Football Leaks: Sous pression, le chef du parquet suisse justifie ses rencontres avec Infantino

FOOTBALL Les liens entre les deux hommes ont été révélés par les Football Leaks...

20 Minutes avec AFP

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Gianni Infantino, le président de la Fifa.
Gianni Infantino, le président de la Fifa. — Frank Augstein/AP/SIPA

Sous pression depuis les révélations des Football Leaks, le procureur fédéral suisse Michael Lauber a justifié mercredi le bien-fondé de ses rencontres avec Gianni Infantino, le président de la Fifa. « Ce type de rencontres avec les parties plaignantes est normal et régulier, notamment dans les affaires complexes », s’est défendu Michael Lauber qui supervise depuis septembre 2015 les nombreuses enquêtes ouvertes après le déclenchement du vaste scandale de corruption à la Fifa.

Le procureur général avait convoqué mercredi matin à Berne une conférence de presse afin de réagir aux critiques survenues après la découverte de liens privilégiés entre l’appareil judiciaire helvétique et la FIFA, révélés par les « Football Leaks ». Deux rencontres informelles et secrètes au printemps 2016 ont été révélées par les Football Leaks, entre Michael Lauber et Gianni Infantino, peu après l’élection du second à la présidence de la Fifa.

Souci de « transparence »

Selon les Football Leaks, Gianni Infantino entretenait également des liens étroits avec un procureur du Haut-Valais, Rinaldo Arnold, à qui il avait offert des places pour des matchs. Le Ministère public (MPC) « a rendu publiques, pour la transparence, les deux rencontres » avec Gianni Infantino, a expliqué Michael Lauber. Gianni Infantino avait obtenu ces rendez-vous avec Michael Lauber alors que son nom avait été cité dans les Panama Papers. Alors secrétaire général de l’UEFA, il avait accordé, dans des circonstances apparemment favorables, un contrat de droits marketing à une société privée. Ces révélations des Panama Papers avaient entraîné une perquisition au siège de l’UEFA.

Il n’y a « pas de lien entre la perquisition à l'UEFA et les deux rencontres » avec Infantino, a assuré Lauber. Dans le même temps, le chef de l’autorité de surveillance du parquet suisse a révélé mercredi qu’il examinait le bien-fondé de ces deux rencontres, niant toutefois l’ouverture d’une « enquête ».

Pas sous enquête

« Le procureur fédéral Michael Lauber n’est pas sous enquête », a affirmé Niklaus Oberholzer, président de l’autorité de surveillance du MPC (AS-MPC), dans un e-mail à l’AFP. « Dans le cadre de ses activités de contrôle habituelles, (l’AS-MPC) examine également, entre autres, les réunions du procureur général avec le président de la Fifa et fera un rapport en temps utile », a-t-il ajouté.