Homophobie dans les stades : Une association LGBT et des ultras des Girondins organisent un match pour « casser les préjugés »

FOOTBALL Le match entre les Ultramarines et l’association LGBT Girofard se déroulera ce vendredi sur la plaine des sports Colette-Besson à Bordeaux-Lac

Clément Carpentier

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Les Ultramarines ont lancé un cagnotte pour leurs 30 ans.
Les Ultramarines ont lancé un cagnotte pour leurs 30 ans. — Nicolas Tucat
  • Trois associations bordelaises – Ovale Citoyen, Girofard et les Ultramarines – organisent une rencontre pour dénoncer la stigmatisation et l’instrumentalisation du débat sur les propos homophobes dans les stades de Ligue 1.
  • Transsexuels, homosexuels et supporters disputeront un match mi-rugby mi-foot pour montrer qu’ils sont tous ensemble.
  • Il y aura également un moment d’échange pour discuter, informer ou sensibiliser.

« Il fallait agir ! » Pour Tristan, membre de l’association LGBT Girofard, il n’y avait plus le choix en pleine polémique sur les chants homophobes dans les stades de Ligue 1. Alors quand Jean-François Puech, fondateur d’ Ovale Citoyen – une association bordelaise qui aide les exclus grâce à la pratique du rugby et bientôt du football –, lui a proposé ce match, il a répondu « oui » dans la seconde. Tout comme les Ultramarines, la plus grande association de supporters des Girondins de Bordeaux.

« Jean-François [Puech] nous avait déjà parlé d’organiser une rencontre avec son association mais avec ce qu’il se passe actuellement, ça nous semblait logique de le faire surtout avec Girofard. On n’est pas là pour faire de la récupération mais juste passer un moment entre nous. Montrer qu’on est dans le même bateau. On lutte tous contre toutes les formes de discriminations. C’est un devoir de citoyen », explique Clément, le président des Ultramarines à 20 Minutes.

« Arrêter de stigmatiser et surtout d’instrumentaliser ce sujet »

L’objectif de cette rencontre organisée sur la plaine des sports Colette-Besson est « de casser les préjugés, d’arrêter de stigmatiser et surtout d’instrumentaliser ce sujet, pour Ovale Citoyen, la très grande majorité des supporters ne sont pas du tout homophobes. La France, c’est un mélange de personnes très différentes et on va le montrer vendredi. » Migrants, homosexuels, transsexuels, supporters… Tous seront là, les uns à côté des autres dans un match mi-rugby, mi-football.

« On ne peut plus se laisser attaquer comme ça. Hier, on se faisait accuser de hooliganisme et de racisme, aujourd’hui c’est d’homophobie, ce sera quoi demain ? Nous, ça fait des années que l’on travaille sur ces sujets », ajoute Clément. Samedi lors de la rencontre entre Bordeaux et Metz, les Ultramarines avaient déployé notamment cette banderole : « Nous sommes gays, hétéros, lesbiennes, trans… et ensemble, on nique tous ceux qui veulent nous faire taire. »

Un moment d’échange après la rencontre

Vendredi, le match sera également suivi d’un moment d’échange autour d’un repas. Notamment sur la question de l’arrêt des matchs : « Tout ne sera jamais parfait mais chacun doit faire un pas en avant. Ici, on a de la chance car les supporters sont très ouverts. On peut discuter, informer ou même sensibiliser sur nos problèmes. Ce n’est pas partout comme ça alors si on peut servir d’exemple… », se réjouit Tristan.