OL-Manchester City: «On ne pense pas directement à souffrir»… Comment les Lyonnais peuvent-ils rêver de remettre ça?

FOOTBALL Les Lyonnais, qui ont infligé en septembre à Manchester City sa seule défaite de la saison (1-2), vont retrouver ce monstre européen mardi (21 heures) au Parc OL avec l’espoir de revivre un colossal exploit…

Jérémy Laugier

— 

Maxwel Cornet, Memphis Depay et Pape Cheikh Diop se ruent sur Nabil Fekir, auteur d'un but mémorable lors du match aller à l'Etihad Stadium.
Maxwel Cornet, Memphis Depay et Pape Cheikh Diop se ruent sur Nabil Fekir, auteur d'un but mémorable lors du match aller à l'Etihad Stadium. — Magi Haroun/REX/Shutterstock/SIPA
  • L’OL avait surpris toute l’Europe en septembre en l’emportant à Manchester City (1-2), en ouverture de Ligue des champions.
  • En cas de succès mardi (21 heures) au Parc OL, les Lyonnais seraient qualifiés pour les 8es de finale de Ligue des champions.
  • Ce scénario est-il vraiment plausible face au champion d’Angleterre en titre, qui écrase la concurrence depuis son faux pas au match aller ?

« C’est sûr que ce ne sera pas un match facile. » Le défenseur lyonnais Jason Denayer a eu l’euphémisme qui tue, ce lundi, à la veille du choc de Ligue des champions contre Manchester City (21 heures). Certes, il y a deux mois, Memphis Depay a vu sa balle de 0-3 mourir sur le montant d’Ederson à l’heure de jeu. Mais le colossal exploit de l'OL en Angleterre (1-2) semble toujours à peine croyable tant la suite de cette saison est jusque-là terne sur le plan du jeu.

Bruno Genesio s’attend d’ailleurs à « une tout autre configuration qu’au match aller », dans lequel il avait réussi le coup parfait, en titularisant à la surprise générale Pape Cheikh Diop et Maxwel Cornet, excellent ce soir-là (3 titularisations à eux deux depuis City). « C’était bien joué de sa part, sourit Jason Denayer. Ça a été fait une fois, je ne sais pas si ça pourrait se refaire. » Tout le dilemme lyonnais se situe là : comment espérer rééditer pareille performance face à un monstre du football européen, qui sera à n’en pas douter plus méfiant qu’en septembre.

« Cette équipe vous étouffe en pressant très vite à la perte du ballon »

Et accessoirement, les hommes de Pep Guardiola présentent depuis cet été un bilan de 17 victoires et 2 nuls, toutes compétitions confondues, hormis cet unique faux pas de la saison contre l’OL. Avec 3,2 buts inscrits en moyenne sur les 13 rencontres ayant suivi ce 19 septembre, et seulement trois petits buts concédés sur cette période. Ajoutez à cela « une possession du ballon entre 70 et 75 % par match » et vous avez une idée de la montagne se présentant au Parc OL, même privée de Bernardo Silva, Gabriel Jesus, Kevin de Bruyne, Ikay Gundogan et Benjamin Mendy.

« Cette équipe a un bloc très compact et vous étouffe en pressant très vite et très fort à la perte du ballon », note Bruno Genesio. « City a un très très gros potentiel offensif, c’est sûr que c’est impressionnant, avoue Jason Denayer. Mais on ne pense pas directement à souffrir. On essaiera aussi d’avoir le ballon, de créer quelque chose en contres. » Les Lyonnais avaient justement excellé dans ce registre à l’aller, grâce à la vitesse de la bande à Nabil Fekir, buteur et brillant de bout en bout à l’Etihad Stadium.

« On l’a déjà fait donc il faut croire en nous »

Mais sérieusement, peuvent-ils remettre ça mardi, et donc se qualifier à coup sûr, face à « l’un des trois ou quatre favoris pour la victoire finale en Ligue des champions » selon Bruno Genesio ? Le coach lyonnais, qui va cette fois croiser son modèle Pep Guardiola (suspendu à l’aller), a tenté de nous convaincre en réclamant « humilité et ambition ».

« On l’a déjà fait donc il faut croire en nous. C’est sûr que si on se fie à leurs derniers matchs, on peut être inquiet. Mais je crois justement que la seule et unique façon de les mettre en difficulté, c’est de jouer. Car si on se contente de défendre, on est à peu près sûr de perdre. Il faut jouer le match sans arrière-pensée, donner tout ce qu’on a à donner. On aura besoin d’être à 150 % dans tous les domaines et d’être en réussite aussi. Si mon équipe est concernée comme à l’aller, avec notre public, on a tout lieu de réaliser de nouveau un grand exploit. »

« Toutes les équipes ont une petite faille »

« Toutes les équipes ont une petite faille, c’est à nous de la trouver et de l’exploiter au mieux », ose également Jason Denayer, qui n’a jamais réussi à s’imposer durant ses quatre saisons chez les Cityzens (2014-2018), multipliant les prêts. Les principaux motifs d’espoir de ne pas assister à un carnage sont presque venus de la conférence de presse de Pep Guardiola.

Extrêmement poli ou sincèrement méfiant le coach catalan ? « A l’aller, ils ont été meilleurs que nous, surtout en première période, a-t-il répondu spontanément. Mon sentiment au stade, et mon sentiment après-coup, c’est qu’ils étaient meilleurs que nous. »

« Fekir est un joueur de top niveau »

L’ancien entraîneur du Barça y est même allé d’un parallèle pas forcément justifié avec les Bleus champions du monde : « On connaît le foot français, ils ont gagné la Coupe du monde en étant très solides défensivement ». Pep Guardiola a ensuite bluffé tout le monde en multipliant les éloges sur le jeu lyonnais cette saison.

« J’étais un peu surpris car ils ont changé tactiquement à Hoffenheim en passant à cinq derrière. Mais ils jouent de la même façon : ils sont forts sur les côtés et ils rentrent dans le cœur du jeu, notamment Mendy qui est très fort. Fekir est un joueur de top niveau. Depay décroche pour combiner avec lui et il est difficile à contrôler. Ils sont bien organisés, en mouvement ensemble. J’ai été très impressionné lorsqu’ils sont venus jouer à Manchester. Je viens de voir leur dernier match [1-0 dans le derby] et ils ont eu le mental pour gagner à 10 contre 11. C’est vraiment une forte équipe. »

Si Pep (l’original) le dit, on serait presque obligé de le croire, non ?