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La victoire parisienne version tragédie shakespearienne en cinq actes

Manchester United - PSG : Injustice, flippe et libération… La victoire parisienne version tragédie shakespearienne en cinq actes

FOOTBALLLe PSG est passé par tous les états mercredi soir à Old Trafford
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Le PSG s’est imposé 3-1 mercredi soir contre Man U au terme d’un match à rebondissements.
  • Du carton rouge oublié à Fred au csc de Danilo en passant par le but rageur de Marquinhos, revivez cette soirée de folie en cinq actes.

Old Trafford porte bien son (sur) nom. Mercredi soir, malgré un huis clos qui ne lui sied absolument pas, le « Théâtre des rêves » a été le lieu de toutes les folies à l’occasion du match entre Man U et le Paris Saint-Germain. Comme dans une tragédie shakespearienne, la rencontre s’est déroulée en cinq actes que l’on va tenter de vous faire revivre sans omettre le moindre détail.

Acte I, Paris outragé

Alors que le PSG mène au score grâce à un but de Neymar inscrit dès la sixième minute de jeu, l’arbitre arrête la rencontre en voyant Leandro Paredes frétiller au sol comme une carpe prise au piège des filets du méchant pêcheur. Au ralenti, on voit la teigne du PSG en plein tête à tête avec Fred, le milieu brésilien de Manchester, qui a eu le tort de répondre à la (petite) provocation de Paredes par un coup de boule bien placé dans les gencives. Allez, admettons-le, le geste n’a pas grand-chose à voir avec celui de Zidane le bélier contre Materazzi en finale du Mondial 2006, et Paredes aurait même mérité d’obtenir un Molière pour son côté « j’en fais des caisses ».

Mais c’est le jeu ma bonne dame. Et la règle est simple dans ces cas-là : c’est carton rouge et basta (on vous renvoie à la règle 12 qui régit les règles du jeu, si vous ne nous croyez pas). Quelle ne fut pas notre surprise alors en voyant l’arbitre revenir vers Fred – après être allé visionner les images ! – pour lui mettre un simple carton jaune. C’est à ce moment-là que Paris a commencé à perdre le fil du match et à balbutier son football, avec comme conséquence l’égalisation anglaise sur un but de Danilo contre son camp.

Fred s'en sort bien en ne prenant qu'un carton jaune.
Fred s'en sort bien en ne prenant qu'un carton jaune.  - Oli SCARFF / AFP

Acte II, Paris miraculé

Sonné par cette fin de première période agitée et par l’égalisation mancunienne, Paris revient sur le terrain avec la tête dans le sac à ciment. Dès le coup d’envoi de la seconde période, les hommes de Thomas Tuchel prennent un bouillon monstre et se font ouvrir de tous les côtés par les Red Devils. Rashford combine parfaitement avec Cavani sur l’aile droite avant de servir Anthony Martial sur un plateau, mais le Français bafouille et expédie l’offrande dans les gradins déserts du Vieux Trafford.

Acte III, Paris miraculééééééééé

Le « miracle Martial » aurait dû secouer le PSG mais c’était mal connaître la propension des Parisiens à disparaître d’un match comme par enchantement. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’Edinson Cavani de se présenter face aux cages du Costaricain et de placer ce fameux ballon piqué qui a régalé le Parc pendant tant d’années. Au fond de nous, on savait tous que c’est comme ça que les choses finiraient pour Paris. Planté par son ex, on connaît la chanson. Mais cette tragédie méritait mieux et la barre transversale de Navas a tranché, ça joue.

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Acte IV, Paris libéré

Comme à la 90e minute contre Bergame au mois d’août dernier, Saint-Marquinhos a pris son bâton et guidé ses ouailles vers la lumière. Après avoir touché la barre quelques minutes plus tôt d’un joli coup de tête à reculons, le capitaine parisien s’est à nouveau retrouvé dans la surface adverse pour enchaîner un contrôle-pointard victorieux après un cafouillage sur corner. Le Brésilien était peut-être hors jeu d’une demi-pointe de crampons mais les arbitres ont eu le bon goût de ne pas pinailler. Le poing serré et le visage rouge de rage, Marqui' venait encore de changer à lui seul le cours de l’histoire parisienne en C1.

Acte V, Paris (presque) qualifié

Deux minutes après le but du 2-1, le match basculait définitivement pour le Paris Saint-Germain. Auteur d’une énième faute – la moins répréhensible de sa soirée, cherchez l’erreur – Fred obligeait cette fois-ci l’arbitre à rétablir un peu de justice en ce bas monde. Pour l’ensemble de son œuvre, comme on dit dans le jargon.

Marquinhos a été l'un des grands artisans de la victoire parisienne à Manchester.
Marquinhos a été l'un des grands artisans de la victoire parisienne à Manchester.  - Oli SCARFF / AFP

En infériorité numérique, Manchester n’allait pas réussir à s’en relever et c’est bien Paris qui parachevait sa victoire en plantant le but du K-O, au bout du temps additionnel, au terme d’un contre mené par Mbappé et conclut par Rafinha à la passe et Neymar pour le but. Il n’aura finalement manqué que la standing-ovation des supporters parisiens pour tirer le rideau sur cette soirée de dingo, mais de là où ils étaient, gageons qu’ils ont tout de même pris leur pied.