Newcastle-PSG : Mbappé scandaleux, Luis Enrique obstiné, et si cette claque signifiait le début des vrais ennuis ?
FOOTBALL•Le Paris Saint-Germain a complètement raté son plus gros test de ce début de saison en perdant 4-1 à Newcastle, en Ligue des champions. Accident de parcours ou révélateur d’un plus grand mal ?William Pereira
L'essentiel
- Le PSG s'est noyé dans les grandes larguers pour son premier gros test de la saison sur la pelouse de Newcastle (4-1).
- Une défaite qui montre certaines limites seulement entraperçues jusqu'ici : L'obstination de Luis Enrique même quand il se trompe dans ses choix, et l'implication discutable de Kylian Mbappé dans un projet qu'il a pourtant choisi surmesure.
De notre envoyé spécial à St James' Park,
En posant le pied dans le nord de l’Angleterre, le Paris Saint-Germain s’attendait à un gros test. De loin le match le plus dur que le début de saison avait à lui offrir, une baston à l’anglaise, avec de l’engagement, de l’intensité, du sang et un peu de pluie. Tout le monde s’attendait à souffrir, mais certainement pas à rentrer à Paris avec une grosse valise.
Attention, le budget alloué au supplément bagage sera à prendre en compte dans le fair-play financier, ça sera ça de moins sur le prochain contrat de Kylian Mbappé. Qu’on a peu vu, pour ne pas dire pas du tout, mercredi soir sur la pelouse de St James Park. Sa plus belle action de la soirée ? Le coup classique de l’appel téléphonique en passant à côté de la zone mixte. On espère pour lui qu'il n'est pas à 100% physiquement, autrement, il ne restera bientôt plus personne pour le défendre. L'équipe qu'il a rêvée, celle de ses potes Kolo Muani et Dembélé, vient de prendre 4-1 dans les gencives. C’est lourd. Mais alors, on panique pour le PSG ou pas après cette immense tarte dans la figure ?
Côté joueurs : « Pas un cauchemar »
Petit aparté sur la communication de crise du PSG. Dans un match foiré dans les grandes largeurs, on n’envoie ni le général Mbappard, ni le capitaine Marquinhos, coupable d’une immense boulette sur l’ouverture du score des Magpies. Non. On jette en pâture un puceau et deux petits nouveaux : Zaïre-Emery, Gonçalo Ramos et Ugarte. Chic, non ?
Au vu du contexte, on préférera donc applaudir le courage de ce trio malgré des propos confinant au relativisme. Par exemple, WZE dira, au micro de Canal : « Ce n’est pas un match raté mais on a fait beaucoup d’erreurs. » Pas un match raté, à 4-1, c’est fort de café. Dans le même genre, Gonçalo Ramos évoque des « petits détails ».
C’est vrai que trois buts d’écart, finalement, à quoi ça tient ? A un Ousmane Dembélé pragmatique dans les 20 derniers mètres, concept qui existe probablement dans une galaxie lointaine mais jamais dans la nôtre.
« Je ne dirais pas que ça a été un cauchemar, mais une grosse défaite », ajoute le Portugais pour la chaîne cryptée. C’est déjà un peu plus réaliste. Enfin, on appréciera également la version gentleman de l’histoire selon Manuel Ugarte, le seul passé nous voir en zone mixte. « Ce résultat, ce n’a pas été tant de notre faute que leur mérite. » Un fair-play bien arrangeant saupoudré là encore d’un minimum de lucidité. « Cette défaite est à la fois tactique et mentale, ils nous ont très bien pressés et étaient mieux organisés. Ça n’a pas été notre meilleur match. On aurait pu être plus agressif et faire preuve d’un meilleur état d’esprit. »
Côté entraîneur : Luis Enrique dédramatise et assume ses choix
On ne change pas une équipe qui gagne, sauf quand on est le PSG. Car plus que la victoire, le divertissement prime dans la capitale. Sur ce point, Paname est injouable, et il faut saluer la vitesse à laquelle l’Espagnol s’est adapté à son environnement en abandonnant son milieu si efficace contre Dortmund au profit d’un 4-2-4 sorti tout droit des années 60-70 sans aucune raison. Mbappé en maestro - une très bonne blague - Ugarte et WZE contre une ligne de cinq affamés extrêmement bien organisés, ça ressemblait pourtant à une opération suicide. Mais Enrique a assumé jusqu’au bout en sortant l’Uruguyen pour faire rentrer Vitinha au lieu de revenir à des bases plus solides. « Je n’ai pas changé de système parce que je pensais que c’était celui qui était le plus approprié, et je continue de le penser », a déclaré le coach sur Canal +.
S’il parle simplement de ce match à la rigueur, soit. Mais s’il compte prolonger l’expérience, c’est plus inquiétant. Bref. Et pour une analyse tactique un peu plus poussée, Lucho ? « Le résultat est juste mais le score excessif, on aurait dû faire mieux dans le pressing, mais les joueurs ont fait ce que je leur ai dit, a-t-il répondu en conférence de presse. J’étais content globalement, sauf dans les derniers 20 mètres, et bien évidemment sur les erreurs lors des buts encaissés. » Il a été content, sauf tout le temps, quoi.
Côté classement : Paris toujours dans les clous
Seule bonne nouvelle de la soirée, le Milan AC a encore concédé le nul, cette fois face au Borussia Dortmund, et ne compte que deux points, soit un de moins que Paris. Les deux équipes se mesureront lors d’une double-confrontation extrêmement importante dans une poule que Luis Enrique qualifie d’« intéressante ». « Ce n’est que le deuxième match, rappelle WZE. Il en reste plein et on va tout faire pour finir premier. » Pour le moment, les Magpies sont mieux placés, avec quatre points et une différence de but positive.
Côté 20 Minutes : Une crise est vite arrivée
On peut tout à fait souscrire à la thèse de l’accident de parcours, du coupe-gorge St James’Park, du dérapage tactique de Luis Enrique ou de tout ce que vous voudrez. Un match foiré, ça arrive. Le problème, c’est que Paris est 5e de Ligue 1 et incapable de battre ses adversaires les plus coriaces. Parmi les victimes récentes du PSG, l’OL et l’OM n’avaient pour eux que leur nom et le RC Lens était un volcan en sommeil. Avant Newcastle, Nice avait fait tanguer le bateau. Ce week-end, un autre match compliqué se profile avec le déplacement à Rennes, et en cas de mauvais résultat, oui, il faudra s’inquiéter. Pour l’instant, on a du mal à imaginer comment une équipe incapable d’exister contre Newcastle et le Gym serait capable de se réconcilier avec les 8es de finale de Ligue des champions. Encore faut-il y arriver.


















