TFC: Ambitions, staff, rapport aux supporters… Le Casanova nouveau est-il arrivé?

FOOTBALL Alain Casanova a chapeauté la reprise du TFC jeudi. Plus de trois ans après la fin de sa première époque toulousaine, il assure avoir évolué…

Nicolas Stival

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Toulouse, le 28 juin 2018 - Alain Casanova retrouve sa place d'entraineur du Toulouse Football Club (TFC) a l'occasion de la reprise de l'entrainement
Toulouse, le 28 juin 2018 - Alain Casanova retrouve sa place d'entraineur du Toulouse Football Club (TFC) a l'occasion de la reprise de l'entrainement —
  • Alain Casanova retrouve un club qu'il avait rejoint en 1992 comme gardien, avant la rupture de mars 2015.
  • Par rapport à sa première époque toulousaine, plusieurs modifications sont à attendre.
  • Les séances d'entraînement devraient ainsi être ouvertes aux fans, sauf les veilles de match.

Un départ plein d’émotion le 16 mars 2015. Un retour plein de fierté le 28 juin 2018. Trois ans et un peu plus de trois mois après sa mise à l’écart d’un TFC alors relégable, Alain Casanova a officiellement repris les rênes de la formation toulousaine, jeudi. « Très heureux » de renouer les fils d’une histoire démarrée en 1992, l’ancien gardien de but (56 ans) a dirigé son premier entraînement.

« Le président [Olivier Sadran] m’a fait revenir car il pense, et je le pense aussi avec beaucoup de modestie, que je suis le meilleur pour être à ce poste », assène l’ex-coach de Lens (juin 2016-août 2017).

« C’était une mission de deux ans qui s’est arrêtée après un an et quelques mois, résume le technicien, dont l’équipe d’alors avait été privée montée en L1 par Amiens dans les ultimes secondes de la saison 2016-2017. Je me nourris des échecs, qui permettent de progresser. La page est tournée, je ne regarde que devant. »

Les cheveux ont blanchi, les lunettes se sont invitées en conférence de presse. Mais le « Casa » 2018 est-il très différent du « Casa » 2015 ?

Ce qu’il en dit

Très à l’aise devant la dizaine de journalistes venue recueillir ses premières paroles, Alain Casanova a assuré avoir fait sa mue depuis trois ans. « Je suis un entraîneur qui a encore plus d’expérience mais surtout qui a encore plus d’ambitions », a-t-il lancé. Lesquelles ? Le technicien ne fixe pas de classement chiffré.

« On veut finir à la meilleure place possible. Je ne peux pas vous garantir que l’on aura de meilleurs résultats mais on va énormément travailler. C’est l’ADN du TFC. Il faudra prendre du plaisir dans le jeu, avec l’équipe la mieux organisée possible. »

Comment ? Avec un ou deux attaquants ? « Le système dépendra des joueurs qu’on aura, évacue Casanova. J’aime le faire évoluer avant, pendant et en cours de match. Rien n’est figé. Cela dépend aussi de l’adversaire. »

Un staff chamboulé

Comme Casanova I, Casanova II compte Denis Valour et Baptiste Hamid au casting. Les deux hommes sont chargés de la préparation physique, et le second est le seul rescapé des ères Dupraz et Debève. En tout, « Casa » s’appuiera sur cinq adjoints.

Alain Casanova avec son adjoint Denis Valour à sa droite.
Alain Casanova avec son adjoint Denis Valour à sa droite. - Nicolas Stival / 20 Minutes

Comme Valour, Jonathan Alves l’accompagnait déjà à Lens. L’ancien défenseur du TFC Issou Dao fait son apparition, comme l’entraîneur des gardiens Josep Pascual Trabal. Alves est Portugais, Pascual Trabal Espagnol. « Il faut s’ouvrir à des choses différentes pour progresser » justifie le numéro 1, qui n’officie donc plus avec son fidèle bras droit de sa première époque toulousaine, Thierry Uvenard. « Raisin » est revenu à ses amours havraises. Il dirige l’équipe féminine du HAC, promue en D2.

Le rapport aux joueurs, « un nouveau regard »

Le recrutement du TFC avance à vitesse grand V : Reynet et Leya Iseka après Mubele et Gradel, en attendant un défenseur central et un ou deux milieux. « Deux joueurs vont arriver très rapidement » assure Casanova, qui flatte une équipe à la dérive la saison dernière, seulement sauvée en barrages. « Même si l’effectif était en difficulté, il est de qualité », promet-il. Et les « tricards » d’hier peuvent peut-être espérer un retour en grâce, avant de penser à faire leurs valises.

« Il y a un nouvel entraîneur, un nouveau regard, un départ à zéro pour tout le monde. J’ai vu des joueurs qui me connaissent avoir le sourire en me voyant car ils savent que l’une de mes qualités, c’est d’être le plus objectif possible. »

L’ouverture aux supporters

« Pour vivre heureux, vivons cachés. » Longtemps, cela a été la devise d’Alain Casanova, adepte des entraînements à huis clos systématiques, à l’exception du mercredi matin. Mais promis, l’époque de la fermeture a vécu. « Les séances seront ouvertes, sauf les veilles de match », prévoit-il.

Dès son arrivée en mars 2016, Pascal Dupraz avait décrété la fin du huis clos pour se rapprocher des supporters. Alors que les relations sont houleuses avec de nombreux fans des Violets, un retour à l’ordre ancien aurait forcément été un message négatif. « On aura besoin de tout le monde », prévient Alain Casanova, philosophe.

« Une saison, c’est comme un voyage en bateau. Parfois la mer est d’huile, et parfois le bateau tangue. »

Olivier Sadran l’a fait justement revenir pour que son TFC vogue sur des eaux plus calmes, après quatre années de tempêtes.