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Avec Zaïre-Emery, Ugarte et Vitinha, le PSG tient-il son trio gagnant ?

PSG-Lens : Zaïre-Emery taulier, Ugarte adoubé et Vitinha retrouvé… Le PSG tient-il son trio gagnant au milieu ?

FOOTBALLPoint faible du PSG depuis de trop nombreuses années, le milieu de terrain du PSG a peut-être enfin trouvé un trio de garçons capables de faire passer un cap à cette équipe
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

Au Parc des Princes,

On le sait, il faut toujours se montrer hyper prudent avec les amourettes de fin d’été. Il n’empêche, après ce qu’on a vu du milieu de terrain du PSG face à Lens, samedi soir, on se dit que Paris a peut-être enfin trouvé son tiercé gagnant, avec ce trio de feu Vitinha-Ugarte-Zaïre Emery. Longtemps orphelin de ses irremplaçables Thiago Motta et Blaise Matuidi, le PSG a eu beau claquer l'équivalent du budget militaire annuel des Etats-Unis pour se refaire une beauté au milieu, il n’a jamais réussi à trouver la ou les perles rares. Et pour ne rien vous cacher, ce n’est pas en voyant débarquer Manuel Ugarte, estampillé « poulain de Jorge Mendes », contre 60 millions d’euros, qu’on s’est dit que Paris avait enfin trouvé son homme à tout faire. Et pourtant…

Déjà comme un poisson dans l’eau à Paris, le jeune Uruguayen de 22 ans a littéralement ébloui le Parc des Princes samedi soir, élevant les récupérations de balle au rang d’art (martial). Interrogé à son sujet après le match, Luis Enrique avait des étoiles dans les yeux en parlant de Manu le ramoneur de ballons. « Je ne crois pas qu’il y ait un seul supporter qui n’ait pas aimé ses récupérations de balles ce soir, a-t-il déclaré. C’est dû à deux choses : ses qualités individuelles et le fait que l’équipe le mette dans les meilleures conditions pour réaliser ça. Les supporters célébraient ses actions comme des passes décisives et c’est très important pour nous de sentir cela. Il a été super comme les deux matchs précédents. »

Ugarte, le chien de garde sur qui vous pouvez compter

En effet, il n’aura pas fallu longtemps avant qu’Ugarte ne se mette le public du Parc dans la poche. Et nous avec. Infatigable au milieu du terrain, l’ancien du Sporting prend un pied monstrueux à faire le sale - mais indispensable - boulot de ratissage de ballons. Une véritable machine à laver toutes options, pas non plus vilaine lorsqu’il s’agit d’ouvrir le jeu et de relancer propre. Interrogé en zone mixte après la rencontre, Ugarte a détaillé les consignes qui seront les siennes cette saison : « Le coach demande à l’équipe en général, et à moi personnellement, de récupérer le ballon le plus rapidement possible, et ça c’est très important. Nous créons des occasions quand nous avons le ballon et quand nous le perdons nous le récupérer le plus rapidement possible pour attaquer à nouveau. » Dit comme ça, cela semble facile. Et ça l’est, d’ailleurs, quand on le regarde jouer.

Les chiffres en attestent : en 90 minutes, l’Uruguayen a récupéré une bonne dizaine de ballons et remporté 70 % de ses duels (11 sur 16). Interrogé à son sujet en zone mixte après la victoire, le jeune Warren Zaïre-Emery n’en revenait pas : « Manu, il est fou (rires) ! Il récupère trop de ballons ! C’est un grand plaisir de jouer avec lui et Vitinha. » Le Titi parisien ne s’y trompe pas : la prestation XXL du nouveau chien de garde du milieu parisien ne doit pas seulement être analysée d’un point de vue individuel. Car c’est bien la performance d’ensemble des trois du milieu, avec Zaïre-Emery et Vitinha, qui doit être saluée comme elle se doit. Ces trois-là, au profil bien distinct, se complètent à merveille et combinent les yeux fermés, pour offrir une belle rampe de lancements aux attaquants.

Vitinha, la renaissance

A la limite de la perdition la saison dernière, après des débuts pourtant plus que prometteurs, Vitinha a lui aussi livré un match incroyable samedi, à l’image de cette déviation en chocolat pour Mbappé, avant de percuter balle aux pieds et d’ouvrir en profondeur pour le premier but de Marco Asensio. Tantôt dans le milieu à trois, tantôt côté gauche pour combler le vide laissé par Mbappé, le Portugais de poche semble avoir retrouvé la confiance qu’il avait peu à peu perdue la saison dernière, faisant à nouveau étalage de sa qualité technique au-dessus de la moyenne et de son intelligence de jeu lors des phases de projection offensive.

Enfin, last but not least, que dire de Warren Zaïre-Emery, 17 piges, des cuisses de poney Shetland et une maturité absolument hallucinante pour son âge ? Les suiveurs des équipes de jeunes du PSG ne sont pas tombés de l’armoire samedi soir car ça fait un bail qu’ils connaissent l’animal. Mais on a beau savoir qu’on est face à un joueur spécial, ça fait quand même tout drôle de le voir évoluer à un tel niveau aussi tôt. Lancé dans le grand bain par Christophe Galtier la saison dernière, WZE est désormais une pièce essentielle du système de jeu mis en place par Luis Enrique.

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WZE, déjà le taulier du milieu à seulement 17 ans

Celui-ci était comme tous les supporters après le match : amoureux. « Clairement, je l’adore, a déclaré l’Espagnol après le match. C’est un joueur incroyable alors qu’il n’a que 17 ans. Il a vraiment tout pour devenir l’un des joueurs les plus importants de l’effectif. Il est très technique et très travailleur. C’est une chance pour un entraîneur comme moi d’arriver dans un club et de tomber sur un tel diamant brut à disposition. A nous de l’accompagner désormais sur sa route pour qu’il reste très longtemps au PSG. Il donne beaucoup de joie aux supporters. Cette communion, je ne sais pas si vous l’avez vue, était incroyable entre lui et les supporters alors qu’il n’y a pas longtemps, il était l’un d’eux. »

On l’a vue, Luis, on l’a vue. Après le match, alors que les autres joueurs se sont contentés de saluer les ultras de loin, Zaïre-Emery s’est dirigé au pied du virage Auteuil pour prendre le mégaphone et entonner un chant qu’il connaît par cœur, lui, l’amoureux transi du PSG. Le môme n’est déjà plus une promesse aux yeux des ultras, c’est leur chouchou numéro 1. Et accompagné de ses deux acolytes, il risque de faire du sale tout au long de la saison. Vivement les premières notes de la musique de la Ligue des champions pour confirmer que le tube de l’été a de quoi tenir sur la durée.