National 2 : Échauffourées, tympan percé... Le match entre Bobigny et Haguenau va se terminer devant la justice

VIOLENCES Des plaintes ont, ou vont, être déposées des deux côtés, les deux clubs se rejettant la faute des incidents

Thibaut Gagnepain
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La mi-temps vient d'être sifflée. Jusqu'ici tout va bien...
La mi-temps vient d'être sifflée. Jusqu'ici tout va bien... — Capture d'écran Fuchs Sport
  • Le match de National 2 entre Bobigny et Haguenau a dégénéré le 9 octobre en région parisienne.
  • Que s’est-il passé ? Les deux clubs ne sont pas d’accord sur la version des faits. Les Alsaciens accusent des agents de sécurité de les avoir frappés et vont déposer plainte.
  • Le club de Bobigny dément ces accusations. La commission de discipline de la Fédération, jeudi, devrait trancher. Avant que la justice ne s’en mêle…

Que s’est-il vraiment passé le 9 octobre pendant le match entre le FC 93 Bobigny et le FR Haguenau ? Sur le terrain, les Franciliens l’ont emporté 2-1 pour le compte de la 9e journée de National 2 (4e division). Mais c’est plutôt en dehors que des incidents ont éclaté.

Les deux clubs, qui se reportent actuellement la responsabilité des échauffourées, s’accordent sur un point : tout a débuté juste après que la mi-temps soit sifflée. A ce moment-là, et c’est visible sur la vidéo du match consultable en ligne, l’entraîneur balbynien Himed Hamma s’est dirigé vers l’arbitre. Avant d’être interpellé par le manager alsacien, Laurent Brengel.

« Je lui ai exactement dit "Hé grand, tu vas pas influencer l’arbitre". Sans méchanceté », explique le quinquagénaire, qui ne s’est toujours pas remis de ce qu’il a vécu ensuite. « Il s’est mis devant moi et m’a balancé "On est ici chez nous, je vais te casser les dents". Je croyais que c’était fini mais ça a repris après, avec d’autres menaces. »

« C’est de sa faute, il a empoigné notre coach »

« C’est vrai qu’il y a ensuite eu des échauffourées entre joueurs », répond le directeur technique du club parisien, Siné Dianoko. « Mais c’est de sa faute, il a empoigné notre coach. Voilà d’où ça part. » Sur les images, assez lointaines, la scène est difficilement vérifiable. Mais l’arbitre de la partie, Louis Lungeri, confirme le face-à-face musclé entre les deux hommes dans son rapport d’après-match que 20 Minutes a pu consulter.

« Après avoir sifflé la fin du temps réglementaire de la première période, j’ai observé
Messieurs Hamma et Brengel voulant en venir aux mains l’un avec l’autre. Ils n’ont pas pu le faire ayant été retenus par leurs staffs respectifs », écrit-il, lui qui a ensuite exclu les deux protagonistes. Au cours de ce retour au vestiaire tendu, dont le début est visible en vidéo, deux joueurs ont aussi écopé d’un carton jaune, pour « comportement antisportif ».

Tympan percé

Fin de l’histoire ? Pas du tout, elle aurait même dégénéré dans le couloir du vestiaire, selon le FR Haguenau. « Certains de nos joueurs ont été malmenés, cognés », assure l’entraîneur bas-rhinois Cédric Deubel, qui a compté « sept blessés, pas que des joueurs ». « Un a eu le tympan percé et s’est vu prescrire plusieurs jours d’ITT. D’autres avaient pris des claques… Beaucoup ne voulaient pas reprendre la rencontre ». Le club alsacien, via son président, indique même avoir appelé la police pour signaler tout ça « mais ils ont refusé de se déplacer ».

Finalement, c’est après vingt-huit minutes de pause forcée que le coup d’envoi de la deuxième période a pu être donné. Après une nouvelle demande du corps arbitral auprès des équipes. L’officiel l’écrit dans son rapport. « Le capitaine visiteur n’était
pas sûr de reprendre la partie. L’équipe visiteuse ne se sentant pas en sécurité [je le cite : nous avons pris des claques lors de notre rentré au vestiaire nous montrant son cou rougi, nous indiquant qu’ils avaient pris des photos de joueurs touchés.] »

Mais qui aurait donné ses fameux coups ? Le coach alsacien désigne « des mecs de la sécurité avec des brassards. » « Nous sommes l’un des rares clubs à avoir des agents et ils n’ont pas accès au tunnel », rétorque le directeur technique francilien Siné Dianoko en réfutant encore ces accusations de violence. « Si vraiment il y avait eu des coups, vous pensez que les arbitres auraient laissé reprendre le match et ne l’auraient pas mentionné ? Ils ne sont pas fous hein ! Et pourquoi ne pas être allé dès l’après-match faire constater les blessures ? Tout ce qu’ils disent est très grave car ça jette le discrédit sur un club et un département. Mais nous sommes sereins, la vérité va éclater. »

L’affaire pourrait se régler devant la commission de discipline de la Fédération ce jeudi, mais aussi devant la justice. Car plusieurs membres du FRH ont déjà et vont déposer plainte cette semaine. « On a plusieurs clubs parisiens qui nous ont appelés pour nous soutenir, indique encore Cédric Deubel. On ne va pas se laisser faire, ce serait trop facile. Il faut montrer que tout ça ne peut pas durer. »