquable. Surtout, on avoue avoir été bluffé par sa facilité à reprendre cinq mètres à Marcus Thuram, lors du choc de la semaine passée à San Siro (0-0), pour annihiler une contre-attaque italienne. Certes, ça ira beaucoup plus vite encore avec Mbappé (si tant est que Luis Enrique ne crée pas pour de bon d’ici février un « Pivot Gang », part 2), mais Hamari Traoré a bien un profil à « kykryptonite ».
Kubo debout
On ne va pas vous mentir : on n’était pas certain en se lançant dans le listing de l’effectif de la Real Sociedad de trouver LE mec à même de faire la diff pour ridiculiser le PSG en Ligue des champions. David Silva a pris sa retraite cet été, Alexander Isak a quitté le club en 2022, Antoine Griezmann en est parti en 2014 et Xabi Alonso dix ans plus tôt. On a de (légers) doutes sur l’ancien attaquant angevin Mohamed-Ali Cho, auteur de deux buts en une saison et demie dans le Pays basque. Par contre, un des talents attendus depuis longtemps en Liga est en train d’éclore totalement du côté de la Real Sociedad, à savoir Takefusa Kubo. A 22 ans, l’insaisissable virtuose japonais confirme sa belle première année au club (9 buts et 7 passes décisives en championnat).
NOTRE DOSSIER SUR LE PSGSpectaculaire à souhait, le milieu offensif formé au Barça… puis au Real Madrid, avec un surnom clicheton à souhait de « Messi japonais », étale à présent tout son talent chaque semaine en Espagne. Six buts et trois passes dé en 16 matchs de Liga depuis cet été, what else ? Ah si, le gaillard court toujours après son premier but en Ligue des champions pour totalement faire exploser sa prometteuse carrière en Europe. Avouez que vous le voyez, vous aussi, tourmenter le PSG à Anoeta dans une zone entre Lucas Hernandez et Milan Skriniar. Après tout, amis parisiens, ce serait presque louable d’accompagner l’éclosion mainstream d’un joueur talentueux et de son équipe inexpérimentée en C1.


















