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Macron ou DD, lequel va s’accrocher au pouvoir le plus longtemps ?

France – Espagne : Macron ou Deschamps, lequel des deux va s’accrocher au pouvoir le plus longtemps ?

FICTIONAlors qu’il a été beaucoup question de politique tout au long de l’Euro de l’équipe de France, le parallèle entre l’avenir du sélectionneur et celui du Président de la république n’est pas forcément déconnant
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Après la triste élimination de l’équipe de France contre l’Espagne, mardi, en demi-finale de l’Euro, Deschamps ne va pas échapper aux critiques sur le jeu médiocre des Bleus.
  • Ce qui ne devrait pas l’empêcher de poursuivre l’aventure jusqu’en 2026, contre l’avis d’une bonne partie des supporters.
  • Un peu à l’image de ce que vit le président de la République, qu’il connaît bien, qui ne cesse de dégringoler dans le cœur des Français mais refuse de leur céder quoi que ce soit.

De notre envoyé spécial à Munich,

« Allez Didier, fais pas le con, tu vas lâcher cette équipe de France touuuuut doucement, tu vas la poser par terre, voilà, comme ça, et tu vas sortir les mains bien en évidence. Il ne te sera fait aucun mal, c’est promis. » Cette scène est une fiction et toute ressemblance avec des événements existants ou ayant pu exister ne serait que purement fortuite. Mais elle nous a quand même traversé l’esprit mardi soir quand, lors de sa conférence de presse post-élimination, alors qu’un confrère l’interrogeait sur la suite de sa carrière avec, oui ou non, la Coupe du monde 2026 en ligne de mire, Didier Deschamps a laissé entendre qu’il n’avait pas l’intention de passer la main.

« Vous êtes redoutable. Posez la question à mon président. Là je viens de perdre une demi-finale… Vous croyez que je vais déjà… Moi je vous respecte, essayez vous aussi de respecter les personnes qui ont de la responsabilité, a-t-il rétorqué, passablement agacé. Je ne vais pas répondre à cette question aujourd’hui, même si vous connaissez très bien la situation et vous savez très bien ce que pense mon président. »

Mine de rien, pour quelqu’un qui ne voulait pas répondre, le sélectionneur a tout de même donné de gros indices sur son avenir. Puisque Philippe Diallo avait fixé comme objectif minimum une qualification pour le dernier carré, ce qui est chose faite, on comprend clairement – et on n’en doutait pas une seule seconde depuis la victoire aux tirs au but face au Portugal – que DD ne compte pas encore donner sa part au chien. Vous l’aurez compris, ce n’est pas demain que Zinédine Zidane va poser ses fesses sur le banc de l’équipe de France.

Deux hommes sous le feu des critiques

Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque chez beaucoup de supporteurs français qui, lassés de voir toujours la même tête depuis douze ans en équipe de France, et déçus par les performances sportives navrantes des Bleus lors de cet Euro autant que par le jeu proposé par son sélectionneur, ne seraient pas contre un peu de nouveauté. Oui, mais non.

Un entêtement qui nous fait penser à un autre, lui aussi de moins en moins en odeur de sainteté auprès du peuple français, mais à un degré bien puissant encore, c’est Emmanuel Macron. Outre le fait que les deux hommes s’apprécient et se respectent, tous deux ont en effet commun de faire l’unanimité (ou presque) contre eux. Et tous deux ont cette faculté de se moquer éperdument de ce que l’on peut bien raconter sur eux.

Enfin… Dans le cas du Président de la République, si, un peu, quand même. Pourtant, malgré les résultats du deuxième tour des législatives qui ont placé le Nouveau Front Populaire en tête des suffrages, celui-ci ne semble pas prêt à leur donner les clés de Matignon et à les regarder lui ronger ses prérogatives depuis son bac à sable de l’Elysée.

Le Président de la République, le sélectionneur des Bleus, le président de la Fédé et Emmanuel Macron en grande discussion à Clairefontaine avant le début de l'Euro.
Le Président de la République, le sélectionneur des Bleus, le président de la Fédé et Emmanuel Macron en grande discussion à Clairefontaine avant le début de l'Euro.  - Stephane Lemouton-pool/SIPA

De son côté, Didier Deschamps n’a de compte à rendre à personne d’autre qu’à son président et, même si l’on pourrait réfléchir un jour à faire élire le sélectionneur des Bleus au suffrage universel, pour le moment, l’avis des 65 millions de coachs des Bleus, il se le taille en biseau, le DD. La populace peut bien réclamer le double Z autant qu’elle veut, jusqu’à preuve du contraire, c’est encore lui le chef des armées.

Tandis qu’Emmanuel Macron devra rendre sa plaque et son insigne en 2027, et ce quoi qu’il advienne de la vie politique de notre pays ces trois prochaines années, rien n’interdira à l’ancien coach de l’OM de prolonger son contrat au-delà de 2026. Imaginez que les Bleus ramènent une troisième étoile à la maison, Philippe Diallo aurait bien du mal à faire valoir de quelconques envies de nouveauté face à un homme qui pèserait alors deux Coupes du monde en tant que sélectionneur.

DD et Manu, sourde oreille ou main tendue ?

A l’heure où l’on écrit ses lignes – et vous allez alors comprendre que notre parallèle entre les deux hommes n’est finalement pas si tiré par les cheveux que cela – Emmanuel Macron et Didier Deschamps sont face à un choix lourd de sens pour la suite de leurs histoires respectives. Écouteront-ils le mécontentement d’une partie de la population, l’un en acceptant de nommer un Premier ministre dans les rangs du NFP, l’autre en essayant d’instaurer une philosophie un peu moins pragmatique et plus portée sur le jeu offensif ?

Seul l’avenir nous le dira et, du reste, étant au service des sports et non à la politique, on ne se bornera qu’à donner un conseil au seul Didier Deschamps. Et encore, un conseil, non, disons plutôt une piste de réflexion. La médiocre performance de son équipe cet été en Allemagne n’ayant pu être, faute de victoire finale, noyée dans le flot des émotions qui terrassent tout sur leur passage, celui-ci ne pourra faire comme si les critiques n’émanaient que d’une vilaine presse bonne qu’à critiquer.

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Nous vivons, nous aussi, dans ce monde du réel, parmi les autres supporteurs et supportrices des Bleus, et on peut l’assurer au lendemain de cette triste demi-finale tricolore, les grondements du public sont tout sauf fantasmés. Les audiences télé en baisse autour des matchs de l’équipe de France lors de cet Euro racontent elles aussi quelque chose, non pas du désamour, le terme serait excessif, mais du moins d’un petit coup de mou dans le couple que forment les Bleus et leurs fans.

Injecter un je-ne-sais-quoi de paillettes et de risque dans le jeu, quitte à sacrifier une partie, mais une partie seulement, de son sacro-saint équilibre, pourrait permettre à Deschamps de regagner les cœurs de celles et ceux qu’il a perdus en route depuis la finale perdue à Doha. C’est un luxe que ne peut plus se payer Emmanuel Macron, dont la cote de popularité n’a plus aucune chance de revoir un jour la lumière du soleil.