ASSE-Angers : Après une soirée sous haute tension, la situation est-elle encore tenable pour Claude Puel ?

FOOTBALL Conspué vendredi par les kops du Chaudron lors du match nul rocambolesque (2-2) face à Angers, l’entraîneur stéphanois ne compte pas démissionner

Jérémy Laugier
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Claude Puel a vécu une soirée très éprouvante sur le banc des Verts, vendredi soir face à Angers (2-2).
Claude Puel a vécu une soirée très éprouvante sur le banc des Verts, vendredi soir face à Angers (2-2). — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Claude Puel est prêt à résister à tout, même à un rejet de plus en plus marqué des ultras stéphanois.
  • Au bout d’une folle soirée, vendredi contre Angers (2-2), où les dizaines de fumigènes lancés ont décalé d’une heure le coup d’envoi, l’ancien coach lyonnais a maintenu sa position : il ne démissionnera pas.
  • A la tête d’une ASSE 20e de Ligue 1 et sans la moindre victoire après 11 journées, il continue d’être positif quant à la situation d’un club pourtant toujours en crise.

Au stade Geoffroy-Guichard,

En découvrant ce samedi au réveil, dans L’Equipe, que le grand favori pour succéder à Claude Puel n’est autre que Pascal Dupraz, les ultras stéphanois pourraient-ils regretter d’avoir axé leur premier combat la veille sur le changement de « maître à bord » ? A ce sujet, le communiqué de vendredi rassemblant les Magic Fans, les Green Angels et les indépendantistes stéphanois, charge Claude Puel de manière on ne peut plus claire : « Nous ne vous laissons pas d’autre choix que de faire vos valises, et ce sans négocier le moindre centime d’indemnité. Après la cinglante défaite [5-1] à Strasbourg, vous disiez avoir besoin des supporteurs. Nous avons besoin que vous dégagiez, et vite. Sans cela, nous ne reprendrons pas l’animation de nos tribunes. »

Les kops du Chaudron ont tenu parole durant tout ce match sous (très) haute tension contre Angers (2-2), rugissant tout juste un peu face au scénario d’une inattendue remontée orchestrée par Wahbi Khazri, nouveau « chouchou » des supporters (1-2, 61e), et Mickaël Nadé (2-2, 90e+4), avant de lancer une énième bronca au coup de sifflet final. Au vu de la détermination de certains ultras à cramer les filets du but de Stefan Bajic, ce qui a retardé le match d’une heure, une question vient à l’esprit : Claude Puel (entouré de dizaines de CRS au coup d’envoi) peut-il encore résister à tout ça ?

De mai 2011 à Gerland à octobre 2021 dans le Chaudron

A 60 km de Saint-Etienne, on se souvient qu’il a tenté de lutter jusqu’au bout, il y a dix ans, face à un rejet (au moins) aussi important des virages, et conclus par des tags insultants et menaçants à son domicile, en marge d’un OL-Caen comme symbole ultime d’hostilité. A 60 ans et à sept mois de la fin de son contrat avec l’ASSE, est-il vraiment prêt à revivre tout cela ?

Lorsqu’il s’est présenté en conférence de presse d’après-match, peu avant 1h du matin, le coach des Verts a montré qu’il avait décidément de la ressource, quitte à positiver à outrance ce qui a constitué un nouveau match très moyen de son groupe, 20e de Ligue 1 et incapable d’accrocher la moindre victoire en 11 journées.

« On a étouffé cette équipe d’Angers. On était en train de réaliser une grosse performance et on a encore été punis sur un coup de pied arrêté, contre le cours du jeu. Je le répète : il y a du potentiel dans cette équipe. Il faut bien sûr s’extirper de cette zone-là. On le fera petit à petit. »

Les joueurs n’ont cette fois pas lâché prise à 0-2

Pas certain que les kops, ni même les dirigeants, ne voient ce nul arraché in extremis face à Angers sous ce prisme, même si les joueurs n’ont clairement pas lâché prise à 0-2, au contraire de la déroute subie à Strasbourg cinq jours plus tôt. Le surprenant choix de titulariser en pointe l’ex-buteur d’Epinal (National) Jean-Philippe Krasso (0 but en 14 apparitions en Ligue 1 en carrière), pour une rencontre s’annonçant aussi bouillante, n’est tout de même pas de nature à appuyer son bilan.

Relancé par la presse sur sa capacité à tenir bon face à la fronde des tribunes stéphanoises, Claude Puel a sensiblement délivré la même réponse que la veille, lorsque les mêmes kops étaient venus au centre d’entraînement de L’Etrat déposer une banderole menaçante (« Puel : on te laisse 24 heures pour démissionner »). Une chose semble certaine : il ne démissionnera pas.

La banderole visant Claude Puel, ainsi que les dirigeants et les joueurs, a été dévoilée vendredi soir du côté des deux kops. PHILIPPE DESMAZES
La banderole visant Claude Puel, ainsi que les dirigeants et les joueurs, a été dévoilée vendredi soir du côté des deux kops. PHILIPPE DESMAZES - AFP

Vers de nouveaux huis clos à gogo à Sainté ?

« Je n’ai pas à rentrer dans ces considérations-là, estime-t-il. Je suis là pour rester proche de mes joueurs et être concentré sur le rectangle vert. C’est aux dirigeants de gérer l’environnement. » Il faut donc comprendre entre les lignes qu’une clarification de sa situation, par Roland Romeyer et/ou Bernard Caïazzo, ne serait à son goût pas de trop, alors qu’il cristallise actuellement l’animosité du Chaudron.

A ce propos, Claude Puel devrait être tranquille pour un petit moment, potentiellement jusqu’à la trêve de Noël (il reste quatre matchs à domicile en 2021, dont la réception du PSG le 28 novembre), tant on se doute qu’il y aura une sanction disciplinaire à nouveau exemplaire pour ce public qui collectionne les huis clos depuis de longues saisons.