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Battus par la Roja, les Bleus quittent l'Euro sans nous donner un regret

France – Espagne : Battus par plus forts qu'eux, les Bleus quittent l'Euro sans nous donner un regret

ADIOSMalgré l’ouverture du score précoce de Kolo Muani, les Bleus ont plié par deux fois en première période et se sont inclinés face à une équipe d’Espagne qui n’aura pas volé sa place en finale de l’Euro
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

De notre envoyé spécial à Munich,

Il n’y aura pas eu de miracle, mardi, à Munich, en demi-finale de l’Euro contre l’Espagne. Battus deux buts à un par une Roja qui aura eu le mérite de mieux jouer au ballon tout au long de l’Euro – et lors de ce match aussi – les Bleus de Didier Deschamps rentrent à la maison sans jamais avoir donné la sensation de pouvoir inverser la tendance après les deux buts espagnols en première période. S’il n’y a pas à rougir du parcours, l’impression générale laissée tout au long de cette compétition risque en revanche de faire un peu parler dans les jours à venir.

Les Bleus retrouvent le chemin des filets

Une demi-finale entre la France et l’Espagne se devait forcément de redistribuer les cartes et bousculer les certitudes semées çà et là tout au long de cet Euro. Et cela n’a pas maqué, mardi, dans un magnifique stade qui se prête si bien au spectacle. Premier constat, et pas des plus vilains, les Bleus savent encore marquer dans le jeu et Kylian Mbappé n’a pas encore tout perdu de son talent. Après avoir failli plier une première fois sur une galette de Lamine Yamal pour la tête de Fabien Ruiz au second poteau, le Kyks répondait sur une action identique, un amour de caresse pour déposer le ballon sur le crâne de Kolo Muani. Unai Simon ne pouvait rien et, à ce moment-là, on s’est dit que rien ne pouvait arriver au Bleu.

Mais perdent leur solidité légendaire

C’est là qu’intervient le second constat, beaucoup moins fifou : après cinq matchs sans encaisser le moindre pion dans le jeu, la défense française a cédé par deux fois en dix minutes. Si l’on pourra toujours blâmer Saliba, et son dégagement de la tête plein axe, ou Tchouameni pour un placement douteux, sur le second but de la Roja, après un enchaînement contrôle-frappe splendide de Dani Olmo, qui poussa Koundé à marquer contre son camp, que dire sur le premier de Lamine Yamal ? Rien, si ce n’est se prosterner devant l’enroulé du gauche exter' surface d’un gamin qui n’a même pas l’âge de boire, de conduire ou de voter (dans l’ordre que vous voulez). Jusque-là infranchissable depuis le début de la compète, Maignan ne put rien ni sur l’un ni sur l’autre.

La bataille du milieu remportée par la Roja

Menés à la pause, et ce pour la première fois de la compétition, les Bleus allaient devoir répondre au retour des vestiaires au déséquilibre (flagrant) de créativité au milieu du terrain. Au technicomètre, en effet, le trio Rabiot-Tchouaméni-Kanté se faisait mettre à l’amende – et haut la main – par les soyeux Pedri, Fabian Ruiz et Dani Olmo. La question étant alors de savoir si un Griezmann sur une demi-jambe aurait pu combler en partie cette absence ce déficit. Vu son Euro en forme de longue traversée du Sahara, on n’aurait pas misé le budget des vacances dessus.

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Des changements sans rien changer

Deschamps décida finalement d’attendre l’heure de jeu, après quinze minutes perdues à tout jamais, sans occases ni idées nouvelles, pour injecter des forces qui manquaient tant aux Bleus jusque-là. Exit donc Rabiot, Kanté et Kolo Muani, pour faire place à Grizou, Camavinga et Barcola. Pour un résultat pas forcément plus renversant, l’Espagne ayant choisi de jouer à la Deschamps, en bloc bas, pour attendre de piquer en contre avec ses deux avions de chasse de côté, Yamal et Williams. Et l’équipe de France n’a jamais su comment répondre au défi proposé.

Toujours sans le moindre jus, Kylian Mbappé n'a pas pu porter cette équipe de France comme il l'avait fait il y a deux ans au Qatar.
Toujours sans le moindre jus, Kylian Mbappé n'a pas pu porter cette équipe de France comme il l'avait fait il y a deux ans au Qatar.  - Franck FIFE

La vérité, c’est que les Bleus ont paru bloqués sur le seul logiciel qu’il connaissait, celui qui n’a pas fait se lever les foules une seule fois depuis le premier match contre l’Autriche. Les craintes que nous avons exprimé maintes et maintes fois – et qui nous ont parfois été reprochées par le coach et les joueurs – à savoir que cette équipe risquait de se retrouver à poil si elle avait le malheur d’être menée, se sont vérifiées. Il fallut alors, comme trop souvent sous Deschamps, s’en remettre à une illumination individuelle, mais il était écrit que Mbappé ne serait pas cet astre estival.

Ce qui s’est vérifié à la 86e minute, après s’être ouvert le but, l’ancien Parisien a croqué une action qu’il n’aurait jamais manquée il y a quelques mois. Et qu’il ne manquera pas dans quelques semaines avec le Real… Mais que voulez-vous, ceux qui comme le sélectionneur se sont bercés d’illusions en pensant que le génie allait bien finir par sortir de la lanterne se sont trompés. Et les Bleus ont coulé aux portes de la finale. Pour l’ensemble de leur œuvre et de celle de leur adversaire, nettement plus joueur depuis leur arrivée en Allemagne, il n’y a même pas tant de regrets que ça à nourrir. Et c’est bien ça le plus triste, au fond.