Equipe de France: Au revoir 2018... On refait l'année de la deuxième étoile des Bleus en huit moments-clés

FOOTBALL L’année 2018 de l’équipe de France est finie, il est donc temps d’en ressortir les « highlights »…

W.P avec N.C et B.V

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Saurez-vous reconnaître ces moments de l'équipe de France ? (niveau facile)
Saurez-vous reconnaître ces moments de l'équipe de France ? (niveau facile) — AFP (montage WP)

Ayé, c’est fini. Après un semblant de match amical remporté en sifflotant au Stade de France contre l'Uruguay, les Bleus ont dit adieu à 2018. Belle année de football, paraît-il, couronnée d’une seconde étoile enviée par Belges et Croates, apôtres déchus et déçus du beau jeu, dont il est bon ton de faire la rétrospective. Un dernier élan nostalgique avec notre vision et nos anecdotes à nous, avant de tourner la page et de nous concentrer sur la campagne de qualification pour l’Euro-2020. Sortez les mouchoirs.

  • Le jour où Sidibé et Digne ont perdu leur place au détriment d’Hernandez et Pavard (France-Colombie, match amical)

Qu’on se le dise, il n’y aurait pas eu de « second poteau Pavard » sans remontada colombienne au Stade de France (2-3). Pour la simple et bonne raison qu’en ce soir de mars 2018, Didier Deschamps avait eu la mauvaise idée de faire confiance à Sidibé et Digne sur les côtés de la défense. Si les deux bonshommes participent aux buts bleus ce soir-là, ils se font aussi balader par James et Muriel (de la compta) et sont aux fraises sur les deux premiers pions colombiens. Bref, ils signent l’arrêt de mort des latéraux à peu près offensifs dans le onze français. DD lancera la hype Hernandez-Pavard quatre jours plus tard face à la Russie. La suite, on la connaît.

  • Le moment où la France a osé douter d’Hugo Lloris (France-Italie, match de préparation au Mondial)

On n’a pas l’air débile d’écrire ça moins d’une semaine après les neuf arrêts de notre super capitaine aux Pays-Bas, mais la France a douté d’Hugo Lloris juste avant la Coupe du monde. Un missile de Balotelli – pourtant pas évident – renvoyé dans les pieds de Bonucci contre l’Italie, un angle mal fermé sur un tir de Green - découlant surtout d’une cagade de Sidibé – et voilà que l’encre se met à couler pour s’alarmer du niveau d’Hugo. Même Didier Deschamps y va de sa remarque (« il le sait, il peut faire mieux sur le but qu’on encaisse [contre les USA] »). Une période sombre rapidement passée sous silence au gré des performances de haut vol de Lloris en Russie.

  • Le moment où les Bleus ont compris comment ils ramèneraient la coupe à la maison (France-Pérou)

En les attendant dans la zone mixte du stade d’Iekaterinbourg, on avait imaginé un débrief assez musclé malgré la victoire. Les Bleus avaient validé leur billet pour le deuxième tour en battant le Pérou (1-0), oui, mais les voir dominés à ce point pendant toute la seconde période n’avait rien de rassurant. Sauf pour eux. DD et ses joueurs ont tous servi le même discours de satisfaction devant l’unité affichée et la solidité défensive collective, après un match d’ouverture contre l’Australie où c’était parti dans tous les sens. Et ils le pensaient sincèrement. On se souviendra de cette phrase de Giroud : « on a pris du plaisir à défendre ensemble ». Ce sera le credo des Bleus pour le reste de la compétition, assené à chaque conf' de presse et après chaque rencontre.

  • Le moment où on a deviné qu’ils iraient au bout (France-Uruguay, quart de finale de Coupe du monde)

Après avoir exploité les grands boulevards laissés par l’Argentine en 8e de finale, l’équipe de France réalise une performance tout aussi aboutie, mais dans un style complètement différent, face à l’Uruguay. Dans un match âpre et fermé, elle a été parfaite dans le défi physique et le froid réalisme. Après avoir écouté le sélectionneur et croisé les joueurs, un sentiment, diffus, se fait de plus en clair dans notre tête. Plein de maîtrise et armés d’une confiance en béton, ces Bleus dégagent une force, un « truc » qui fait dire que ça va aller au bout. Un peu plus tard, dans la salle de presse, on voit la Belgique sortir le Brésil. Joueurs et peu expérimentés à ce niveau, les Belges sont les adversaires parfaits pour les Français. Road to Moscou.

