Partenariat avec un grand club: Et si le TFC bénéficiait de la «théorie du ruissellement»?

FOOT-BUSINESS Un club majeur du football mondial est en négociations très avancées pour investir dans le TFC…

Nicolas Stival

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Le président Olivier Sadran à côté du nouveau logo du TFC, le 25 juin 2018 à Toulouse.
Le président Olivier Sadran à côté du nouveau logo du TFC, le 25 juin 2018 à Toulouse. — P. Pavani / AFP
  • Pour le club qui investit, les bénéfices à attendre de ce partenariat sont faciles à définir.
  • Le TFC espère également tirer son épingle du jeu, mais devra faire attention à ne pas perdre son identité.

Ça a été l’annonce choc de la conférence de presse donnée par le très rare Olivier Sadran, lundi. Le TFC va signer « un partenariat très fort avec un très grand club européen », et cela d’ici à « fin septembre », dixit le président toulousain, et actionnaire ultra-majoritaire (environ 90 % des parts).

Concrètement, ce ténor continental, encore inconnu mais dont le profil ressemble beaucoup à celui de Manchester City, va entrer dans le capital du TFC, qui augmentera à hauteur de 20 %. Pour quoi faire ? Apporter son expertise et ses gros moyens en termes de recrutement et de marketing, notamment, selon Sadran.

« Ce genre d’informations va se multiplier d’ici deux ans avec l’augmentation des droits TV, éclaire Pierre Rondeau, économiste du sport. A plus ou moins long terme, la visibilité de la Ligue 1 va exploser. » Les droits de la L1 culmineront à 1,153 milliard d’euros par an pour la période 2020-24, soit une hausse de près de 60 % par rapport à aujourd’hui.

Un partenariat gagnant-gagnant, vraiment ?

Mais quel serait l’intérêt pour une entité mondialisée du foot de s’associer au « petit » TFC ? « Malgré ses performances sportives plus que moyennes, Toulouse est un club qui a des infrastructures pérennes et un centre de formation de qualité, reprend l’auteur du livre Le Foot va-t-il exploser ? aux éditions de l’Aube. L’intérêt sportif du club qui prend des parts, c’est d’envoyer des joueurs pour qu’ils se forment en L1, un grand championnat, réputé, mais qui reste abordable. »

Comme ça, soit ledit gros club « les reprend et les fait jouer » en Premier League, soit, « il les revend avec une plus-value », ajoute Pierre Rondeau. « Il peut aussi récupérer de bons jeunes formés à Toulouse. »

D’accord, mais le TFC, dans tout ça ? Et bien, c’est une histoire de « ruissellement économique et sportif » selon l’économiste.

« Toulouse récupère des joueurs de City, s’il s’agit bien de City, qui peuvent l’aider à gagner sportivement. Mais il y aura aussi des échanges au niveau des activités, du scouting, du marketing, comme des conseils pour améliorer l’affluence des stades. »

Et donc, il n’y aurait pas de loup ? « Là où il peut y avoir une inquiétude c’est sur l’identité culturelle du club », estime Pierre Rondeau. Comme quand la société Red Bull a racheté en 2009 le club amateur allemand du SSV Markanstädt. Avalé, digéré, il est devenu le RB Leipzig, et a récupéré le même logo que la boisson énergétique autrichienne. Certains observateurs se sont d’ailleurs amusés des similitudes entre le nouveau blason toulousain, dévoilé lundi, et ceux des clubs de la galaxie City.

Pour l’heure, il est simplement question d’entrée au capital du TFC et Sadran, s’il est moins présent au quotidien, a clamé lundi son « respect pour [son] club et [sa] ville ». « Je ne les abandonnerai jamais », a promis le patron de Newrest, géant de la restauration collective, apparemment pas décidé à voir les Violets « gloutonnés » par bien plus gros qu’eux.