OL-PSG : Comment Lyon et Ada Hegerberg ont su se relever après l’échec de la saison passée

FOOTBALL FEMININ Après une saison sans titre, une première depuis 15 ans, les Lyonnaises sont de retour au premier plan, à l’image de leur démonstration dimanche contre le PSG (6-1), avec un doublé de leur buteuse norvégienne

Jérémy Laugier
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Près de deux ans après un triplé contre Metz, Ada Hegerberg a retrouvé le chemin des filets à deux reprises, dimanche contre le PSG.
Près de deux ans après un triplé contre Metz, Ada Hegerberg a retrouvé le chemin des filets à deux reprises, dimanche contre le PSG. — Lyubomir Domozetski/SPP/Shutters/SIPA
  • L’OL a été impitoyable envers un PSG plongé en pleine affaire Hamraoui, dimanche, lors du choc de D1 féminine (6-1).
  • Seul leader du championnat avec trois points d’avance, le club lyonnais est bien parti pour reprendre sa couronne nationale.
  • Une bonne dynamique illustrée par l’apport de la coach Sonia Bompastor et le retour de blessure prometteur d’Ada Hegerberg.

Au Parc OL,

Il y a eu les larmes de Göteborg (Suède), le 5 octobre dernier. Il y a désormais celles, tout aussi touchantes, du 14 novembre au Parc OL. Pour une buteuse hors pair de la trempe d’ Ada Hegerberg (220 buts en 182 matchs sous le maillot lyonnais avant cette saison), passer près de deux ans sans voir les filets trembler était forcément une épreuve. Une disette uniquement due à de graves blessures, et non à une période de doutes.

Après cinq apparitions, on a senti dimanche que cet OL-PSG très rapidement déséquilibré (6-1, dont 2-0 et une supériorité numérique après une demi-heure de jeu), quatre jours après l’explosion médiatique de l’affaire Hamraoui, dans un Parc OL plutôt bien garni (13.497 spectateurs), était une occasion rêvée pour la voir rentrer et briller. Huit minutes après avoir remplacé Danielle van de Donk, la Norvégienne s’est tout simplement offert un doublé tout en opportunisme dans la surface, what else ?

« Etre buteuse, c’est une adrénaline difficile à décrire »

« Je savais que ce premier but n’était qu’une question de temps, assure-t-elle. La sensation d’être buteuse, c’est exceptionnel. C’est une adrénaline difficile à décrire, surtout quand on joue contre le PSG chez nous devant un public fantastique. Ce que j’ai vécu avec ces blessures, ça m’a donné le temps de travailler et de réfléchir différemment. C’est comme si je lançais une autre carrière. Je ne remets pas les compteurs complètement à zéro mais je suis repartie sur de nouvelles bases. » Et celles-ci sont aussi prometteuses que cet OL new-look, avec Sonia Bompastor à sa tête, qui a véritablement changé d’ère par rapport à ses conquêtes européennes récentes (Bouhaddi, Le Sommer et Marozsan étaient jusque-là en prêt à OL Reign, Kumagai et Bronze sont parties…).

Même sans Amel Majri et Wendie Renard blessées, avec Griedge Mbock et Ada Hegerberg très loin d’être à 100 %, et avec une Amandine Henry qui dépanne en défense centrale, ce Lyon survole le début de saison, que ce soit en Ligue des champions ou en D1, où il vient clairement de prendre une option pour le titre dimanche en dézinguant son rival parisien. « Je crois beaucoup en notre groupe, confie Ada Hegerberg, premier Ballon d'or de l’histoire du football féminin en 2018. Ça fait des mois qu’on essaie de mettre quelque chose en place. Contre le PSG, c’était un gros test pour nous afin de nous situer. Ce n’est que le début, on veut continuer sur notre lancée. »


« La saison dernière était un échec sportivement »

Cela sent-il bon le retour des inarrêtables Lyonnaises, capables d’enchaîner 14 titres de rang en D1, et cinq en Ligue des champions, avant de voir le PSG briser leur hégémonie dans les deux compétitions, au printemps dernier, lorsque l’équipe se délitait avec Jean-Luc Vasseur. Ada Hegerberg, qui symbolise bien ce Lyon se muant en phénix, analyse cette transition nécessaire : « La saison dernière était difficile pour l’équipe [aucun titre pour la première fois depuis 15 ans]. C’était un échec sportivement. C’est important de prendre du recul pour tenter de comprendre pourquoi ça n’avait pas marché. Il fallait se regarder dans le miroir et être très honnêtes envers nous-mêmes, ça permet de repartir sur de bonnes bases. » Elle poursuit :

Sonia est venue avec Camille [Abily, son adjointe] et avec une fraîcheur et un beau jeu qui s’appuie beaucoup sur la possession de balle. On a su créer un groupe et une dynamique importante. Quand on gagne, c’est là qu’il faut être encore plus dur envers nous-mêmes pour ne pas se relâcher. »

On peut compter sur la « guerrière » norvégienne pour insuffler cet état d’esprit à Selma Bacha, Mevine Malard, Catarina Macario et toute cette jeune génération réussissant un très bon début de saison. « Pour nous, c’était important de recréer une cohésion dans ce groupe, un socle de valeurs communes, poursuit Sonia Bompastor après avoir terrassé le PSG. Cette force collective peut permettre d’aller chercher des victoires, comme on l’a vu face au Bayern mercredi (de 0-1 à 2-1). » Et ce avec une patte offensive non dissimulée, et qui ne peut que convaincre cet effectif riche en techniciennes.

A 21 ans, Melvine Malard réalise un début de saison très prometteur.
A 21 ans, Melvine Malard réalise un début de saison très prometteur. - Lyubomir Domozetski/SPP/Shutters/SIPA

« Notre ADN est d’attaquer les matchs très fort et notre modèle de jeu est très ambitieux, détaille Sonia Bompastor. Il est fait de risques, puisqu’on décide d’aller chercher les équipes très haut. On s’expose forcément, donc on peut parfois encaisser des buts, mais j’assume cette prise de risques. » Le triomphe contre le PSG est le parfait contre-exemple, puisque Christiane Endler, qui s’est juste inclinée sur un but anecdotique d’Ilestedt sur corner (4-1, 75e), n'a pas eu le moindre arrêt à effectuer. Affaire Hamraoui ou pas, cet OL ne semble pas destiné à laisser au PSG le moindre espoir de s’offrir un doublé.