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PSG – Milan AC : Toujours surclassé, comment le « jeune » Warren Zaïre-Emery s’est intégré dans des vestiaires plus âgés
FOOTBALL•Toujours surclassé dans les équipes de jeunes, le milieu de terrain du PSG, qui affronte l’AC Milan en Ligue des champions ce mercredi, s’est fait une place dans le vestiaire parisien malgré ses 17 ansAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Warren Zaïre-Emery devrait être de retour dans le groupe parisien qui affronte le Milan AC pour la troisième journée de la Ligue des champions, ce mercredi 21 heures.
- Arrivé au PSG à 8 ans, le milieu de terrain a toujours été surclassé, parfois même de deux catégories d’âge.
- Et il s’est, à chaque fois, parfaitement intégré avec les plus grands.
On a eu beau demander à droite et à gauche, on n’a rien trouvé : pas de bonbon volé à la boulangerie du coin en sortant du collège, pas de fausse signature sur le carnet de correspondance pour ne pas montrer aux parents, aucune tache sur le sweat le jour de la photo de classe, pas de coup de sonnette chez le voisin avant de s’enfuir... même pas de jean troué après une journée passée au centre aéré. Rien. Warren Zaïre-Emery est un garçon parfait et il semble avoir surfé sur la vague de l’adolescence, sans jamais tomber dans l’écume.
Le 6 août 2022, le milieu de terrain du PSG, qui devrait retrouver le groupe parisien ce mercredi en Ligue des champions face au Milan AC, est devenu le plus jeune joueur du club de la capitale, à seulement 16 ans, 10 mois et 24 jours, deux semaines seulement après avoir signé son premier contrat pro. Depuis, le gamin de Montreuil (Seine-Saint-Denis) enchaîne et, sous Luis Enrique, est devenu titulaire indiscutable dans l’entrejeu parisien. A seulement 17 ans.
Premier ballon de foot à 4 ans, première licence au PSG à 8 ans, premier surclassement dans la foulée… Le bon élève WZE n’a pas traîné en route. Avec les moins de 9 ans, il joue directement avec les U10 ou les U11. Et le schéma se répète inlassablement jusqu’aux U19, avec qui l’actuel n° 33 (habituellement réservé aux jeunes qui découvrent le groupe pro) se retrouve à jouer alors qu’il n’a que 16 ans. Et, malgré la différence d’âge avec ses coéquipiers, il s’est imposé à chaque fois dans les vestiaires, jusque dans celui des pros, au point d’être un « modèle pour tous les joueurs du centre de formation », selon Luis Enrique.
« Il a fait l’unanimité »
A un âge où on se construit, où on cherche avant toute chose à trouver sa place, dans un monde aussi individualiste que le foot, intégrer un vestiaire avec le statut de « crack du centre » n’est pas chose aisée, surtout dans un club comme le PSG, qui possède un énorme vivier de talents. Mais Warren Zaïre-Emery s’est parfaitement fondu dans son nouvel environnement, à base d’humilité et de travail, comme nous l’a indiqué Hervé Guégan, coach des jeunes du PSG, qui a vu débarquer WZE dans son équipe de U16 alors qu’il n’avait que 14 ans, pour un tournoi international, l’Al-Kass International Cup, au Qatar :
« C’est quelqu’un de très intelligent et qui fait preuve de beaucoup d’humilité, donc à partir de là, il n’y a pas de problème d’intégration dans un vestiaire. C’est quelqu’un qui fait l’unanimité, il est apprécié de tout le monde. Vous gagnez du crédit par vos qualités, par votre talent, et, lui, ça s’est fait naturellement. » »
Même son de cloche chez José Alcocer, sélectionneur de l’équipe de France U17 avec qui Warren Zaïre-Emery a remporté l’Euro en 2022 : « Il n’y avait qu’une année de différence avec les autres joueurs, mais il est tellement humble et tranquille, il dégage une telle sérénité et une telle force. Vu ce qu’il montre sur le terrain, il gagne le respect de tout le monde, mais presque sans rien dire. Sa façon de tout défoncer, il ne la fait que sur le terrain, de façon très normale en plus. »
« Les autres le respectent d’autant plus »
Warren Zaïre-Emery n’est pas du style à débarquer dans le vestiaire en roulant des épaules ou en regardant ses nouveaux coéquipiers de haut, la caricature de cette « nouvelle génération qui ne respecte pas les anciens ». Comme le dirait un certain Thierry Henry, son nouveau sélectionneur chez les Espoirs, WZE, plutôt réservé, est du genre à « rester à sa place », « dans sa zone ». « Il n’y a pas eu de problèmes d’intégration qu’un jeune lambda pourrait avoir », confirme Dylan Vangi Vungele, joueur du FC Metz, coéquipier de notre bon gamin en équipe de France U17.
Les distinctions individuelles – troisième meilleur joueur de l’Al-Kass International Cup, dans une compétition où il y avait le Real ou le Barça –, son rôle clé dans l’équipe parisienne de Youth League ou les sollicitations extérieures parvenues très tôt ne le font pas dévier de sa ligne de conduite. « Sa façon d’être et de jouer force le respect, même si forcer n’est pas le bon mot, car lui-même est très respectueux des autres, assure José Alcocer. Comme il est très respectueux des autres, ces derniers le respectent d’autant plus, car il est capable d’avoir une attitude à la fois très humble et un jeu qui est monstrueux. C’est ce qui fait sa grande force. »
Nouveau capitaine des Espoirs
Dans l’imaginaire collectif, enfin surtout le nôtre, on imaginait Warren Zaïre-Emery être le petit protégé de ses aînés. C’est plutôt l’inverse : « Je ne dirai pas que les grands le prenaient sous leurs ailes. Par moments, c’était lui qui prenait plus soin des autres que l’inverse », ajoute Hervé Guégan. Et c’est peut-être ce qui a donné l’idée à Thierry Henry de propulser le milieu de terrain, en contrat avec le PSG jusqu’en 2025, à devenir le capitaine des Espoirs à tout juste 17 ans, alors que certains de ses partenaires peuvent avoir 21 ans.
« A son âge, qu’il soit nommé capitaine des Espoirs, ça m’a surpris, mais qu’il soit capitaine d’une équipe en soi, non, réagit Dylan Vangi Vungele. Il fait preuve d’une maturité exceptionnelle pour son âge. Il prend ses responsabilités, il fait les choses par lui-même. Il est très posé, très simple, mais il n’hésite pas à parler avec les gens, il est très ouvert, il ne va pas rester dans son coin. » »
S’imposer dans le vestiaire en jeune, c’est une chose. S’imposer dans le vestiaire en Espoirs en est une autre. Mais s’imposer dans le vestiaire du PSG alors qu’on n'est même pas majeur, ça se fait aussi naturellement ? « Quand vous passez en pro, ce qui est important, c’est d’être très respectueux, répond Hervé Guégan. Il a une vraie personnalité, une vraie confiance en lui, il sait rester à sa place et se mettre en avant quand il le faut. Il ne fait pas beaucoup de bruit en dehors du terrain. » Sauf quand il faut prendre le mégaphone et lancer les chants en bas du Virage Auteuil après une démonstration face à l’OM (4-0). Capo du CUP à 17 ans, à lui non plus, il ne faut pas lui parler d’âge.


