  • Le moment où Instagram a ringardisé le journalisme (France-Croatie, finale de la Coupe du monde)

15 juillet. La France est championne du monde depuis de longues minutes et fait sa fête à l’abri des regards indiscrets des journalistes qui s’amoncellent en zone mixte. Les minutes passent, on désespère de voir les nouveaux boss s’arrêter pour répondre à nos questions et on trouve dans nos portables une source de distraction. On tweete, on stalke, on textote… Avant de se rendre compte que tout ce qui se passe derrière cette mystérieuse porte qui nous nargue, vient déjà de faire quatre fois le tour du monde grâce aux stories Insta des uns et des autres. Macron dans le vestiaire, les Bleus qui ambiancent Poutine, etc. Tout le monde a déjà tout vu, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir poser comme questions aux Bleus quand ces derniers se présenteront à nous ? Question rhétorique découlant d’un constat amer : Instagram vient de ringardiser le journalisme. Fait chier.

  • Le moment où on a compris que ça durerait pas bien longtemps sur les Champs

Après avoir miraculeusement retrouvé notre live de la parade des Bleus sur les Champs le 16 juillet [voir plus bas], nous sommes en mesure de confirmer que le bus a défilé vachement vite ce jour-là (sans blague). Entre le moment où on a écrit « LES BLEUS SONT SUR LES CHAMPS ELYSEES » (19h20) et celui où on gueulait « LES BLEUS SONT A L’ELYSEE » (19h44), 24 minutes se sont écoulées (calcul effectué sans notre Casio). Des chiffres qui viennent confirmer la malheureuse et inoubliable sensation de vitesse renvoyée par la descente du carrosse français, que les policiers chargés de l’escorte avaient du mal à suivre sans trottiner et qui nous avaient fait comprendre que ce bain de foule n’égalerait en rien les quatre heures de 1998.

  • Le jour où on a vraiment fêté la deuxième étoile et Benalla n’a rien pu faire (France-Pays-Bas, Ligue des nations)

Sam Umtiti qui casse la démarche comme jamais, Adil Rami pourfendant la haie d’honneur en se frisant les moustaches, N’Golo Kanté intimidé par l’ambiance. Comme écrit ce soir-là dans nos colonnes, « cela valait la peine de rater l’arrivée sur les Champs pour réussir à ce point le retour dans les cœurs. » Remise à plus tard par la réception des Bleus par Macron à l’Elysée, la fête avec le peuple a réussi à se rattraper et même mieux, à entrer dans la postérité. N’en déplaise à Alexandre Benalla.

  • Le moment où on a compris que la Coupe du monde était derrière nous (Pays-Bas-France, Ligue des nations)

Ça serait pas enfin l’heure de regarder vers l’avant et de tourner la tête aux festivités du Mondial ? La question d’un confrère en zone mixte a certes fait craquer Blaise Matuidi après Pays-Bas-France mais n’en demeure pas moins pertinente, surtout au sortir d’un « non-match » dixit Blaisou, où le manque de combativité a fait ressortir toutes les lacunes des Bleus, déjà entrevues lors du miraculeux France-Allemagne (2-1) : à savoir les limites de Benjamin Pavard ou encore l’utilisation de Blaise Matuidi comme milieu gauche. Plus que le semblant de rencontre contre l’Uruguay, le déplacement à Rotterdam nous a permis de comprendre que la plus belle année du foot français au XXIe siècle arrivait à son crépuscule. 2019 arrive, qu’elle serve à préparer la prochaine conquête de Didier Deschamps.

  • Bonus : Le moment où on a failli dormir dehors après un match des Bleus (France-Islande, math amical)

Making-of. Comme à Médiapart, mais sans les révélations. Nous sommes le 10 octobre 2018 et la France affronte l’Islande dans la délicieuse mais petite ville de Guingamp. Sauf qu’en réalité, ce match a lieu le lendemain et que la réservation pour le Airbnb de notre journaliste est restée sur le 10. La boulette. Voici l’échange WhatsApp, démarré à 17h58, soit 2h45 avant le début du match.

« Aymeric, envoyé spécial à Guingamp : - Bon, t’avais réservé le Airbnb pour hier. Elle m’a attendu. Mais y a plus de place aujourd’hui.

« Bertrand, chef de service, coupable à 100 % dans cette histoire : - Parfait.

« Aymeric : Ouais royal.

« Julien, bien au chaud à Paris : Ça va être sympa ta nuit à la belle étoile. »

La galère a duré jusqu’au coup d’envoi du match. Airbnb, hôtels, chambre d’hôtes, on a tout tenté, sans réussite. A croire que l’offre hôtelière guingampaise n’est pas habituée à recevoir un match des Bleus. Heureusement, notre journaliste sera sauvé par le canapé d’une amie de sa mère, travaillant dans le coin pour nos confrères de Ouest France. Depuis, on triple check chaque date de match. Histoire d’éviter de faire ce qu’on appelle désormais « une Beber ».