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Alléluia ! Les Bleus gagnent ENFIN une séance de tab et foncent en demie

France – Portugal : On a pris 20 ans en une soirée, mais que c’est bon de gagner aux pénos

POPOPOPOAu terme d’une soirée folle mais sans but (what else ?), les Bleus se sont qualifiés pour la demi-finale de l’Euro après une séance de tirs au but enfin victorieuse. La bande à DD retrouvera l’Espagne à Munich, mardi prochain
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • L’équipe de France est qualifiée pour la demi-finale de l’Euro 2024 après une victoire aux tirs au but face au Portugal.
  • Les Bleus n’ont toujours pas marqué un but dans le jeu depuis le début de la compétition mais ça n’a pas vraiment l’air de déranger qui que ce soit visiblement.
  • La bande a Deschamps a rendez-vous dès mardi à Munich où elle affrontera l’Espagne victorieuse de l’Allemagne quelques heures plus tôt.

De notre envoyé spécial à Hambourg,

Allez hop, encore un France-Portugal à l’Euro à ranger dans le tiroir à émotions. Mais contrairement à 2016, les Bleus sont sortis vainqueurs au terme de 120 minutes d’un combat de fou et d’une séance de tirs au but (pour une fois) maîtrisée de bout en bout. A l’arrivée, le poteau du malheureux Joao Felix envoie les Bleus en demi-finale contre l’Espagne, mardi, à Munich.

Beaucoup de solidité et trop peu de risques. Si l’on était détenteurs des droits de cet Euro, on vous dirait que cette première période entre la France et le Portugal a été un joli combat tactique entre deux équipes bien en place, ou une partie d’échecs acharnées entre deux maîtres plus prudents que joueurs. Vu du stade, et avec nos mots à nous (en accord avec le collègue de 20 Minutes Suisse assis à nos côtés), on dira plutôt que ce n’était pas la mi-temps du siècle, ni de l’année, ni même du mois.

Mais dans un Euro où le niveau va decrescendo à mesure que passent les jours, et si l’on se base sur l’échelle de France-Belgique en 8e, alors on n’a pas passé un si mauvais moment que ça. Les équipes ont chacune joué leur coup (au singulier) quand elles sentaient qu’il était temps de mettre un coup de collier, et la lourdasse de Théo Hernandez a répondu à celle de Bruno Fernandes quelques minutes plus tôt. Les deux gardiens ont boxé, et ce fut tout en matière de tir cadré pour le premier acte.

Le Portugance ou la Francgal ? Du reste, plutôt que de convoquer les vieux souvenirs du Portugal 2016 pour trouver une filiation avec nos Bleus cuvée 2024, comme on l’a fait en avant-match, on aurait tout aussi bien pu le faire avec ce Portugal-là. Difficile en effet depuis la tribune de savoir qui était qui, tant les deux équipes ont des profils similaires : des défenses de zinzins – avec en guests stars le vieux mais toujours sublime Pepe côté portugais, et le soyeux Saliba côté français – et une pelletée de super joueurs à toutes les lignes, mais toujours si peu de monde pour rassasier notre soif de buts. A la différence près que Rafael Leao n’est pas Randal Kolo Muani et qu’il a bien essayé (et réussi) de donner le tournis à Koundé sur le côté gauche.

20 Minutes de folie (comme par hasard !). Au retour des vestiaires, par la grâce d’un coup de pompe au derrière des joueurs ou de potion magique, les frères jumeaux décidèrent subitement d’envoyer du lourd de partout, nous offrant alors vingt minutes de folie, mais poussant là encore le mimétisme à l’extrême sur le terrain de l’inefficacité. Après deux vagues de chaleur dans la défense française, ni Ronaldo, seul mais excentré face à Maignan (60e), ni Vitinha (66e), seul tout court, ne réussirent à faire sauter la banque française, la faute à un « Magic Mike » en état de grâce.

En guise de réponse, un face-à-face foiré par Kolo Muani (66e), probablement hanté par les démons de Doha, un but presque tout fait (mais finalement pas) de Camavinga à cinq mètres du but de Rui Patricio (70e) et un enroulé au Comté de Dembouz le fromager venu effleurer l’équerre (74e). On ne pourra pas reprocher aux joueurs d’avoir essayé, mais c’était écrit que cela se prolongerait jusqu’au bout de la nuit.

Mbappé et Ronaldo, la nuit et la nuit.
Mbappé et Ronaldo, la nuit et la nuit.  - Patricia DE MELO MOREIRA

Des stars bien encombrantes… On est obligé de consacrer un mini-paragraphe à Kyks le groupie et Cricri l’idole, tout de même. Non pas pour les mettre à l’honneur, malheureusement, mais pour pointer le boulet aux pieds que l’un et l’autre ont été tout au long de la rencontre pour leurs sélections respectives. Si CR7 à pour lui l’excuse de l’âge (MAIS ALORS POURQUOI LE LAISSER SUR LE TERRAIN ???), Mbappé n’a pas grand-chose à opposer comme excuses, lui qui sait pourtant si bien les trouver, à l’image de ses vilains mots en conf d’avant-match pour stigmatiser ses copains aux pieds carrés.

Sans jus, sans idée ni volonté, le capitaine des Bleus a traversé ce match comme cet Euro, en triste caricature de ce qu’il était devenu au PSG ces derniers mois. Mais comme il est visiblement interdit par le règlement de la FFF de le sortir trop tôt, sous peine de froisser le roi du bled, l’ami Barcola, ses jambes de feu, ses dreadlocks et son culot de minot, ont dû se résoudre à faire banquette jusqu’à la deuxième période de la prolong.

Jusqu’au bout de la nuit on vous dit ! Malgré quelques tentatives de part et d’autre, notamment un contre tellement mal joué par les Portugais, qui avaient le « Eder » au bout de l’action s’ils avaient voulu bien la jouer (120e), les deux équipes ne pouvaient se séparer autrement qu’à la loterie des tirs au but chère à Didier Deschamps. Avec deux spécialistes dans les buts – Maignan la muraille et Diogo Costa le héros de la séance en quart de finale contre la Slovénie – et si peu de spécialistes du côté des tireurs (français), la séance avait tout pour entrer dans l’histoire.

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Stat intéressante (mais flippante) glissée par un collègue juste avant le début des hostilités : le dernier tireur à avoir manqué un t.a.b face aux Bleus se nomme… Luigi Di Biagio. C’était en 1998 face à l’Italie au Stade de France en quart de finale de Coupe du monde. Et alors ? Et alors Joao Felix est venu effacer le romain chauve tes tablettes et éclatant le poteau de Maignan pour offrir une demi-finale à l’équipe de France. Cette équipe increvable n’est désormais plus qu’à deux matchs de gagner l’Euro sans marquer un but dans le jeu. Avouez que ça aurait de la gueule. Le chef-d’œuvre de Dédé is coming.