Euro 2024 : Nos solutions plus ou moins futées pour redonner envie de mater le foot de sélection
AU SECOURS•Alors que le foot de sélection devient de plus en plus pénible à suivre, à l’image du piètre niveau de l’Euro 2024 et de la Copa America, il est urgent d’agir pour lui redonner son lustre d’antanAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le spectacle offert à la fois par l’Euro et la Copa America, d’un niveau souvent affligeant, invite à réfléchir sur l’intérêt accordé aux sélections dans le foot moderne.
- 20 Minutes propose quelques pistes plus ou moins viables qui pourraient permettre de nous redonner des papillons dans le ventre avant le début d’un championnat d’Europe ou d’une Coupe du monde.
Il n’y a pas grand-chose de plus jouissif dans le football que d’écouter Marcelo Bielsa en parler. Alors, quand le Professeur tire la sonnette d’alarme et fait une tête d’enterrement, tandis qu’il ne devrait être que joie, bonheur et légèreté avant d’affronter le Brésil en quart de finale de la Copa America, on se tait et on écoute. Interrogé en conférence de presse samedi soir, le sélectionneur uruguayen a prévenu : le football court à sa perte de manière inéluctable.
« Le football a perdu en attractivité. Il est en phase de déclin. Il y a de plus en plus de spectateurs, mais il est de moins en moins attrayant. Ce qui en a fait le meilleur sport du monde n’est plus une priorité. Le business ne tient compte que du nombre de gens qui regardent. Or il ne se résume pas qu’aux belles actions, c’est bien plus que ça, c’est une expression culturelle. Regarder seulement les highlights ne permet pas à une population de tomber amoureux de l’essence du football. »
S’il part un peu dans tous les sens au travers d’envolées lyriques parfois un peu perchées, le bien nommé Loco est quand même dans le vrai. Il n’y a qu’à voir le niveau du championnat d’Europe ou de la Copa America pour s’en convaincre. A combien de purges n’a-t-on pas assisté en ce début d’été, avec des joueurs rincés d’avoir disputé leur soixantaine de matchs avant de replonger la tête la première dans le foot de sélection, sans même le temps de dire « ouf » ? Il est donc urgent d’intervenir pour stopper cette lente agonie à laquelle on assiste. Voici quelques pistes plus ou moins farfelues.
- S’inspirer du rugby et rééquilibrer le rapport de force club/sélection
Depuis des années, le football de sélection s’est fait dévorer par les toutes-puissantes fédérations et clubs qui ne lui laissent que des os à ronger dans leurs calendriers démentiels. Didier Deschamps ne cesse avant chaque grande compétition de regretter le peu de temps dont il dispose avec ses joueurs avant d’aborder un Euro ou une Coupe du monde qui restent, paradoxalement, dans l’esprit des joueurs, les compétitions ultimes de leur carrière. Il est grand temps de rendre un peu de pouvoir et de temps aux sélections. Comment ?
En s’inspirant par exemple du rugby et en mettant un terme à ces trêves internationales qui font souffler ceux qui n’en ont pas besoin et courir ceux qui devraient souffler. Les internationaux continueraient donc, sur injonction de contrats fédéraux, d’aller en sélection pour des matchs « premium » tandis que les championnats domestiques poursuivraient leur marche sans eux, le temps de quelques rencontres. Deux avantages : cela permettrait d’équilibrer un peu le rapport de force et de remettre une dose de suspense dans des championnats désormais chasse gardée des clubs les plus riches. En cela redonnerait de la valeur aux matchs disputés lors des trêves internationales dans l’esprit des joueurs qui ont la chance d’évoluer en sélection.
- S’inspirer du basket ? Oui, mais pas de tout
Pourrait-on imaginer un jour Kylian Mbappé refuser de se rendre à un Euro pour se focaliser sur sa préparation d’avant-saison avec son club du Real Madrid ? C’est ce qui se passe dans le basket, on l’a encore vu lors de la dernière Coupe du monde, avec un Victor Wembanyama absent du groupe France pour peaufiner sa prépa (et gonfler sa musculature) avant de basculer dans le grand bain de la NBA. Cette solution du pire n’est clairement pas à souhaiter. Ce n’est pas en affaiblissant encore plus le rôle de la sélection qu’on lui rendra son lustre d’antan.
Non, s’il y a une chose à piquer au basket en revanche, ce pourrait être le load management. Une pratique qui consiste à mettre les stars au repos forcé afin qu’elles n’arrivent pas sur les rotules pour les play-off. Mais encore faudrait-il que les clubs acceptent de le faire, ce qui n’est pas dans leur intérêt. On imagine mal Carlo Ancelotti se priver de Mbappé, Vinicius et Bellingham pendant la saison pour les rendre en pleine forme à leur pays au début d’une grande compète. Cela pourrait être alors du ressort des fédérations, qui décideraient, lors de certains rassemblements, de n’appeler que des joueurs prometteurs (par exemple) pour laisser les tauliers prendre un peu de repos en cours de saison.
- Ecouter exceptionnellement Arsène Wenger
Parmi les mille et une idées désespérantes qu’il a mis sur la table depuis qu’il a trop de temps à tuer après son départ d’Arsenal, Arsène Wenger a notamment proposé de faire jouer les Coupes du monde et les Euros tous les deux ans, ce qui fait qu’on se retrouverait chaque année avec une compétition majeure. On balance cette idée à la poubelle, mais on y garde la réforme du calendrier qui allait avec.
L’idée serait de « regrouper les matchs de qualifications sur deux fenêtres internationales, en octobre et mars », en laissant les internationaux à disposition de leur sélection sur des plages plus longues mais limitées. Tout en diminuant le nombre de matchs de qualif qui n’intéressent personne, pas même les joueurs, avec des déplacements éclatés au sol au Liechtenstein ou à Andorre. Car c’est bien beau de faire plaisir au boulanger chypriote ou au garagiste des Iles Féroés, mais on a déjà les Coupes nationales pour ça.
- Créer une seconde division internationale
Ce n’est pas le chemin que l’on est en train de prendre, avec une augmentation du nombre d’équipes invitées aux Euros ou aux Coupes du monde, mais imaginons un peu. Au lieu d’avoir un championnat d’Europe à 24 et une Coupe du monde à 48, sous couvert de jouer les bons samaritains en faisant participer le plus grand nombre (et de tirer plus d’oseille des droits TV), décidons tout simplement de revenir à l’ancienne formule, quitte à proposer aux plus petites nations de disputer un championnat d’Europe ou une Coupe du monde de seconde division. Chacun son niveau et les moutons seront bien gardés.
- Melting-pot d’idées que l’on n’a pas eu le temps de développer
- Ne surtout pas demander son avis à Gerard Piqué, le fossoyeur de la Coupe Davis et bientôt du football, avec sa “Kings World Cup” à la noix.
- Envoyer Gianni Infantino, Alexander Ceferin et tous les présidents de clubs sur l’Ile d’Elbe.
- Instaurer un « délit de pragmatisme » lors des compétitions internationales et des sanctions pour les équipes trop chiantes à regarder.
- Interdire de jouer avec plus de trois défenseurs (toutes lignes comprises, hein, on te voit Didier avec ton 3-5-2 avec Koundé et Pavard sur les ailes au milieu).
- Faire lire aux joueurs avant chaque match la lettre de Marcelo "Guy Moquet" Bielsa, notre sauveur.
- Indexer les primes des joueurs en fonction du spectacle proposé.


















