RC Strasbourg : Plus que jamais menacé, Thierry Laurey est-il responsable de tous les maux ?

LIGUE 1 Le Racing est avant-dernier de Ligue 1 après 11 journées, son entraîneur, Thierry Laurey, est plus que jamais menacé avant le match face à Rennes, ce vendredi soir

Thibaut Gagnepain

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Thierry Laurey dispute sa cinquième saison sur le banc strasbourgeois.
Thierry Laurey dispute sa cinquième saison sur le banc strasbourgeois. — Alain Robert/SIPA
  • Ça va mal au RC Strasbourg, qui a seulement pris 6 points en 11 journées de Ligue 1 et pointe à l’avant-dernière place.
  • Comme souvent dans ces cas-là, l’entraîneur pourrait être remplacé. Même lorsqu’il s’agit de Thierry Laurey, qui a notamment remporté une coupe de la Ligue en 2019 avec le club alsacien.
  • Mais le technicien est-il responsable de toute cette mauvaise passe actuelle ? On a tenté de voir là où il avait fait faute ou pas.

Même quasi vide, la Meinau n’aura d’yeux que pour lui ce vendredi soir (21 heures). Face à Rennes, Thierry Laurey joue certainement son avenir à la tête du RC Strasbourg. Un peu plus de quatre ans après son arrivée et malgré ses gloires passées, le technicien pourrait ne pas résister à une nouvelle défaite. Ce serait alors la 10e en 12 journées.

Trop pour Marc Keller ? Le président du club alsacien ne s’est pas exprimé sur le sujet. « J’essaie toujours de prendre les décisions avec sang-froid et sans précipitation », disait-il récemment, lui qui s’est déjà séparé de deux entraîneurs depuis le début de sa présidence en 2012. Son frère François avait démissionné, alors en grande difficulté en National en 2014, alors que Jacky Duguépéroux n'a pas été prolongé une fois la montée en Ligue 2 validée en 2016.

Est-ce maintenant au tour de Thierry Laurey ? On a tenté de voir si toute la faute reposait sur lui.

Est-il responsable de cette défense gruyère ?

C’est simple : il n’y a pas pire en Ligue 1. En 11 journées, les Strasbourgeois ont pris 23 buts. Sur ce total, beaucoup peuvent être imputés à des erreurs individuelles. On pense ici aux trois penaltys concédés lors des trois premières journées ou de la boulette de Kamara sur l’ouverture du score de Lyon mi-octobre. Les exemples ne manquent pas, comme encore à Montpellier dimanche dernier (4-3). « On a pris des buts sur des actions qui étaient identifiées », témoigne le coach, en assurant qu’il ne reporte pas la faute sur ses hommes.

Pourtant, et sur ces cas précis, lui ne peut pas grand-chose sur les erreurs de marquage de Simakan, Aholou et Caci. Mais le technicien a la main sur les hommes qu’il choisit. Et là, une statistique saute aux yeux : Thierry Laurey n’a jamais titularisé la même équipe pendant deux matchs de suite depuis la reprise. Par obligation ou à cause des méformes, blessures, suspensions, malades… mais aussi par choix.

Est-il trop prudent dans ses compositions d’équipe ?

Ce reproche n’est pas nouveau. Même quand le Racing tournait bien, beaucoup accusaient son entraîneur d’une certaine timidité offensive. Pourquoi ne souvent jouer qu’à une seule pointe avec Ajorque et un milieu sans créativité ? Cette critique n’est plus valable depuis l’arrivée de Diallo au mercato d’automne. Avec lui, l’attaque strasbourgeoise a inscrit neuf buts sur ses dernières sorties. Sans compter les multiples grosses occasions manquées. Comme à Reims où Faes sauve sur sa ligne… du visage. Ou à Saint-Etienne, où la barre transversale et Moulin avaient joué aux héros. Ou encore à Montpellier où les fameux Ajorque et Diallo ont mangé plusieurs fois la feuille…

« Il y a toujours un petit grain de sable qui vient bloquer la machine », résume Thierry Laurey, en évoquant une certaine malchance. « On a quand même pas mal de choses qui tournent contre nous ». Difficile ici de ne pas repenser à la cruelle défaite contre Marseille (0-1), concédée sur le seul tir olympien de la rencontre. Avec, en plus, un penalty évident sur Zohi oublié dans les arrêts de jeu.

Est-il encore maître de son groupe ?

Si son discours ne passe plus auprès de certains journalistes – « mais heureusement, vous ne jouez pas », a-t-il taquiné son assistance mercredi –, Thierry Laurey assure encore avoir l’oreille de ses joueurs. Là encore, les dernières sorties plaident en sa faveur. Une équipe qui a lâché son entraîneur ne se fatigue pas à revenir trois fois au score à Montpellier ou à pousser jusqu’au bout contre l’OM. Mais cette attitude n’a pas toujours été visible cette saison. Thierry Laurey l’a à moitié avoué. « Les garçons sont dans le bon état d’esprit aujourd’hui », a-t-il dit, ce qui laisse sous-entendre que ça n’a pas toujours été le cas. En tant que chef de meute, sa responsabilité est là engagée.

Tout comme celle d’entretenir un groupe compétitif où chacun peut apporter à la cause commune. Ce ne semble plus être le cas de Waris, Prcic ou Zohi aujourd’hui, ou dans une moindre mesure de Thomasson. « Si on en est là, c’est à cause de nous tous », conclut Thierry Laurey.