Pays-Bas-France: L'indignation de Matuidi, le courant d'air Kanté, le sourire de Rami et autres histoires de zone mixte

FOOTBALL Il y a des zones mixtes, comme ça, qui méritent d'être racontées...

William Pereira

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Comment il s'appelle, Kanté?
Comment il s'appelle, Kanté? — JOHN THYS / AFP

De notre envoyé à Rotterdam,

On se sent petit au milieu des chevelures dorées de la zone mixte du Stadion Feyenoord - les hommes mesurent en moyenne 1m84 et les femmes 1m73 aux Pays-Bas. Mais on se faufile tant bien que mal, on transperce les lignes défensives jusqu’à trouver barrière à laquelle s’accouder. Coup de chance, ça parle français jusqu’ici. Arrivé à bon port, on sait que les joueurs finiront par passer devant la poignée de journaleux gaulois.

Les discussions fleurissent, tout le monde refait le match, certains prennent même la défense de Nzonzi jusqu’à s’en distraire. Erreur fatale qui nous coûtera les cinq premières secondes de l’intervention de N’Golo Kanté. Pas énorme, sauf quand le bonhomme prend la fuite 57 secondes après l’enclenchement du dictaphone pour une simple question sur la colère présumée de Didier Deschamps dans le vestiaire.

La colère froide de Blaisou

Ça ne se finit pas mieux avec Blaise Matuidi. C’est même carrément pire. Déçu de la défaite mais professionnel, l’ancien du PSG livre son analyse du match foiré des Bleus jusqu’à ce qu’un confrère lui pose une certaine question :

- Ça va être le moment de montrer qu’après le titre maintenant, il va falloir passer par une phase de transition, regarder plus vers l’Euro que la fête de la Coupe du monde ?

(Moment de flottement, Blaisou passe en mode regard sombre super intimidant)

- Depuis quand on a fait la fête ? On a gagné deux matchs contre l’Allemagne et les Pays-Bas… Maintenant on a perdu ce soir et ça peut arriver. Bonne soirée (tourne le dos et s’en va).

Attention, on ne juge personne. Quand on a fait un minimum de compétition on sait qu’un joueur peut être ronchon sur une période allant de plusieurs minutes à 48 heures (statistiques : 20 Minutes au doigt mouillé). Zéro rancune, Blaise.

Pavard part en mettant un vent

On ne sait pas s’ils se sont concertés, mais la sortie de Benjamin Pavard ressemble beaucoup à celle du milieu de terrain de la Juventus. Après avoir répondu dans le plus grand des calmes aux questions des journalistes, le héros des 8es de finale de la Coupe du monde a démarré au quart de tour quand un confrère évoque son début de saison difficile en Bundesliga et cette première défaite en Bleu. La différence avec Matuidi, c’est que Benji s’est contenté d’un regard tueur avant de se barrer. Simple, net, efficace.

A chacun son style. Raphaël Varane a opté pour le classique « je vous vois pas, je regarde droit devant et je fonce jusqu’au car de l’équipe » quand une poignée de joueurs a carrément trouvé le moyen de passer ailleurs que par la zone mixte. Le meilleur de tous restant Adil Rami, moustache impeccable, large sourire et politesse cinq étoiles. Le genre de détail qui fait plaisir et redonne foi en l’humanité. D’ailleurs, on ne va pas se mentir, sans ce sourire, cet article n’aurait probablement pas vu le jour.